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« Tout baptisé est un envoyé ». Pour aider les fidèles de l’Eglise du Burundi à mieux célébrer le mois missionnaire extraordinaire institué par le Pape François et ainsi commémorer le centenaire de la promulgation de la Lettre apostolique Maximum illud du Pape Benoît XV, l’Eglise du Burundi a entrepris plusieurs initiatives tant au niveau national que diocésain.

Parmi les initiatives prises, la Conférence Episcopale a élaboré un message qui sera proclamé pendant les messes dominicales du 29 septembre 2019. C’est un message qui a pour but de raviver l’esprit missionnaire des fidèles. Voici l’intégralité de ce message :

 


MESSAGE DE LA CONFERENCE DES EVEQUES CATHOLIQUES DU BURUNDI

EN VUE DE RAVIVER L’ESPRIT MISSIONNAIRE DES FIDELES CHRETIENS

 

« Tout baptisé est un envoyé »


Chers frères et soeurs dans la foi, « La paix de Jésus Christ, Missionnaire de Dieu le Père, soit avec vous ». Nous vous souhaitons également de raviver en vous l’esprit missionnaire pour que le Christ soit partout annoncé.

Préliminaires

1. Le mois d’octobre de cette année est un mois missionnaire extraordinaire que le Pape François a établi afin que nous puissions commémorer le centenaire de la promulgation de la Lettre apostolique Maximum illud du Pape Benoît XV (30 novembre 1919) concernant la mission. Ainsi, au début de ce mois, Nous, Vos Pasteurs, comme Successeurs des Apôtres chargés de poursuivre leur mission, venons vous interpeller pour que nous puissions répondre tous à cet appel que le Pape nous lance, et vivre selon notre baptême, en nous dépensant pour que l’Evangile soit partout annoncé, et que nous ayons même beaucoup de missionnaires à envoyer annoncer l’Evangile auprès de ceux qui ne l’ont pas encore connu.

« Bonne Nouvelle d’une grande joie pour tous » (Lc 2,10)

2. La Bonne Nouvelle que nous devons annoncer à tous n’est pas une nouvelle quelconque, mais il s’agit d’une Bonne Nouvelle que nous vous annonçons en rendant témoignage comme Saint Jean l’Apôtre, en disant : « ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie […], nous vous l'annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous […] pour que notre joie soit complète » (1 Jn 1, 1…4).

3. Notre joie devient parfaite parce que ceux à qui nous avons annoncé la Bonne Nouvelle et qui l’ont accueillie reçoivent le salut. De fait, cette Bonne Nouvelle, c’est Jésus « L’Emmanuel » (Mt 21, 21). C’est Lui le chemin qui mène vers la joie véritable. Quiconque le connaît, croit en Lui et se met à sa suite, est sauvé car : « aucun autre nom sous le ciel n’a été donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés », si ce n’est Jésus (Ac 4, 12). Telle est la Bonne Nouvelle parmi les hommes. « Dieu sauve et il est venu habiter parmi nous ». « Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes. S'étant comporté comme un homme, il s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix » (Phil 2, 6-8). Il est mort et il a été enseveli mais le troisième jour il est ressuscité, de cette manière il a montré qu’il a vaincu tout mal et la mort. Il s’est montré aux siens pendant plusieurs jours, est monté aux cieux dans la gloire de Dieu le Père, a envoyé aux siens l’Esprit Saint qui a assuré la communion avec Lui et leur a permis de vaincre la peur et de commencer à rendre témoignage de sa mort et de sa résurrection. De fait, avant son ascension au ciel, il leur avait dit ceci : « Mais vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre » (Ac 1,8). Il est donc parti après avoir envoyé ceux qui l’avaient déjà connu pour aller dans le monde entier, proclamer cette Bonne Nouvelle, pour qu’à son retour, il trouve que tous les hommes l’aient déjà connu même s’ils auraient refusé d’accueillir son salut.

Ceux qui l’ont connu sont envoyés en mission pour l’annoncer aux autres

4. Depuis les premiers Apôtres, ceux qui l’ont connu et ont cru en Lui se sont répandus dans toutes les nations en proclamant la Bonne Nouvelle. Des fois ils ont été persécutés, hais, battus, mis à mort. Mais ils gardaient le courage, l’espérance et la joie d’être les messagers du salut et étaient encouragés par sa Parole qui dit ceci : « vous serez tristes, mais votre tristesse se changera en joie » (Jn 16, 20).

