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ENTRETIEN AVEC Mr L’ABBE JEAN BOSCO HABARUGIRA PRESIDENT ACTUEL DE L’UNION DU CLERGE INCARDINE (UCI) AU BURUNDI

L’Union du clergé Incardiné (UCI) est une association des prêtres catholique de l’Eglise du Burundi. Le service Audiovisuel d’Animation pour la Coopération Missionnaire (SAVACOM) a voulu en savoir plus sur cette Association dans notre Eglise du Burundi. Nous avons pu accrocher une interview de la part du Président actuel de l’UCI, Monsieur l’Abbé Jean Bosco Habarugira et Directeur Académique au Grand Séminaire Saint Pierre Claver de Burasira. Voici les résultats de notre échange.

                           

Q/ Monsieur l’Abbé, vous êtes Président de l’UCI depuis près de quatre ans si je ne m’abuse; pourriez-vous nous présenter en quelques points cette entité sacerdotale?

R/ Je suis Président de l’UCI nationale depuis 6 mois, mais Président de l’UCI diocésaine depuis 4 ans. Je pourrais vous dire que notre Association a une longue histoire. C’est une situation qu’elle a vécue comme Clergé depuis les années 30 lorsque les prêtres burundais se sont intégrés dans un Clergé composé essentiellement des Missionnaires, les prêtres burundais ont senti la nécessité de s’identifier par leur culture et ont fondé l’Union Apostolique et Culturelle des Prêtres Burundais (UACPB). C’était à Mugera en 1954, avec seulement 19 membres. C’était le point de départ d’une longue histoire que nous sommes en train de vivre aujourd’hui. Cette Association se proposait l’entraide spirituelle et intellectuelle pour la culture, la sanctification personnelle et l’apostolat.

Q/ L’union sacerdotale d’origine (UACPB de 1952), a connu une évolution dans la réalisation de ses objectifs. A-t-elle été bénéficiaire d’un acte d’approbation de la part des autorités ecclésiastiques? Si oui à quelle date, si non pour quelles raisons?

Je dirais que l’essentiel de ces objectifs est vécu aujourd’hui par l’Association. Mais la situation a évolué parce que l’Episcopat actuel a mis sur pieds en 1972 le Secrétariat Permanent du Clergé. Et l’Association a pris le nom de l’Union Apostolique du Clergé Burundais (UACB). Ce qui était à cette époque l’Union Apostolique et Culturelle des Prêtres Burundais est devenu Union du Clergé Murundi (UCM), c’était le 22 Novembre 1972. C’était déjà une seconde étape. Le 16 Mars 1978, l’Assemblé épiscopale du Burundi a approuvé, ad experimentum, la ligne de conduite de cette Association. Notons que l’Union du Clergé Murundi concernait seulement les prêtres burundais comme c’était dans le nom, mais après, l’Union du Clergé murundi (UCM) a évolué pour devenir Union du Clergé Incardiné(UCI). C’était pour permettre à tout prêtre incardiné, burundais ou non, d’en faire partie s’il en fait la demande. C'est-à-dire que dans l’UCI il y avait des prêtres incardinés qui n’étaient pas nécessairement burundais. C’était une ouverture que l’on avait créée pour faire entrer aussi les autres prêtres d’origines étrangères.

Devenu Union du Clergé Incardiné, le Secrétariat Permanent du Clergé (SPC) a changé aussi pour devenir Secrétariat Permanent du Clergé Incardiné. Alors les Statuts du Secrétariat Permanent du Clergé Incardiné ont été adoptés le 15 Juillet 1980 à Burasira. Ces Statuts n’étaient pas définitifs, parce que l’Association grandissant a dû les rendre définitifs. Les Statuts actuels sont donc définitifs. Ils ont été signés en 1993 à Burasira. Le 14 Juillet 1993 tous les membres de l’UCI présents à l’Assemblée plénière ont adopté ces Statuts définitifs. Et pour être encore plus précis, la Conférence des Evêques a approuvé ces Statuts définitifs le 26 Décembre 1995, dans une lettre adressée à Monseigneur Gervais Banshimiyubusa alors Président de l’Union du Clergé Incardiné. Voilà l’historique de notre Association.

 

Q/ Quel est le chiffre exact des membres de l’UCI au niveau de toute l’Eglise du Burundi actuellement ?

