CEREMONIES DE PUBLICATION DES ACTES DU SYNODE DE L'ARCHIDIOCESE DE BUJUMBURA

«Le document synodal rendu publique par S.E Mgr Gervais Banshimiyubusa fait état de 16 Actes formulés sous forme de propositions, de recommandations et de décrets, et c'est pour le Synode qui avait siégé du 17 au 29 Septembre 2012».



En vue de l'édification d'une communauté chrétienne et humaine de notre Diocèse et notre pays le Burundi, l'Archevêque de l'Archidiocèse de Bujumbura, S.E. Mgr Gervais Banshimiyubusa a procédé, ce samedi 07 Mars 2020, à la publication solennelle des Actes du Synode diocésain dont les assises s'étaient tenues en 2012. Les cérémonies se sont déroulées à la Paroisse Cathédrale Regina Mundi, et le discours de communication du résumé des Actes synodaux a été prononcé au cours d'une célébration eucharistique.


L'Archevêque de Bujumbura était entouré de l'Évêque Président de la Conférence des Evêques Catholiques du Burundi (CECAB), des 'Évêques des Diocèses de Bubanza, Ngozi, Rutana, Ruyigi et le futur Evêque de Bururi récemment nommé par le Saint Père. Etaient aussi présents le Secrétaire de la Nonciature apostolique au Burundi, les Vicaires Généraux des différents diocèses, les Secrétaires généraux du secrétariat de l’épiscopat, les Recteurs des Grands Séminaires, les membres du Collège des consulteurs.



Aussi, les cérémonies ont été rehaussées par un nombre important de prêtres diocésains et religieux, par une immense assemblée de fidèles, consacrés et laïcs dont certains hauts dignitaires du Burundi comme les deux ex-Présidents de la République S.E. Président Sylvestre Ntibantunganya, S.E. Président Domitien Ndayizeye, et les deux ex-vices Présidents Yves Sahinguvu et Prosper Bazombanza. Dans l'unité des croyants, certaines églises protestantes avaient aussi pris part à ces cérémonies.

Dans son homélie, S.E. Mgr Gervais Banshimiyubusa, s'inspirant des saintes Lectures du livre de la Genèse 32, 4-14; 33, 1-4; 2 Cor.5, 14-20 et de Mathieu 5, 21-26, a indiqué que l'homme a eu la grâce d'être en communion avec son Créateur, et que Ce dernier veut que des êtres humains vivent comme des êtres réconciliés. La réconciliation dont il parlait à propos des hommes, il s'agissait d'imiter celle entre Jacob et son frère Ésaü et de leurs peuples, une réconciliation qui a eu lieu au pays de Séïr, dans la campagne d'Édom.

Pour l'Archevêque, ce sont souvent des leaders qui prennent le devant pour rendre le processus de réconciliation possible ou impossible, selon leur volonté. "La paix n'est pas possible dans la discrimination", a-t-il déploré, proposant plutôt la réconciliation car, comme il le dit, la discrimination ne fait qu'installer des cycles de violence et mise en exile des uns et des autres. Il a proposé cinq démarches: la reconnaissance de la nécessite de réconciliation, la recherche de la médiation, l'engagement en posant le premier pas dans l'humilité, l'évitement de se créer de bouc émissaire, et enfin se confier à Dieu.



Le moment venu de publier les Actes du Synode, l'Archevêque de Bujumbura les a communiqués sous forme d'un résumé qu'il a présenté en discours à l'assemblée présente. Brièvement, le Synode a conclu 16 Actes formulés sous forme de propositions et les recommandations de ceux qui avaient siégé dans les assises du 17 au 29 Septembre 2012 au Foyers de charité de Bujumbura sur le thème: "L'Eglise au service de la Réconciliation au Burundi", et les décrets de l'Archevêque, avec comme principe de base que seule l'Eglise réconciliée peut aider les hommes à se réconcilier.

Parmi les Actes du synode tels que rendus publiques, l'on peut citer à titre indicatif ceux qui stipulent le rôle de l'Eglise dans la pastorale de la réconciliation; ceux-ci s'appuient sur la Catéchèse et la Formation chrétienne; une bonne célébration du sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation; la justice réconciliatrice et le pardon après un conflit violent; la vérité et la gestion de la mémoire en vue de la Réconciliation; la pastorale du mariage et de la famille; ainsi que la place du cadre œcuménique des confessions religieuses et des fidèles laïcs dans l'œuvre de la Réconciliation.


Et pour les recommandations particulières et les décrets, il a été demandé à tout fidèle adulte de posséder chez lui la sainte Bible, vu que la véritable réconciliation se base sur la Parole de Dieu. Il a aussi été recommandé qu'il y ait des modules de formation sur la Réconciliation, que des petites communautés ecclésiales de base soient créées partout et formalisées, étant donné qu'elles constituent des lieux incontournables d'apprentissage et de concrétisation d'une réconciliation chrétienne, au-delà des considérations ethniques, claniques et autres clivages identitaires. Enfin, sera mis en place, chaque année, une semaine dédiée à l'évangélisation et à la prière en faveur du Ministère de la réconciliation.