5. Ils sont arrivés même jusque chez nous, annonçant la Bonne Nouvelle, ceux qui l’ont accueillie sont devenus disciples et missionnaires de Jésus. Même ici la tâche ne leur a pas été facile. Ils ont abandonné leurs familles et sont venus sans savoir où ils allaient, sans savoir s’ils allaient arriver, sans savoir ce qu’ils allaient rencontrer, sans savoir non plus s’ils allaient revoir les leurs. Ils n’avaient pas de téléphone comme aujourd’hui, ils ne voyageaient pas par avion comme aujourd’hui, il n’y avait pas de progrès en médecine comme aujourd’hui. Beaucoup parmi eux sont tombés malades et en sont morts, d’autres ont été dévorés par des animaux, d’autres ont été noyés dans des eaux des rivières et des mers qu’ils traversaient par bateau, d’autres encore ont été assassinés. Dans tout cela, ils ne cherchaient rien d’autre que d’accomplir le mandat missionnaire que le Seigneur a donné à ses Apôtres : « Allez dans le monde entier, proclamez l'Evangile à toute la création » (Mc 16,20). Ils n’étaient pas venus pour chercher des richesses, non plus pour conquérir des territoires. Ils étaient venus pour nous enrichir avec le nom de Jésus qui sauve, et de nous faire entrer dans le peuple de Dieu. Ils étaient animés par l’amour et la compassion envers tout être humain surtout celui qui n’avait pas encore connu son Sauveur.

6. Nous sommes très reconnaissants envers ces hérauts de l’Evangile, qui ont fait de nous des disciples et des compagnons de Jésus en nous annonçant son Evangile, en nous apprenant la foi et les commandements de Dieu, en nous préparant aux sacrements et en nous apprenant à témoigner de l’amour du Christ. Nous sommes aussi reconnaissants pour le rôle spécifique qu’ils ont joué dans le domaine social et du développement surtout dans la construction des dispensaires et des hôpitaux, des écoles, des routes et des églises. Nous apprécions leur effort d’apprendre la langue et nos mœurs, pour les connaître et ainsi nous connaître, les purifier, les élever et les faire progresser. Il est vrai qu’il y a des choses qui leur ont échappé parce qu’eux-mêmes ne savaient pas tout. Il y a un niveau qu’ils n’ont pas pu atteindre parce qu’ils avaient des limites. Dans ces limites, au lieu de voir un échec, nous devons y voir notre mission. De fait, ils ne sont pas venus nous servir sans notre participation, ils ne sont pas venus non plus nous faire travailler sans leur participation, ils sont venus travailler ensemble avec nous, pour qu’à la fin de leur mission, nous puissions poursuivre l’œuvre commencée. De cette manière, le voyage qui les a amenés jusqu’à nous, à notre tour, nous conduit jusqu’aux pays qui n’ont pas encore connu le Sauveur Jésus Christ.

7. La Bonne Nouvelle de Jésus qu’on nous a annoncée et que nous sommes appelés à annoncer ne change pas, parce que « Jésus Christ est le même hier et aujourd'hui, il le sera à jamais » (He 13,8). Toutefois, les régions, les époques, les cultures et les mentalités des peuples changent, mêmes les personnes changent. C’est pour cela que nous devons régulièrement renouveler nos méthodes d’annoncer l’Evangile. L’Evangile reste le même mais la manière dont il s’annonçait hier n’est pas la même que celle d’aujourd’hui, la manière dont nous l’annonçons ici n’est pas la même que celle pour l’annoncer là-bas. C’est pourquoi le Pape François nous interpelle pour renouveler la mission d’annoncer l’Evangile dans les circonstances actuelles, après avoir rappelé l’origine de la Lettre Apostolique Maximum illud ci-haut mentionnée du Pape Benoît XV, du 30 novembre 1919, concernant la mission.

Origine de la Lettre Apostolique « Maximum illud » du Pape Benoît XV

8. C’était après la Première Guerre Mondiale. A cette époque, les missionnaires provenant de l’Allemagne vaincue n’étaient pas bien appréciés dans les pays dominés par ceux qui avaient vaincu la Guerre. Parmi certains missionnaires, il s’est manifesté un esprit de mettre en avant l’intérêt de leurs pays de provenance au lieu de la mission d’annoncer l’Evangile. Cela n’a pas plu du tout au Pape Benoît XV et cette situation s’est ajoutée à son souci pour l’avenir des Eglises de mission où les prêtres indigènes pour prêcher l’Evangile étaient très peu nombreux, eux-mêmes n’ayant aucun rôle dans l’organisation de l’Eglise implantée chez eux, et étaient considérés comme encore jeunes. A cette époque, il n’y avait même pas encore eu d’Evêque nommé originaire de ces nouvelles Eglises.