Aujourd’hui les chiffres sont difficiles à établir parce qu’il y a des questions qui se posent : Est-ce que les prêtres qui sont à l’étranger pour raisons d’études font-ils partie du Clergé Incardiné au Burundi ? C’est une question à laquelle il faut d’abord répondre, pour donner les chiffres exacts. Je dirais que ça dépend des Diocèses. Dans le Diocèse de Ngozi par exemples, les prêtres qui sont à l’étranger restent membres de l’Union de l’UCI, jouissent des droits et sont tenus aux devoirs. Mais cette situation n’est pas applicable à tous les Diocèses d’où il est impossible de donner les chiffres exacts. Mais nous avons aujourd’hui recensé les membres de l’UCI, je dirais grosso modo que 90% du Clergé font partie de l’Union. Toutefois, il y a des diocèses où cette Union n’existe pas. Par exemple à Ngozi, nous sommes au nombre de 90 membres ; 76 sont présents, 14 sont ailleurs, d’autres sont aux études. A Muyinga on m’a donné le chiffre de 23 membres dont 3 ne sont pas présents. A Ruyigi on m’a donné le chiffre de 35 membres. A Gitega nous estimons le nombre de 150, comme aussi à Bujumbura. A Rutana il y a 22 qui sont prêts à faire partie de l’UCI. A Bubanza, c’est 42.

Q/ Quelle est votre spécificité par rapport aux autres associations ?

Je pense que, tout au long de notre histoire, il y a un point important qui doit être permanent ; c’est s’entraider pour aider. S’entraider pour aider, c’est l’axe de nos réalisations comme prêtres. C’est-à-dire que nous prenons conscience de ce que nous sommes ; nous essayons de nous entraider pour l’être effectivement. Nous prenons conscience de ce que nous sommes ensemble. Nous nous entraidons pour être ce que nous devons être, afin que nous puissions faire ce que l’Eglise attend de nous, et d’une manière satisfaisante. C’est pourquoi nous avons comme objectif de nous entraider spirituellement, intellectuellement, matériellement, et pastoralement. Donc, c’est une entraide spirituelle, intellectuelle, matérielle, pastorale (apostolique). C’est dans ces quatre domaines que nous essayons de nous entraider et collaborer.

Pour moi parler de l’UCI nationale ça serait une grande prétention parce que je suis encore au début, mais nous avons déjà tracé la ligne d’action à savoir : ce que nous devons faire et ce qui devrait avoir été fait. Nous organisons des rencontres d’autosensibilisation. Nous allons nous sensibiliser réciproquement. Lorsque nous nous rassemblons seuls comme prêtres, nous essayons de réfléchir profondément sur les questions qui nous concernent : Qui sommes-nous aujourd’hui dans la culture ? Ce qui se dit en dehors de nous, comment pouvons-nous l’accueillir, le vivre et l’intégrer ? En dehors des bruits extérieurs, des médias ; après avoir entendu ce que nous disent nos Evêques. Entre-nous, concrètement, nous nous demandons : Que devons-nous faire ? Comment être un prêtre qui veut être prêtre aujourd’hui. La première chose donc, c’est l’autosensibilisation, pour vivre dans cette culture du moment sans perdre notre identité.

Au niveau matériel comme le stipulent nos Statuts respectifs, nous faisons des cotisations pour venir en aide à un membre éprouvé qui perd un papa, une maman ou un frère ; les Statuts précisent les personnes concernées. Ça, c’est une réalisation que nous avons toujours faite, d’une manière profonde, mais ça dépend des Diocèses. Nous faisons aussi des projets de développement dans différents Diocèses : il y a des UCI qui ont des maisons de location, d’autres qui ont des terrains exploités, d’autres qui ont des boisements… En ayant une propriété commune, un bien commun matériel, ça nous aide aussi à nous rapprocher spirituellement. C’est un signe visible de notre union.

Q/ Est-ce que cette assistance concerne aussi les prêtres qui n’appartiennent pas à votre association ?

Pour ceux qui ne font pas partie de l’Union (mais c’est rare), les aides que nous pouvons leur donner sont faites, pas au nom de l’Union du Clergé, mais seulement au nom de la fraternité sacerdotale ordinaire, car celui qui ne fait partie de l’Union devrait se sentir complexé. Je dirais que dans le Diocèse de Ngozi il n’y a que deux qui ne font pas partie de l’UCI.

