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Message de la Conférence des Evêques Catholiques du Burundi pour Noël 2018

 

Animés par notre espérance, aidons nos frères et sœurs à vivre ensemble dans l’unité et dans la paix


Chers frères et sœurs dans la foi et vous tous chers compatriotes.

 

1. Nous, Evêques de l’Eglise catholique du Burundi, vous souhaitons une bonne Fête de Noël. Joyeux Noël ! Notre souhait est que cette Fête de Noël ravive en vous l’amour de l’Eglise et la fierté de vous y sentir en famille. Puisse-t-elle aussi ranimer en vous une espérance telle qu’elle vous pousse à vous donner corps et âme afin que s’accomplisse bien la mission de l’Eglise de réconcilier l‘humanité avec Dieu et d’œuvrer pour son unité.
2. De fait, le Fils de Dieu qui nous est né est le Roi de la paix et de l’unité. Il nous l’a enseigné non seulement en paroles mais aussi par le témoignage de ses actes et il nous a légué, en plus, une famille fondée sur Lui-même et sur les Apôtres qu’Il a choisis, afin que ce témoignage se perpétue. « A tous ceux qui l'ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jn 1,12). Ce sont eux qui constituent cette famille chargée de rassembler les humains dans l’unité de Dieu et d’en faire des frères et des sœurs entre eux. Mais, au regard de la situation qui prévaut dans notre pays, le chemin à parcourir est encore long pour que cela s’y réalise.

 

Voici quelques faits qui montrent qu’il y a encore à faire


3. Le pas que nous avions franchi en matière de pardon et de réconciliation, à base de l’expérience des synodes célébrés dans nos différents diocèses avait permis aux gens de se rapprocher les uns des autres. La mise en application de plusieurs dispositions de l’Accord d’Arusha signé en 2000, notamment de celle qui concerne l’instauration et la consolidation d’un régime démocratique, avait réconforté beaucoup de cœurs aussi bien parmi les politiciens que parmi les citoyens eux-mêmes. Le rapatriement libre et volontaire de beaucoup de réfugiés qui avaient fui le pays avait rassuré pas mal de concitoyens. La mise sur pied de la Commission Vérité et Réconciliation avait suscité un grand espoir dans beaucoup de Burundais. Le degré auquel on était arrivé dans le libre exercice de nos droits et notamment de la liberté d’expression, nous avait valu une bonne réputation sur la scène internationale. Et il y avait bien d’autres signes porteurs d’espoir que nous pourrions encore citer…
4. Mais hélas, aujourd’hui, bien que tous les Burundais n’aient pas la même perception de la réalité, il y a des faits qui interrogent : trouvez-vous que l’espoir qui animait les fidèles chrétiens lors de la préparation et de la célébration des synodes diocésains est encore le même ? Estimez-vous qu’il y a entre les politiciens une confiance suffisante qui leur permette de s’asseoir ensemble et de dialoguer pour chercher solidairement les solutions aux problèmes qui hantent le pays ? Or, s’il n’en est pas ainsi, cela ne peut guère rassurer tous les Burundais, surtout ceux qui, ces dernières années, ont dû trouver refuge à l’étranger. Et, à l’intérieur même du pays, n’y en a-t-il pas peut-être qui vivent dans la peur et qui n’osent pas l’exprimer car intimidés par certains de leurs concitoyens ? N’y en a-t-il pas aussi qui n’ont plus de cadre adéquat pour dire ce qu’ils pensent alors qu’ils le souhaitent ? La Commission Vérité et Réconciliation elle-même, reste-t-elle encore fidèle à sa mission première de réconcilier tous les Burundais ?
5. Même dans le domaine confessionnel, il y a lieu de s’interroger : le premier Article de la Constitution de la République du Burundi qui stipule entre autres que le Burundi est une République laïque respectant sa diversité religieuse, est-il bien compris par les Burundais ? Ceux-ci ne donnent-ils pas plutôt l’impression de ne plus savoir sur quel pied danser en matière de culte ? Or, contraindre quelqu’un à prier dans une Eglise ou une Confession religieuse à laquelle il n’appartient pas ou à prier d’une manière non conforme à sa propre foi, serait une violation du droit à la liberté religieuse de tout être humain, droit reconnu par la même Constitution. Quant aux chrétiens qui font de la transhumance cultuelle par commodité économique ou par peur d’être persécutés, ne risquent-ils pas de se retrouver un jour en train de rendre un culte à des idoles, comme cela s’est passé dans l’Histoire de l’Eglise ?

