

L'Église Catholique du Burundi franchit une étape historique dans sa mission éducative. Reconnue pour la qualité de son enseignement dans les écoles primaires et secondaires, alliant excellence pédagogique et formation humaine et chrétienne, elle s'engage désormais dans l'enseignement supérieur avec le projet de l'Université Catholique du Burundi.
Ce jeudi 5 novembre 2026, Son Excellence Mgr Gervais Banshimiyubusa, Évêque chargé du projet au sein de la Conférence des Évêques Catholiques du Burundi, a béni et posé la première pierre de fondation du campus de Bujumbura.
La cérémonie s'est tenue sur le site qui accueillera le campus et le siège central de l'Université, à Ngagara, quartier 9, à proximité du Lycée Notre-Dame de la Paix. Elle a été honorée par la présence du Ministre de l'Enseignement et de l'Éducation, qui a l'enseignement universitaire dans ses fonctions, Dr François Havyarimana.

Un projet en gestation depuis plus de 45 ans
Mgr Gervais Banshimiyubusa, dans son allocution, est revenu sur les origines de ce projet. L'idée d'une Université Catholique au Burundi a été évoquée pour la première fois lors de la première session du clergé incardiné au Burundi tenue à Burasira en 1980. À l'époque, même le lieu était déjà désigné: à Muyange, dans le Diocèse de Ngozi, où la Conférence des Évêques Catholiques du Burundi dispose d'un grand terrain.
« De par la suite ce site a dû abriter rien que l'Institut Catéchétique Africain, c'était plutôt par dépit», a signalé l'Archevêque. _« L'idée première était d'y mettre une université Catholique, en commençant par la faculté de Théologie Pastorale et un Institut des Sciences religieuses. L'initiative ne connut pas de suite», a-t-il poursuivi.
L'Archevêque a annoncé qu'à d'autres moments de l'histoire de l'Église Catholique du Burundi, cette idée a été souvent évoquée, mais qu'en général c'était à l'occasion des jubilés des écoles sous convention catholiques, à la demande des parents séduits par la qualité de l'enseignement donné à leurs enfants par ces écoles.
À titre indicatif, l'Évêque a cité le jubilé du Lycée Don Bosco de Burengo et celui du Petit Séminaire de Mureke, du Lycée Notre-Dame de Gitega. Des congrégations religieuses, comme les Pères Jésuites et les frères prêcheurs, les Dominicains, avaient également nourri cette ambition.
«Tout ceci pour vous dire que la réalisation du projet d'une Université Catholique du Burundi n'est qu'une réponse aux désirs maintes fois exprimés par les burundais», a souligné Mgr Banshimiyubusa. Il a précisé que ce projet actuel a été réactivé en 2011 au sein de la Conférence des Évêques Catholiques du Burundi, et que l'acte de fondation fut même signé par les évêques d'alors.
Si l'Archidiocèse de Bujumbura a pris l'initiative de lancer sa mise en œuvre, c'est en réponse à l'appel pressant des parents. L'Archevêque a, enfin, exprimé sa conviction que cette initiative ne restera pas un rêve non accompli, car les amis ne manqueront pas de le soutenir.
La construction déjà lancée
L'Abbé Dieudonné Niyibizi, prêtre chargé de coordonner la mise en œuvre du projet, a annoncé que la phase de construction des bâtiments commence déjà avec cette cérémonie de pose de la première pierre.
Il s'agit de grands bâtiments modernes, dont les plans ont été exposés au public sur le site béni. Le premier bâtiment, dont la première pierre vient d'être posée, entrera incessamment en construction.

Des facultés innovantes et adaptées aux besoins du pays
Pour le campus de Bujumbura, l'Université débutera avec des facultés inédites au Burundi, en phase avec l'évolution du monde et les grandes priorités nationales :
Santé: avec des spécialités encore inexistantes au Burundi, notamment la prise en charge des personnes malentendantes, le traitement et la rééducation des personnes vivant avec un handicap, ainsi que la Psychologie de la santé, pour l'accompagnement des malades dans l'acceptation de la maladie et du traitement.
Technologies modernes : axée sur l'usage des nouvelles technologies, la protection des données informatiques, la cybersécurité et l'intelligence artificielle, indispensables au développement actuel.
Économie : avec des filières innovantes comme l'Économie verte et les Entreprises propres / Technologies propres (Cleantech), respectueuses de l'environnement et de la dignité humaine.
Philosophie: avec de nouvelles approches pour aider à réfléchir aux enjeux de la société et accompagner ceux qui veulent servir le pays.
D'autres facultés viendront s'ajouter progressivement, au fur et à mesure du développement de l'Université. «Nous voulons une université de référence, capable de fournir des fonctionnaires compétents et dignes de confiance, à la hauteur des défis actuels et des besoins du pays», a-t-il insisté.
Un espoir pour les élèves et les éducateurs
Les élèves des écoles secondaires, en particulier ceux des écoles catholiques, se réjouissent de pouvoir poursuivre leurs études universitaires dans un cadre qui prolonge l'excellence académique et la formation humaine et chrétienne reçues au secondaire. C'est le cas des élèves du Lycée Notre-Dame de la Paix de Ngagara, voisin du futur campus.
Même satisfaction du côté des éducateurs. Alexis Niyonzima, Directeur du Lycée Sainte Famille de Kinama à Bujumbura, estime que malgré l'existence d'autres universités, il manquait celle de l'Église Catholique.
«Dans le monde entier, les universités catholiques sont des universités prestigieuses, qui utilisent les technologies modernes et disposent d'enseignants qualifiés. Mais le plus important, c'est cette formation humaine et chrétienne qui doit se poursuivre pour nos élèves », a-t-il déclaré, avant de lancer un appel à soutenir le projet par sa vulgarisation et par des contributions financières.
Un projet national
Le projet s'étendra également aux autres diocèses, avec des facultés convenues par la Conférence des Évêques Catholiques du Burundi, chacun selon ses moyens et selon les grâces que Dieu lui accordera.
L'Archevêque de Bujumbura a déjà entamé la sensibilisation des chrétiens. La semaine de collecte de fonds pour la construction du campus de Ngagara, édition 2026, a débuté le lundi 2 novembre 2026.
Michel NIBITANGA