Q/ Comme association en Eglise, l’UCI jouit-elle d’une personnalité juridique? Pourriez-vous nous rappeler la date de l’émission du décret concédant ladite personnalité?

Je pense que non. J’ai dit qu’il a été approuvé ad experimentum. Mais ce suspens a demeuré jusqu’à ce que l’Association atteigne le statut de l’Union du Clergé Incardiné avec les Statuts définitifs ; donc de 50 à 93, il y a eu des Statuts provisoires. Les Evêques observaient ce qui se passe sans approuver définitivement ; je dirais donc qu’ils ont fonctionné sans être interdits et sans être approuvés, jusqu’à ce que la Conférence des Evêques les approuve en 1993, le 15 Juillet. Mais bien sûr, avant ladite approbation, la Conférence des Evêques la suivait attentivement parce que c’est une Association qui aide les prêtres à être de bons prêtres. Les statuts disent que les activités doivent être faites sous la couverture de la Conférence des Evêques. C’est-à-dire que nous n’avons pas de Statut juridique de manière propre, mais nous agissons toujours sous la responsabilité de la Conférence des Evêques. C’est pour cette raison que lorsque nous faisons un projet, il est signé par la Conférence des Evêques.

Q/ Quels rapports avez-vous avec le Saint siège, la CECAB, les Evêques diocésains, les autres associations sacerdotales nationales ou internationales?

Nous avons des rapports de collaboration avec l’Union Apostolique du Clergé (UAC), qui est une Confédération Internationale. C’est une Confédération Internationale qui se trouve à Rome, ayant comme devoir de coordonner les activités des Unions du Clergé Incardiné dans différentes nations. C’est donc à travers cette structure de l’Union Apostolique du Clergé, mais approuvée par Rome, et suivie aussi par la Congrégation du Clergé, que nous avons des rapports avec le Saint-Siège. Ces rapports se concrétisent par des visites : le Président de l’UCI Internationale effectue des visites dans les pays pour encourager, pour donner certaines précisions. Et puis nous sommes invités dans les Assemblées Internationales qui commémorent quelques événements, qui étudient les Statuts pour les mettre à jour ; nous sommes toujours associés à ces activités. On nous envoie des documents pour être à jour ; il y a même un Journal que l’on nous envoie chaque mois pour nous faire savoir ce qui se passe ailleurs, en Amérique latine, en Inde, en Europe, comme cela nous restons en union car nous savons ce qui se passe ailleurs. Nous donnons nous aussi des informations. Je sais que lorsque le Président est mort, comme j’étais à Rome, je suis passé pour donner des informations ; la Confédération a fait un article sur l’événement.

Nous entretenons de bons rapports avec la CECAB. D’abord, la CECAB s’occupe de nous parce qu’elle nous donne un Evêque qui doit nous suivre directement, donc un Evêque chargé du Clergé. C’est à lui que nous devons soumettre nos doléances car c’est lui qui fait l’intermédiaire entre l’UCI et la CECAB ; c’est comme un Aumônier. Ça, c’est déjà un rapport important. Deuxièmement, la Conférence nous donne un bureau où travailler. Nous donner un bureau signifie que les Evêques bénissent ce que nous faisons. Et puis dans les différents Diocèses, les Evêques s’occupent de l’Union du Clergé au niveau diocésain. Mais ici aussi ça dépend des Diocèses, ça dépend de l’Evêque parce que les Evêques sont intéressés étant donné que eux aussi ont fait partie ou ont dirigé cet Organe dans le passé. Ils sont donc fiers d’avoir cette Association chez eux.

