RETRAITE PASCALE: LES CHRETIENS FONCTIONNAIRES DU DOMAINE ECONOMIQUE ET FINANCIER VONT DESORMAIS GERER LES AFFAIRES SOUS L'EGIDE DE L'ESPRIT SAINT

RETRAITE PASCALE: LES CHRETIENS FONCTIONNAIRES DU DOMAINE ECONOMIQUE ET FINANCIER VONT DESORMAIS GERER LES AFFAIRES SOUS L'EGIDE DE L'ESPRIT SAINT

«Celui qui a le Saint Esprit reçoit une puissance, une force intérieure, non pas pour faire recours à la ruse malsaine, mais plutôt pour être témoin de la vérité et de la justice dans le commerce ou au sein de toute entreprise». (Abbé Pierre Maniragarura)

Dans le cadre d'aider les chrétiens intellectuels et fonctionnaires laïcs à se préparer à la fête Pascale par secteur d'activités, l'Archidiocèse de Bujumbura, à travers le service diocésain d'Aumônerie des intellectuels, des fonctionnaires et des Hauts Cadres de l'Etat, a organisé, le Dimanche 29 Mars 2020, une retraite pascale à l'intention de ces financiers, entrepreneurs et hommes d'affaires. Cette retraite a été animée dans la salle des réunions de la Cathédrale Regina Mundi, par l'Abbé Pierre Maniragarura, Économe Général Diocésain, en même temps l'un des cinq aumôniers des intellectuels, fonctionnaires et hauts cadres de l'Etat.

L’Abbé Pierre a centré son enseignement sur le thème «Conduits par le Saint Esprit, construisons notre Archidiocèse et soyons des artisans de la paix», un thème général adopté au niveau diocésain pour ce Carême de l'an 2020. L'Abbé Pierre Maniragarura a accouplé ce thème à l'Évangile selon Saint Luc, quand le Christ annonçait que l'Esprit du Seigneur était sur Lui et qu’Il devait annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres pour guérir ceux qui ont le cœur brisé (Luc 4,16-21). Il a d'abord rappelé que le chrétien, au cours de la période de Carême, est appelé à vaincre tous les vices qui l'empêcheraient de ressembler au Christ.

 

L'Abbé Pierre a ensuite indiqué l'objet de la nouvelle pastorale des Intellectuels, des fonctionnaires et des Hauts cadres: «Il faut sortir de la généralisation, car chacun a une identité spécifique», a-t-il signalé. Pour lui, tout comme il y a des Ministres du culte, comme des prêtres ordonnés pour ça, et des consacrés à la vie religieuse, il y a aussi des Ministres de la vie matérielle, des chrétiens laïcs donc. «Désormais, ne vous souciez plus seulement d'être des hommes d'affaires, entrepreneurs ou banquiers, etc., soyez conscients aussi de la mission dont le Seigneur vous a confié pour le bien-être des autres; c'est absolument pour les autres que vous êtes ce que vous êtes», a martelé le Prédicateur.

Par là, il a invité les retraitants à s'interroger sur la façon de vivre la communion avec Jésus dans leurs occupations quotidiennes. Et de souligner que personne ne peut y arriver sans le concours du Saint Esprit. «Conduits par l'Esprit Saint... soyons des témoins et disciples du Christ dans ce que nous faisons».



Abordant le premier point de l'enseignement du jour portant sur le fait d'être guidé par le Saint Esprit, l'Aumônier du secteur économique et financier, en se référant sur l'Évangile déjà mentionné, a insisté sur l'intérêt de s'ouvrir à l'Esprit Saint dans la réalisation de son affaire ou de toute autre activité économique. «Chacun d'entre vous a le Saint Esprit qu'il a reçu à travers les Sacrements de baptême et de confirmation», a-t-il ajouté. La mission précise d’un chrétien baptisé, est celle d’apporter la Bonne Nouvelle aux pauvres de son secteur d'activité : «Vous êtes des témoins et des disciples du Christ dans ce que vous fêtes», a-t-il insisté.