 

Accueillons le Roi de la Paix qui nous est né, pour qu’Il ravive notre espérance

 

6. Lors de la naissance de ce Roi de la Paix, les anges ont chanté : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien-aimés » (Lc 2,14). Noël est le jour où nous commémorons la naissance du Roi de la Paix. « C'est lui, en effet, qui est notre paix » (Eph 2,14). Nous vous souhaitons donc la paix que donne ce Roi de la paix qui est Dieu en personne venu habiter parmi nous. C’est lui-même qui nous l’assure pour notre réconfort, en disant : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne » (Jn 14,27). Celui qui nous parle ainsi étant Dieu venu habiter parmi nous, il ne peut se tromper ni nous tromper, et il nous invite à devenir membres de la famille des enfants de Dieu, artisans de paix : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9). Nous ne nous avérerons tels que dans la mesure où nous nous efforcerons de vivre en harmonie avec les autres et de construire ensemble notre patrie, en fils et filles d’un même père. Et cela ne sera possible que si nous nous engageons à nous conformer au commandement de l’amour qui nous exige de respecter et de faire respecter tout être humain.

7. Aussi, chers frères et sœurs dans la foi, vous conseillons-nous :
a) Ne vous détournez jamais de l’Evangile de Jésus Christ qui vous est prêché sans cesse, parce qu’il constitue le pilier de votre vie. A l’instar de Saint Paul, nous vous exhortons : « que le Christ habite en vos cœurs par la foi, et que vous soyez enracinés, fondés dans l'amour » (Eph 3,17). Ce Christ est Lui-même le Chemin, la Vérité et la Vie, personne ne va au Père si ce n'est par Lui (cf. Jn 14,6). Si vous Le recevez dans vos cœurs et dans votre vie, vous serez en communion avec Dieu le Père et vous pourrez être le sel et la lumière du monde (cf. Mt 5,13-14).
b) Luttez contre les divisions, d’où qu’elles proviennent : que ce soit de la religion, des partis politiques, de la région, de l’ethnie ou des clans. L’unité est l’intention dominante de la prière que Jésus a adressée à son Père lorsqu’il disait : « Que tous soient un » (cf. Jn 17,22). Son souhait pour nous qui sommes les siens, est que nous témoignions d’une vraie unité en vivant comme une seule famille dans une même foi.
c) Obéissez à l’Eglise notre Mère, en vous conformant à ses enseignements et aux conseils qu’elle vous prodigue, car elle est « colonne et support de la vérité » (1 Tim 3,15). Or, comme vous l’avez appris, l’obéissance à l’Eglise passe par la persévérance dans l’obéissance aux Evêques en communion avec le Pape, Successeur de saint Pierre, Chef des Apôtres.
d) Prenez garde de ne pas plonger dans l’idolâtrie sous toutes ses formes. N’acceptez pas de perdre votre foi par intimidation ou pour avoir en échange des postes politiques ou des avantages économiques, car notre foi est plus précieuse que l’or (1 P 1,7).


Conclusion


8. Nous concluons en vous souhaitant aussi une Heureuse Année 2019. Qu’elle soit pour vous une année de paix et de réconciliation dans vos cœurs, dans vos familles, dans vos communautés et dans tout le pays. Puissent nos autorités administratives et les politiciens répondre à cet appel et s’ouvrir au dialogue qui réconcilie les Burundais ainsi qu’à toute autre initiative susceptible de nous apporter un peu plus d’espoir. Que le 1er Janvier qui est habituellement la Journée Mondiale de prière pour la Paix, soit pour nous une occasion propice de prier pour eux afin qu’ils accueillent la lumière que le Christ Roi de la paix nous apporte, et fassent preuve de plus de souci pour le bien du peuple dont ils ont la charge. Que ce Roi de la Paix qui nous est né vous bénisse tous et protège notre chère Patrie, le Burundi.
Sainte Marie Reine de la Paix, prie pour nous.


Fait à Gitega, le 07 décembre 2018.


(Signé) Vos Evêques de l’Eglise Catholique du Burundi.

* Ce Message sera lu pendant les messes de la Fête de Noël 2018.

L’original de ce message est en Kirundi.

Cliquer  sur Message en kirundi et sur Message en Français  pour le télécharger.

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