9. Toutes ces situations sont parmi les raisons qui ont poussé le Pape Benoît XV à rédiger la Lettre Apostolique « Maximum illud » destinée avant tout aux responsables des missions sans toutefois oublier les missionnaires eux-mêmes et tous les fidèles, afin de raviver en eux l’esprit missionnaire pour que l’Evangile soit annoncé partout et comme tel. Il a commencé par rappeler que la grande mission et sublime mission que Jésus Christ a confié à Saint Pierre et à ses frères d’aller proclamer l’Evangile à tous en commençant par Jérusalem jusqu’aux extrémités de la terre ne s’est pas achevée avec leur mort. C’est une mission qui se poursuit jusqu’à la fin des temps. Partout où se trouve l’Eglise, elle est là pour annoncer l’Evangile. C’est sa nature.

10. Le Pape demande aux Missionnaires de ne pas mélanger ou confondre les intérêts des pays de leur provenance et la mission d’annoncer l’Evangile. Il les exhorte de la manière suivante: « souvenez-vous que vous ne devez pas propager le règne des hommes mais celui du Christ et ne pas ajouter des citoyens à la patrie terrestre, mais à la patrie céleste ». Il poursuit en demandant aux missionnaires d’être marqué par la sainteté et les bonnes œuvres et demande à tous les fidèles catholiques de les soutenir par la prière et les moyens matériels.

11. Autre chose que le Pape demande à ceux qui président aux Missions, c’est-à-dire les Eveques, les Vicaires et Préfets Apostoliques, c’est d’agir ensemble, et ceux qui sont plus proches dans les territoires limitrophes devront se concerter et s’entraider dans l’activité missionnaire . Il les interpelle aussi à préparer les prêtres indigènes à prendre en charge la gestion des affaires de leur Eglise car, un Apôtre qui connaît bien l’attitude, le langage, les moeurs des destinataires de l’Evangile, c’est lui qui sait comment les aider à faire pénétrer le ferment de l’Evangile dans toute leur vie. Le Pape leur demande également de susciter parmi les jeunes autochtones des vocations missionnaires. C’est sur cet enseignement du Pape Benoît XV que le Pape François se base pour inviter tous les fidèles « à une nouvelle étape évangélisatrice » (Evangelii gaudium, n.1) .

Faisons un autre pas dans l’exercice de la mission d’annoncer l’Evangile

12. Le Pape François, considérant les temps actuels déchirés par des guerres , trouve dans le domaine politique et social, qu’il y a encore des divisions entre les gens, fondées sur leurs différences ainsi que des conflits. Au sein de l’Eglise, le Pape trouve une ferméture dans nos habitudes, parmi elles se trouvent des structures et des méthodes pastorales qui ne sont pas favorables à la pastorale missionnaire. C’est pourquoi il demande que l’Eglise sorte et qu’elle quitte la maison pour aller au-delà des frontières de ceux qui ont la même foi et les mêmes pensées, des régions et des pays; afin que la mission soit ouverte partout et pour tous (cf. Evagelii gaudium, n.27) . De fait, il y a encore dans le monde beaucoup de gens qui ont besoin qu’on leur montre et qu’on leur apprenne l’amour dont Dieu les aime. Dans l’Eglise, on a besoin d’un nouvel élan, d’une nouvelle volonté et d’une nouvelle espérance dans la pastorale missionnaire. Nous avons besoin des missionnaires qui sont intimement unis au Christ, marqués par la sainteté et le zèle pastoral. Nous avons besoin de nous détacher pour ne pas rester attaché à nos habitudes et tourner notre regard vers les autres, nous préoccuper pour que tous reçoivent et se tournent sans cesse vers l’Evangile. Le Pape François nous exhorte: « Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation… Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus Christ. […] Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus Christ. […] nous sommes " disciples-missionnaires" » (Evangelii gaudium, n.120).

« Malheur à moi si je n'annonçais pas l'Evangile » (1Co 9,16)

13. Dans ce message, Nous, Vos Pasteurs, lançons un appel à vous tous pour vous engager à vivre selon cette dignité. Ceux qui sont venus nous annoncer l’Evangile ont accompli leur mission. C’est à nous aujourd’hui qu’incombe le devoir d’enraciner la Bonne Nouvelle de Jésus Christ dans la vie des Burundais, en faisant grandir l’Eglise jusqu’à sa maturité. Nous rendons grâce à Dieu parce que notre Eglise a déjà envoyé en mission dans d’autres pays, certains parmi ses fils et filles. Mais il faut entendre que nous devons augmenter l’effectif de ceux que nous envoyons en mission dans d’autres pays en soutenant leur mission par des moyens matériels et par la prière. C’est effectivement cela qui manifetse qu’une Eglise a atteint sa maturité partout où elle se trouve. Nous vous invitons donc tous à soutenir les Oeuvres Pontificales Missionnaires: l’Œuvre Pontificale Missionnaire de la Propagation de la Foi, l’Œuvre Pontificale Missionnaire de Saint Pierre Apôtre, l’Œuvre Pontificale Missionnaire de la Sainte Enfance, l’Union Pontificale Missionnaire. Ces quatre Œuvres Pontificales Missionnaires sont des piliers pour raviver et soutenir l’esprit missionnaire.

