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Nouvelles St Curé d’Ars de Bujumbura

Journées philosophiques au Grand séminaire de Bujumbura: L’évolution technologique. Entre science, utopie et manipulation.

C’était ce Jeudi 11Avril 2019 que la direction académique avait organisé la première des journées philosophiques, sur le thème émargé ci-haut. Introduisant à tous les sujets, l’Abbé Recteur a salué cette journée comme une première après les lecons inaugurales lancées voici 7ans dans la pédagogie de formation philosophique au Grand Séminaire de Bujumbura.

 

                   

Il a ensuite indiqué que la réflexion sur une telle thématique vient à point nommé.

Comment, en effet, nous retirer de la compréhension de ce qui assiste notre médecine ou qui, tout en améliorant, par un côté, le sort notre sort, peut, hélas, côté ambivalent des choses, aller jusqu’à menacer leur cadre de vie, leur physique direct, voire leur survie massive comme espèce.

Des philosophes technophiles en louangent les bienfaits pendant que d’autres en regrettent les malheureux effets. Comment se sentir bien dans sa peau quand des ingénieurs sociaux font miroiter l’avènement d’une Humanité débarrassée des impératifs de sa réalité biologique, de sa structure psychosomatique essentiellement emprisonnante ? Leur ambition qui répond à une technologie d’implants dans le corps voudrait enlever à ce dernier la part d’hétéronomie qui empêche que nous atteignions l’émancipation à laquelle nous aspirons, supprimer toute part matérielle lui lié. N’est-ce pas cela synonyme de mettre à mort l’Humanité pour faire advenir un corps artificiel, fait de nanorobots qui circuleront dans le sang, dans les organes, dans le cerveau ? « Ils détruiront les agents pathogènes, corrigeront les erreurs de notre ADN, élimineront les toxines et effectueront toutes sortes d’autres tâches pour améliorer notre bien-être physique ».Ils interagiront avec nos neurones biologiques avant de pouvoir les remplacer, technologie par laquelle nous serions dispensés de naître, de souffrir et de mourir. Vous représentez-vous l’avenir d’une Humanité sans corps hormis artificiel, sans intelligence hormis non biologique, et donc sans cœur, sans désir, sans volonté, sans liberté ? Allons-nous appeler cela le progrès ?

Le premier à intervenir devait être Monsieur l’Abbé Fulgence Nshimirimana. Prenant la parole il a exposé sur La conception et le développement de la technique dans l’histoire de la philosophie.

Faute de reprendre toutes lesconsidérations de l’histoire sur la technique ou la technologie, il s’est particulièrementarrêté sur Aristote (384-322 a.c.) qui dans ses écrits note combien la technique est une création et un signe de la supériorité de l’homme par rapportaux autres animaux. Intéressante a été la comparaison d’Aristote quand il parle de la main de l’homme considérée comme prolongement de la raison humaine: “Que l’homme soit le seul animal à disposer d’un instrument prolongeant sa raison est la marque d’une certaine perfection. Ce lien essentiel entre l’intelligence humaine et la main signifie que la technique et les outils ne sont qu’un déploiement de la nature de l’homme(cfr, ARISTOTE, Traité des animaux, IV, 687 a, 15-20).

Il nous a ensuite parlé de Francis Bacon(1561-1626 p.c.) et de son projet de restauration des sciences avec une attention particulière aux sciences de la nature. Et enfin, il nous a parlé des défis et de la complexité de la technologie des deux derniers siècles s’arrêtant surtout sur la révultion industrielle du 19ème siècle et sur les deux révolutions des années 1960 et 1970 qui sont la révolution biologique moléculaire et la révolution informatique.

L’Abbé Stanislas Kubwimana était le deuxième conférencier du jour. C’est sous le profil de la philosophie politique qu’il a traité du thème de l’évolution de la technologie. La formulation de son thème est sans équivoque: “Technologie et volonté de puissance, possibilité d’une Gelassenheit”.

 

Indiquant combien certaines innovations technologiques sont irréversibles, et surtout la possibilité que la technologie soit, ou un instrument de service ou un instrument de puissance, l’orateur a indiqué les motivations politiques de la technologie et n’a pas caché le danger des manipulations de cette technologie qui sont lourdes de conséquences dans la nature et dans la cité des hommes. Proposant un équilibre entre la technophobie et la technophilie, l’Abbé Stanislas a reconnu la possibilité d’une attitude de la Gelassenheit(sérénité, tranquillité).
En troisième lieu, devait parler la Soeur Ancille Ndorukwigira sur Les enjeux écologiques face auprogrès de la technique.

Partant de l’impact du développement technologique et mettant en évidence l’émergence des problèmes écologiques, elle nous a proposé l’approche d’une écologie intégrale. Cette dernière part de la nature comme conscience écologique; la nature comme ce qui nous entoure(dans son sens extentif) et comme essence de la réalité (dans son sens intensif). La Soeur Ancille a fait noter que l’une des limites de la technologie est qu’elle n’est pas capable de voir le mystère des multiples relations entre les choses. L’écologie intégrale a-t-elle martelé, doit lutter contre l’instrumentalisme en reconnaissant que dans la nature tout est lié. Tout forme un tout et qu’il y a donc unité dans la diversité. L’homme dépend de l’ensemble pour survivre puisqu’il y a une interconnexion entre les êtres de la nature. Sr Ancille n’a pas manqué de souligner divers messages du Pape François qui vont dans le même sens surtout dans l’encyclique Laudato sì. Certes, la technologie est une arme à double tranchant, mais elle est toujours nécessaire pour le bien être humain. Mais faut-il une meilleure éducation écologique à tous les niveaux pour savoir comment s’y prendre pour sauvegarder cette “maison commune” qu’est la nature.

Après une série de questions à tous les trois conférenciers ainsi que des compléments utiles de certains des professeurs et du Recteur en particulier qui n’a pas manqué de remercier vivement le directeur académique pour son organisation et les conférenciers pour leur généreuse disponiblité, nous nous sommes donnés rendez-vous le 9 Mai prochain pour une autre série de conférences ur le même sujet.

Service communication du Grand Séminaire st Curé d’Ars

 

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