Quant aux rapports avec les autres associations tant locales qu’internationales, d’abord au niveau local, il y a des Diocèses qui ont des Associations cléricales de fraternité qui ne sont pas des Unions du Clergé Incardiné. Je citerais le Diocèse de Bururi et celui de Rutana. Ils ont des Associations cléricales qui ne sont de la même nature que l’Union du Clergé Incardiné. Les rapports que nous entretenons avec eux ne sont pas des rapports de collaboration parce que nous les invitons à élargir, à s’ouvrir aux autres dimensions, autres que matérielles parce que l’Union, ayant quatre domaines, nous constatons que ces Associations ne sont qu’à un seul niveau. Elles ont un seul aspect sur les quatre, qui d’ailleurs n’est pas important, parce que ce qui est important c’est la vie spirituelle et pastorale avant de s’intéresser à la vie matérielle du prêtre. Alors, les Associations cléricales qui ne sont pas de l’Union, ici localement nous avons avec elles des rapports non pas de collaboration, nous les invitons à s’agrandir pour devenir Union du Clergé Incardiné afin de nous rejoindre. Au niveau international, il y a beaucoup de fraternité sacerdotale mais nous n’avons pas de rapports avec eux. Nous entretenons seulement des rapports avec l’Union Apostolique du Clergé, qui est la plus ancienne et la plus grande des fraternités des prêtres diocésains que nous reconnaissons dans le monde ; c’est la plus ancienne et la plus importante.

Q/ L’adhésion de la part des prêtres est-elle libre ou obligatoire?

L’adhésion des prêtres à cette Union du Clergé est toujours libre ; on est libre d’entrer, on est libre de partir. Seulement on entre par écrit et on sort par écrit, c’est la règle qui est établie.

Q/ Les Evêques peuvent-ils aussi faire partie des membres de l’UCI?

Normalement, les Evêques sont membres de l’Union, mais comme c’est la règle pour tout le monde, une demande écrite est nécessaire. Il y a une nuance à faire : ils sont membres et ils participent aux réunions ; mais pour des raisons de la pastorale des prêtres, ils peuvent aussi s’absenter pour permettre aux prêtres plus de liberté d’expression. En ce cas l’Evêque demande l’autorisation au Président de l’UCI diocésaine, et nous la lui accordons avec promptitude parce que lorsqu’il n’est pas là nous sommes libres de dire ce que nous avons à dire, même à propos de lui. Il peut donc ne pas venir, par stratégie ; mais les Evêques sont membres et ils le disent.

Q/ Quelle contribution l’UCI pourrait-elle donner dans la gestion des défis auxquels fait face l’Eglise de notre temps?

Nous avons deux choses à faire face aux défis de l’Eglise actuellement, deux choses en vue. D’abord pour nous-mêmes et pour les chrétiens. Pour nous-mêmes : nous organisons des rencontres à huis-clos, et nous disons des choses entre-nous ; il n’y a pas d’Evêque, il n’y a pas de chrétiens, de laïcs, il n’y a pas de journaliste. Et nous disons la vérité : est-ce que ce que l’on dit de nous est vrai ? Si oui qu’est-ce qu’il faut faire pour rectifier ? Alors nous essayons de ne pas esquiver les problèmes actuels. Nous essayons de les affronter avec sérénité, avec conscience que nous sommes seulement prêtres mus par le sacrement de l’Ordre. Ce que nous nous disons, c’est ce que vit un prêtre et cela concerne tout prêtre. Alors, nous essayons de prendre conscience de la réalité, et de l’affronter avec foi et détermination, et aussi avec solidarité.

En dehors de nous, donc dans la mission pastorale, nous avons prévu de nous intéresser aux personnes en situation de détresse à cause de ces défis. Les personnes qui ont perdu la sérénité. Pour s’occuper d’elles nous allons voir comment faire pour essayer de corriger certaines choses parmi les chrétiens qui sont dans le besoin à cause des péchés des hommes d’Eglise. Mais cela nous allons le faire avec toute la prudence qu’il faut.

Je pourrais aussi ajouter que nous avons seulement l’Assemblée générale annuelle ; les Statuts en prévoient deux, mais la réalité permet une. Je dis l’Assemblée générale ouverte à tout prêtre, membre de l’Union du Clergé ou pas. Et puis dans un projet des années, nous avons prévu un pèlerinage national à Muyaga avec tous les prêtres qui voudront ; mais les chrétiens on ne les invite pas, ils peuvent seulement bénéficier des fruits de nos rencontres sans qu’ils ne soient pas présents physiquement avec nous, parce que nous avons un langage, nous avons un domaine, nous avons des défis qui ne les concernent pas directement.

Q/ Aujourd’hui dans l’Eglise universelle, on accuse ces autorités ecclésiastiques d’abus sexuels sur les mineurs. Que fait votre UCI tant pour prévenir que pour guérir ?