Etant donné le rôle incontournable de l'Eglise dans la réconciliation, il a aussi été décrété l'institution d'une Commission diocésaine pour la Réconciliation et d'une Commission diocésaine pour l'œcuménisme et le dialogue interreligieux. Entre autres mesures prises, c'est qu'il y aura aussi création d'une université catholique pouvant promouvoir une culture de valeurs humaines et chrétiennes sous l'inspiration de la Parole de Dieu et de l'Enseignement social de l'Eglise.

Toute la publication des Actes synodaux accomplie, et pour l'ample prise de connaissance des contenus de ces Actes synodaux, l'Archevêque a immédiatement transmis les copies de la documentation synodale aux différentes institutions ecclésiales, à commencer par la Nonciature au Burundi; la Conférence des Évêques Catholiques du Burundi (CECAB); la Province Ecclésiastique de Bujumbura (l'Archidiocèse de Bujumbura et les Diocèses de Bubanza et Bururi); les Autres Diocèses de l'Eglise du Burundi (l'Archidiocèse de Gitega et les Diocèses de Muyinga, Ngozi, Rutana et Ruyigi).



Les copies ont été données également à différentes personnalités de renommée de l'Eglise locale, comme l'Archevêque Émérite de Bujumbura, S.E. Mgr Évariste Ngoyagoye de qui la communauté diocésaine doit l'initiation et la convocation du synode. Elles furent aussi données au Vicaire Général et aux quatre Vicaires épiscopaux de l'Archevêque de Bujumbura. Pour le clergé, elles furent données au représentant de l'Union du Clergé Incardiné (UCI-Bujumbura), tandis que les religieux et les religieuses ont été représentés respectivement par le Supérieur Général des frères Bene Paulo et la Supérieure Générale des sœurs Bene Umukama. Pour le reste des fidèles de l'Archidiocèse, les copies ont été données à quatre laïcs représentant les 4 Vicariats épiscopaux (Buhonga, Muramvya, Saint Michel, et Gihosha).



Des discours de remerciements et de félicitations ont été aussi prononcés. D'abord celui du Secrétaire du Nonce apostolique du Burundi qui a accusé réception du document dans lequel sont consignés les Actes synodaux, et promis d'en faire connaissance au Saint Siège; ensuite Monsieur Deogratias Masabo pour les Fidèles laïcs de l'Archidiocèse, qui a promis appropriation des Actes et obéissance aux instructions faites. Et pour S.E. Mgr Joachim Ntahondereye, Président de la CECAB, il s'agira de rassembler les textes synodaux de tous les Diocèses du Burundi pour les consigner dans un document unique.



Un synode est une assemblée délibérative d'ecclésiastiques (prêtres et autres fidèles de l'Eglise particulière), choisis pour apporter leur concours à l'évêque diocésain, pour le bien de la communauté toute entière. La démarche synodale renvoie à la vie en communion de l'Eglise, aux formes et relations d'expressions de communion qui fondent l'Eglise peuple de Dieu. Et le Code de droit canonique précise, à propos des synodes diocésains (canons 460-468) les normes juridiques à observer pour la célébration de cette assise ecclésiale qu'est le synode.

Comme la force de l'Eglise est justement dans l'unité profonde des fidèles, tout en reconnaissant que les gens n'ont pas les mêmes problèmes, c'est ainsi que le processus de décision est fondamental dans un synode diocésain, avec une plus grande prise en compte des cultures locales. Et l'esprit synodal aimerait que certaines questions soient traitées localement sur le territoire où elles se posent, en veillant à sauvegarder l'unité profonde de l'Eglise. C'est ainsi que la responsabilité d'organiser un synode revient à chaque diocèse selon le droit ecclésiastique. Convoqué par l'évêque dans son diocèse qui les préside, il doit être précédé d'un schéma préparatoire, discuté par les membres qui n'ont qu'une voix consultative, tandis que les statuts (résultats des propositions) sont promulgués par lui-même, l'unique législateur de l'Eglise locale.



Et au Burundi, la décision d'organiser un synode sur la réconciliation a été prise en 2004 au niveau de la Conférence des Évêques Catholiques du Burundi (CECAB) après plus de dix ans de guerre civile. Dans l'Archidiocèse de Bujumbura, la Commission préparatoire et le secrétariat du synode ont été mis sur pieds au début de l'année 2009. A partir de ce moment, des sessions-retraites ont été organisées à l'endroit des prêtres sur le thème de la réconciliation, ainsi que des catéchèses sur le pardon/réconciliation à l'endroit des jeunes et des chrétiens en général, à travers les grands rassemblements (forum des jeunes) et à l'occasion des moments forts de l'année liturgique (carême, pentecôte, fêtes mariales,..). C'est en 2011 que le travail de sensibilisation et des consultations synodales a été effectué. Après le dépouillement des résultats de ces consultations, une synthèse a permis de déterminer les questions traitées lors de la session synodale de 2012.

Au moment où le synode se terminait par la promulgation des documents synodaux, ce samedi 7 Mars 2020, signalons que le livret renfermant les déclarations et décrets de ce synode diocésain de 2012 a été rendu disponible à quiconque voudrait le garder en copie. De nombreux livrets ont d'ailleurs été immédiatement placés dans les rayons des points paroissiaux et diocésains de vente. Ce sont des lieux habituellement connus pour la vente des objets liturgiques répartis ici et là dans l'Archidiocèse de Bujumbura.

Michel Nibitanga, CEDICOM