Il leur a expliqué qu'une fois éclairés par le Saint Esprit, ils changeraient même la perception qu'ils ont de leurs métiers, car, comme il l'a exhorté, celui qui a le Saint Esprit reçoit une puissance, une force intérieure, non pas pour opprimer l'autre ou faire recours à la ruse malsaine, mais plutôt une force qui procure au contraire un dynamisme intérieur, l'ardeur et l'infaillibilité du cœur à rendre témoignage à la vérité et à lutter pour la justice dans tout ce que l'on fait.

Il leur a demandé avec insistance d'oser détruire la structure déjà construite dans leurs domaines des affaires et de rompre avec quelques pratiques déloyales : «Nous devons émerger, non pas comme des simples banquiers, des simples femmes ou hommes d'affaires, ou des simples financiers, mais comme des chrétiens; c'est notre identité première», a-t-insisté.



Le Prédicateur a également abordé le point de la contribution à la construction de l'Archidiocèse par des chrétiens intellectuels exerçant leurs fonctions dans les domaines des finances, des banques et de l'entrepreneuriat privé. Selon lui, il faut d'abord que chacun se dise en lui: «L'Eglise est ma famille». C'est à partir du moment où il l’aura compris qu'il se sentira avec fierté, quelles que soient les circonstances, qu'il ne devrait pas se discriminer.

«Toute fois, tout comme il y a une délicatesse qu'une personne doit avoir en famille, ainsi il faut participer aux réunions et autres rencontres organisées aux différentes hiérarchies composant cette Eglise-famille, et surtout participer à l'apostolat», a-t-il ajouté. Il a souligné aussi certaines caractéristiques des gens qui s'estiment être réellement membres d'une famille: être en bonnes relations avec les autres membres de la famille, et accorder une grande importance à la relation entre frères et sœurs en tant que chrétiens. Pour lui, il faut que ces retraitants se rassurent que cette relation mène à de bonnes relations d'affaire, où le plus fort porte plutôt le plus faible à se relever. Il leur à encourager à promouvoir une économie de communion.



Pour expliciter la notion de partisan de la paix, le prédicateur a d'abord défini ce qu'est «Avoir la paix». Selon lui, c'est nouer de bonnes relations avec son entourage, mais aussi pouvoir arriver à satisfaire ses besoins fondamentaux de façon autonome. Ensuite, il a élucidé la manière d'être partisan de la paix.

Pour cet Aumônier, être partisan de la paix c'est faire en sorte que personne ne perturbe la tranquillité de l'autre. Il en a déduit que pour avoir la paix, il faut que l'autre aussi soit en paix. Ainsi, la façon d'être un artisan de la paix selon lui, ce serait d'aider l'autre à pouvoir émerger, en l'amenant notamment à créer son propre affaire, par exemple. Par-là, il leur a prodigué ce conseil: «Apprenons aux autres à ramer».

Il a concédé qu'en affaire, bien qu'il faut être compétitif et imaginatif (car cela relève impérativement du domaine des affaires), il faut tout de même que chaque fidèle laïc de ce domaine garde à l'esprit qu'il est d'abord un chrétien. Cela lui induira plutôt à se laissez-guider par le Saint Esprit, au lieu de se conformer aux pratiques du monde des affaires, parfois malsaines.

La retraite a été aussi marquée par des moments spirituels très forts comme l'adoration, la confession et l'Eucharistie. Au cours de l’Eucharistie célébrée par le prédicateur lui-même, il a invité ceux qui venaient de suivre la retraite Pascale, à continuer de bien cheminer vers Pâques, en suivant la voix de Jésus qui a intimé l'ordre: «Lazare, sors!», pour mener une vie de témoignage en Christ, en n'ayant pas peur de se défaire des pratiques anciennes, malgré leur profonde emprise.

Grâce-Divine Gahimbare, CEDICOM