C’est une situation très délicate. D’abord vous savez que les Evêques nous ont sensibilisés sur cette question. L’Union du Clergé ne peut pas devancer les Evêques. Et puis c’est prudent, c’est dangereux, parce que, avant que la Justice ne fasse son devoir nous ne pouvons pas anticiper pour dire toi tu as eu un problème à cause de tel prêtre alors nous venons t’aider. Seulement nous avons en vue, dans les prochaines années, un projet de faire quelque chose, de la façon la plus prudente possible pour gérer les blessures qui peuvent surgir dans l’âme de telle ou telle autre personne à cause de ces erreurs humaines des hommes de Dieu. Mais c’est un projet à mûrir et qui viendra après que l’Eglise aura fait sa part et la Justice aussi, car nous ne savons pas ce qui va se passer. Nous attendons, mais nous prévoyons de ne pas laisser les bras croisés si nous voyons une situation de détresse. C’est donc une idée à mûrir, peut-être aussi avec la collaboration des Evêques, d’autant plus que les abus enregistrés ici chez-nous ne sont pas pareils à ceux de l’Europe. Il n’y a pas de personnes mineures qui sont agressées, ce sont des personnes majeures.

Q/ Auriez-vous en prévision quelques commémorations des événements importants marquant l’histoire de votre association? Je pense notamment aux anniversaires de fondation, de l’agrément ecclésiastique ou autres.

Comme vous l’avez pressenti dans ce que j’ai dit tout à l’heure, il est difficile de dire la date exacte de la fondation de l’Union du Clergé Incardiné au Burundi vue les étapes que l’Union a traversées pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Et puis on aurait dû célébrer la 25ème année d’adoption définitive des Statuts, mais on ne l’a pas fait parce qu’il y avait un vide au niveau de l’Association. Nous avons passé 4 ans, presque 5 ans sans qu’il y ait ni Président ni Vice-Président ni Secrétaire ; il y avait seulement le Trésorier. Cela donc n’a pas permis que le 25ème anniversaire soit commémoré. Alors nous n’avons vraiment pas de projet parce que la prochaine séance du Jubilé de 50 ans ne viendra pas nous trouvant encore ici. Mais en 2012 l’Union Apostolique du Clergé a célébré son 150ème anniversaire, car il a été fondé en 1862. A cette occasion le Président de l’UCI a été invité à Rome pour se joindre aux autres Présidents des UCI nationales pour cette commémoration. Ici au Burundi nous n’avons pas encore fixé des dates de fêtes de l’Association. Les Anniversaires sont encore à fixer car l’Association a été fondée pendant plusieurs années, de 52 à 93.

C’est très intéressant, parce que par exemple nous allons aider l’UCI du Diocèse de Rutana à naître ; alors la date pourra être fixée définitivement. Nous allons encourager les UCI à chercher dans leurs archives pour nous dire quand les Associations diocésaines ont commencé, car moi-même je ne sais pas quand l’UCI de Ngozi a commencé. Cette idée est intéressante, nous allons devoir établir l’histoire de chaque UCI diocésaine ; l’histoire de l’UCI nationale, c’est plus compliqué parce que c’est beaucoup d’années. Mais nous pouvons célébrer l’adoption des Statuts parce qu’il y a la lettre des Evêques, et elle est datée. En 2020 ça sera le 25ème anniversaire.

Q/ Comment faites-vous pour intéresser les nouveaux ordonnés pour entrer dans cette association ?

