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“L’évolution technologique: Entre science, utopie et manipulation”: Deuxième journée philosophique au Grand Séminaire de Bujumbura.

C’est Jeudi 9 Mai 2019 qu’au Grand Séminaire Saint Curé d’Ars de Bujumbura, s’est tenue la deuxième journée philosophique après celle du 11 Avril 2019.

            

Y introduisant, Monsieur l’Abbé Emmanuel Gihutu, Recteur dudit Grand Séminaire a encore une fois salué cette innovation de la part de l’Abbé Nicolas Nyabenda, Directeur académique, et n’a pas manqué de remercier, en particulier, une des professeurs visiteurs qui avait offert sa disponibilité malgré de multiples engagements qu’elle avait à sa charge. Il a noté le fait que la technologie soit désormais incontournable. En effet, a-t-il dit, par elle nous naissons, nous travaillons, nous voyageons, nous nous distrayons, dialoguons et échangeons nos messages par delà le village planétaire. Bref, technologies et nous, sommes devenus interdépendants. En dehors d’elles nous sommes comme paralysés, un peu comme si elles étaient nous-mêmes devenues. Est-ce une raison de vouloir étendre ces artefacts et ingénierie sur nous et en nous? Est-il évident que le lien sera nécessairement de symbiose ? Et s’il n’était que de juxtaposition à voir les échecs sur la vie et la nature ! A qui faire payer les dommages ? A celui qui parlait d’utopie et de manipulation, en voilà un exemple.

 

Quoi qu’il en soit la technoscience signifie l’avènement d’une science armée des conditions nouvelles inspirées de la physique quantique. Il s’agit de prendre le risque sur de vastes inconnues. On évitera d’y voir une sortie pour autant de la caverne. L’état actuel des connaissances porte jusqu’à 99% l’étendue de « ce que les physiciens appellent la matière sombre» et donc de ce qu’ils ignorent. Suffisant pour que nous nous conduisions prudemment dans le petit espace que nous occupons ? Ce que précisément nous ne faisons pas, nous exposant aux effets naturellement imprévisibles d’une ‘’Terra incognita’’, à hauteur de 99%. Aucune raison de gager que la seule lumière sur 1% puisse sauver les équilibres en cas d’erreur fatale!

           

La première conférence était de Soeur Marie Goretti Nizigiyimana: Technologie et rationalité. Avec une note d’anthropologue, elle a reconnu l’homme comme étant à la fois Homo Faber et Homo Sapiens, une indication d’une articulation équilibréee ntre la technique et cette sagesse qui a son siège dans l’intériorité de l’homme. Partant du mythe de promethée, elle a souligné le fait que la technique au départ est venue comme remède à la faiblesse et au manque de l’homme, et qu’elle répondait au besoin de sécurité et de survie. Augmenter sa puissance, ses capacités, tel était, selon la conférencière l’objectif de la technique. En d’autres termes, répondre à l’ambition d’être plus, et de faire plus. Elle n’a pas manqué de faire observer une dégénérescence de la technique en technocratie, cette dernière entendue dans le sens d’un pouvoir exagéré, d’une confiance aveugle signée à la technique aux dépens du naturel et de l’humain. Elle a à la fin indiqué la nécessité d’un équilibre, d’un juste milieu entre technophilie et technophobie, l’urgence de vérifier l’équilibre entre l’homo faber et l’homo sapiens pour éviter de détruire l’humanité.L’ordre des moyens appelle toujours l’ordre des fins et le progrès de la technique et de la technologie doit etre soumis aux exigences éthiques.

               

La deuxième conférence était de Monsieur l’Abbé Emmanuel Gihutu, Recteur du GrandSéminaire sur le thème: La philosophie de la connaissance et les technosciences. Lecteur et critique de Gaston Bachelard, il a réagi contre l’absolutisation d’une pensée scientifique conquérante. “Que la pensée conquière ou cesse d’être”affirmait Bachelard. La technoscience, a-t-il martelé, est aveugle à son propre faire. Elle a besoin de philosophie, elle a besoin d’une pensée qui la pense. Connaissant toujours contre des connaissances antérieures, il est plus logique de dire que la science plonge ses racines dans ce qui n’est pas elle. Quant à la technoscience elle n’est même pas un savoir. Plus savoir-faire que savoir, elle est un meli-melo de savoirs et d’ignorances. Elles ignorent entre autres l’individualité et la permanence du sujet, qualités sans lesquelles toute identification est rendue impossible. Partant il est du propre de la réalité microphysique d’incorporer le probable à l’etre. Jamais dans une zone dite de Heisenberg, le chercheur ne saura nous dire ce qui s’y passe.

Le Recteur a en outre fait remarquer que ce qui est techniquement possible ne l’est pas toujours empiriquement et que seul l’égoiste peut s’aventurer sans s’interroger sur la pourriture qu’il peut laisser à ses descendants. Quoiqu’il en soit, une cité digne, techniquement pourvue, ne peut pas faire moins que de se poser des questions sur les fins qu’elle vise. L’idée de l’évolution et de la croissance infinie est un mensonge plat qui suppose la disponibilité infinie des biens de la terre. Certes, l’homme est un être qui sait et qui veutrisquer pourêtre plus, mais le principe de responsabilité est incontournable.
La responsabilité c’est aussi et surtout dans le domaine de l’éducation; et c’est dans ce sens que le troisième conférencier en la personne de Monsieur l’Abbé Nicolas Nyabenda, a voulu parler des Technologies éducatives.

                 

Il a tout au debut noté une particularité chez l’homme: celui-ci, a-t-il dit, est le seul animal qui doit etre éduqué; être éduqué pour être ce qu’il est: un homme. La question fondamentale ici est de se demander: Qui éduque qui? C’est l’homme qui est appelé à éduquer l’autre son semblable. Mais le constat quelques fois amer, est que les technologies ont remplacé maîtres et éducateurs, et la programmation, l’automatisme liés à ces technologies renforcent des conflits sur la finalité de l’acte éducatif. Le conférencier Nyabenda a noté qu’on ne doit pas suspecter les technologies mais a fait tout de même noter les défis liés à celles-ci, comme par exemple veiller à ce que l’homme soit un sujet de l’histoire et non un simple jouet ballotté par tous les vents des soi-disantes innovations, ou encore le défi de savoir comment opter pour une éducation technologique active. En tout état de cause, il est mieux de réfléchir pour adapter l’école aux besoins nouveaux liés aux nouveaux paradigmes éducatifs.

                  

Après ces conférences, il y a eu un moment de réflexions, de questions, d’échanges qui a mis en évidence l’intérêt qu’ont eu les étudiants à suivre ces conférences.
Le Directeur académique a conclu réitérant ses remerciements à l’endroit de tous les conférenciers et participants.

Abbé Fulgence Nshimirimana,

Service des communications.

 

Conférence des Evêques Catholiques du Burundi

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