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Les Evêques du Burundi se penchent sur la question de la guérison des mémoires


Du 27 mai au 1er juin 2018,   la Conférence des Evêques Catholiques du Burundi  a organisé  au Grand Séminaire Saint Jean-Paul II de Gitega  un atelier sur la guérison des mémoires. Les participants à cet atelier  étaient les Evêques, les Vicaires Généraux, les responsables de quelques services interdiocésains  et les Recteurs des Grands Séminaires. Le Père Bernard Ugeux, Missionnaire d’Afrique (Père Blanc), responsable pour l’Afrique de la formation des religieux, était l’animateur de cet atelier.  
Cet atelier a été pensé dans un contexte où le Burundi vit des cycles de violences répétitives et toute crise laisse des blessures dans les cœurs des Burundais et des mémoires chargées se transmettent de génération en génération. C’est pourquoi il est opportun pour l’Eglise de voir comment guérir soi-même pour pouvoir guérir les autres par la purification des mémoires en vue d’une vraie réconciliation.
Au début de l’atelier, le conférencier a d’abord rappelé ce que nous sommes et ce que chacun d’entre nous est en train de vivre. En effet, en nous il y a beaucoup de questions, ainsi que de soif d’espérance, de désir profond de ne pas poursuivre un cycle de violences qui détruit notre peuple et nos mémoires sont marquées douloureusement. Nous cheminons ensemble, en Eglise, dans un monde blessé. Et chacun d’entre nous parcourt son propre pèlerinage intérieur, avec des moments de lumière et d’obscurité.
Toutefois, le conférencier a précisé que nous ne sommes pas seuls dans ce pèlerinage : « le Ressuscité nous accompagne sur la route comme pour les disciples ou les pèlerins d’Emmaüs. Il nous explique les Ecritures, nous console de nos encouragements et de nos démissions, et nous partage le pain de la Vie. Sans lui nous ne pouvons rien faire. Nous aussi nous avons envie de lui dire : "Reste avec nous, il se fait tard, l’obscurité nous entoure ". Nous  avons besoin  de sa lumière pour chaque étape de notre vie ».
A travers les exposés qui ont été donnés pendant les cinq jours de l’atelier,  les participants ont eu l’occasion de réfléchir sur leurs mémoires blessées et sur leurs divisions, sur les dates importantes qui ont marqué douloureusement l’histoire du Burundi. Une des méthodes de la guérison des mémoires est de se parler àfond et s’écouter mutuellement avec confiance.
Le Père Bernard a pu expliquer ce qu’est la mémoire ainsi que les rapports entre guérison des  mémoires et commémorations. Il y a plusieurs  types de mémoires et celles-ci sont personnelles et collectives et la mémoire se construit. Lorsqu’un peuple fait une commémoration, il construit sa mémoire et cette dernière peut être constructive ou destructive. C’est pourquoi il y a des mémoires nocives et des commémorations toxiques et l’Eglise doit faire attention à ce fait.
Le fait de se souvenir d’un événement douloureux doit aider la personne à une guérison. Ainsi l’anamnèse  chrétienne est au service de la guérison intérieure.  Faire mémoire est un travail que nous devons faire dans la prière. La personne blessée doit être regardée avec le regard du Christ. Dans ce sens le souvenir d’un passé douloureux ne doit pas nous empêcher à vivre  le présent.
Et quand est-ce que la personne blessée sera considérée comme guérie ? C’est lorsqu’elle  arrivera à un équilibre et à une autonomie  suffisante pour réaliser ses projets. Mais guérir ne signifie pas retourner à l’état antérieur.
En réfléchissant sur la chronologie des événements douloureux de l’histoire du Burundi, les participants ont relevé plusieurs défis. Un des grands défis est celui de pouvoir accepter que notre société est gravement malade pour trouver des remèdes adéquats et durables. Il y a également le fait de vouloir tout justifier par l’ethnie au lieu d’affronter les vrais défis qui handicapent notre société ; la volonté de vengeance  qui règne au sein du peuple burundais, une vengeance  qui s’étend à des innocents.  Mais après tout, les souffrances sont partagées  de part et d’autres, ce qui devrait inciter tous les Burundais à arrêter toute forme de violence et de vengeance afin de vivre ensemble comme des frères et sœurs.
L’Eglise reconnaît que nous devons être humbles  pour comprendre la situation  dans son ampleur. Il faut un travail d’évangélisation en profondeur et prêcher les valeurs de justice, de vérité, d’amour, de réconciliation, de miséricordeetde paix. Malgré les atrocités qu’a connues la société Burundaise, l’Eglise  ne doit pas ignorer qu’il y a des témoignages  concernant les personnes qui ont pris le risque de s’opposer au mal et de protéger les autres, parfois en y laissant la vie. C’est pourquoi dans la démarche de guérison des mémoires, il faut faire la liste des martyrs et des héros.
Le conférencier a également indiqué aux participants des dimensions d’une démarche de réconciliation que l’Eglise du Burundi doit suivre pour guérir les cœurs blessés.
Avant la clôture de l’atelier les Evêques ont promis de poursuivre la réflexion sur le thème de la guérison des mémoires et d’étendre cette initiative à d’autres catégories de fidèles et des actions concrètes seront prochainement adoptées pour aider la société burundaise à guérir de ses blessures et à parvenir à une réconciliation effective.
Abbé Lambert Niciteretse

Conférence des Evêques Catholiques du Burundi

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