Dans chaque Diocèse on devrait inventer une façon de motiver les nouveaux venus. Je vous donne un témoignage du Diocèse de Ngozi. Lundi après les ordinations qui ont lieu habituellement Samedi, les prêtres nouvellement ordonnés sont accueillis officiellement dans le Clergé. Il y a toujours une réunion pour les accueillir ; mais, c’est dans l’ensemble du Clergé. Et après, le Président de l’UCI prévoit une réunion et on donne des cadeaux aux prêtres nouvellement ordonnés. Les Statuts disent aussi que les prêtres nouvellement ordonnés font partie de l’UCI. D’une manière implicite, ils participent à cette Association sans être inscrits pendant une année ; l’un ou l’autre pourra dire : « moi je ne suis pas intéressé » après une année, ou bien il va dire : « donne-moi un papier je vais écrire pour demander d’adhérer à l’Association ». Entre-temps on leur donne des cadeaux pour leur montrer que la fraternité est ouverte pour eux, et normalement ils viennent avec intérêt, avec joie, parce qu’ils sont intéressés dans la mission de prêtres. Alors, le fait que nos Statuts disent qu’ils sont membres ipso facto, en moins qu’ils se désistent après, nous leur donnons des cadeaux, bien entendu selon nos moyens et selon aussi leur nombre. Nous leur faisons un discours pour leur dire : voilà, nos petits frères nous sommes là, comme Association nous faisons ceci nous faisons cela, nous nous entraidons comme prêtres : et ce discours est intéressant.

Malheureusement dans certains Diocèses il y a eu des ruptures où les jeunes prêtres qui sont de la génération des digitales ont formé des Associations qui ne sont pas, je dirais, officielles. Ils ont des groupes sur Wathsapp : ils ont formé des Associations par Promotions. Je pense que ce facteur a défavorisé l’UCI. Ils se parlent, ils se rencontrent, mais pas pour les objectifs que l’UCI a ; alors ils ont pensé que cela pouvait remplacer l’UCI dans certains Diocèses. Les groupes des Promotions ne peuvent pas remplacer l’UCI parce que la forte Association c’est celle diocésaine non pas nationale, parce que les prêtres du même Diocèse sont plus confrères que les prêtres du monde. Vous partagez beaucoup de choses, la même pastorale, vous avez le même Evêque, les mêmes difficultés, la même région, vous vous entraidez efficacement. Cela a été un obstacle dans certains Diocèses. Nous avons pris conscience de la situation, mais nous sommes en train de les conscientiser pour leur montrer l’importance de l’UCI. Je ne dis pas que ces Associations par Promotions ne sont pas intéressantes, mais elles sont intéressantes pour le divertissement plus que pour la vie concrète, parce que partager la vie avec un prêtre de Rumonge alors que tu es de Muyinga, de Nyanza-lac, de Mabayi ce n’est pas réaliste. A vrai dire ce ne sont que des informations que l’on se donne, ce n’est pas la formation. Ce sont des prétendues Associations car elles ne sont pas reconnues par la Conférence des Evêques. Ainsi donc l’Association diocésaine est la plus importante. C’est pourquoi nous allons aider les UCI diocésaines à intégrer les nouveaux prêtres parce qu’ils sont très nombreux.

Q/ Merci Monsieur l’abbé de cet entretien. Auriez-vous quelque chose à ajouter sur tout ce que vous venez de nous dire?

Je dirais en conclusion que les prêtres partagent quelque chose de très important. Ils partagent le sacrement de l’Ordre. Nul autre que le prêtre n’a ce caractère. Ils ont été mis ensemble pour une vocation. C’est pourquoi, se mettre à côté ou ne pas faire partie de l’Association des prêtres, c’est perdre beaucoup de choses. Alors ce quelque chose que nous partageons est aujourd’hui en danger. Ce quelque chose qui est le caractère ordonné est en danger. Pour plusieurs raisons de sécularisation ; le prêtre lui-même se sécularise. Il y a urgence de pratiquer le proverbe « l’union fait la force ». Un prêtre seul n’existe pas. Il y a urgence de se mettre ensemble pour faire honneur à notre vocation. C’est pourquoi nous allons chercher à animer et redynamiser les Associations diocésaines par la promotion de la vie spirituelle et matérielle du prêtre : c’est notre objectif, pour nous insérer avec sérénité au monde. Le monde où nous sommes est un monde social, économique, politique, religieux, qui n’est pas toujours favorable aux prêtres. Les chrétiens demandent aux prêtres d’être prêtres. Rien que ça. Toutefois, c’est avec les autres qu’on devient prêtre. C’est pourquoi « l’union fait la force », l’Union apostolique fait la force de l’apostolat. Pour être prêtre on s’entraide. Merci.

                                 

Propos recueillis par Monsieur l’Abbé Evariste Harerimana
Directeur du Service Audio-Visuel d’Animation
pour la Coopération Missionnaire(SAVACOM)
Et Chargé de la Communication du Diocèse Catholique de Muyinga.

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