14. Comme le Pape François nous l’a indiqué dans son Message de la Journée mondiale des Missions de 2016, « Chaque peuple et chaque culture ont le droit de recevoir le message du salut qui est don de Dieu pour tous. Cela est d’autant plus nécessaire si nous considérons combien d’injustices, de guerres, de crises humanitaires attendent aujourd’hui de trouver une solution. Les missionnaires savent par expérience que l’Évangile du pardon et de la miséricorde peut apporter la joie et la réconciliation, la justice et la paix. Le mandat de l’Évangile, “Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit” (Mt 28,19-20) ne s’est pas achevé. Au contraire, il nous engage tous, dans les scénarios présents et les défis actuels, à nous sentir appelés à une “sortie” missionnaire renouvelée » (Journée mondiale des Missions, 2016).

Conclusion

15. Ne soyons donc pas des spectateurs, soyons plutôt des missionnaires ensemble avec la Vierge Marie, Etoile des Missionnaires et Reine des Apôtres, puisque c’est notre dignité que nous avons reçue dans notre Baptême.

Fait à Bujumbura, le 13 septembre 2019.

Signé : Vos Evêques de l’Eglise Catholique du Burundi.

 

NB : Le présent texte est la traduction officielle de l’original en kirundi.

* Ce Message sera proclamé pendant les messes du Dimanche, le 29 septembre 2019.

Télécharger ce Message en cliquant sur:  Message en kirundi

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« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9). Tel est le titre du Message que les Evêques du Burundi ont adressé aux fidèles après leur Assemblée Plénière qui s’est tenue à l’Archevêché de Bujumbura, du 11 au 13 septembre 2019. C'est un message à proclamer dans les églises pendant les messes du Dimanche, le 22 septembre 2019.

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"Il est désormais interdit d’insérer des prises de parole dans la célébration eucharistique".

La Conférence des Evêques Catholiques du Burundi a publié des mesures pastorales pour la sauvegarde de la dignité de la célébration de l’Eucharistie. Ces mesures ont été prises lors de l’Assemblée Plénière ordinaire de la CECAB du 7 au 9 mars et chaque Evêque les a proclamées pendant la Messe Chrismale célébrée ce Mercredi Saint dans les Diocèses du Burundi, sauf le Diocèse de Ngozi où cette Messe a été célébrée le Mardi Saint.
Les Evêques rappellent certaines normes de l’Eglise Universelle en matière liturgique, dénoncent des abus liturgiques qui s’observent dans certaines paroisses du Burundi et en profitent pour prendre des mesures pastorales pour proscrire ces abus et rappeler les célébrants à respecter les normes liturgiques dans la célébration de l’Eucharistie.

Parmi les abus dénoncés figurent l’habitude de donner l’autorisation à certains fidèles ou à des personnalités de passage de prendre la parole pendant la messe alors que cela n’est pas prévu par le rituel de la messe.

Les mesures pastorales prises entrent en vigueur à partir du Jeudi Saint, jour de l’Institution de l’Eucharistie.

 

Voici le texte des mesures prises :

 

 

 

 

MESURES PASTORALES
DE LA CONFERENCE DES EVEQUES CATHOLIQUES DU BURUNDI
POUR LA SAUVEGARDE DE LA DIGNITE DE LA CELEBRATION DE L’EUCHARISTIE

 


Préambule


Le Concile Vatican II a proclamé que le Sacrifice eucharistique est « source et sommet de toute la vie chrétienne » (LG 11). Des normes tant liturgiques que canoniques et auxquelles tous sont tenus ont été établies pour préciser la nature de ce sacrement de l’Eucharistie, sa centralité dans la vie de l’Eglise et du chrétien ainsi que la dignité avec laquelle il doit être célébré. Ces normes établies sont de nature à préserver la dignité de ce sacrement et favoriser la participation consciente, active et pieuse des fidèles. Lorsqu’il y a des abus qui s’introduisent dans la célébration de ce sacrement, la même Eglise rappelle la fidélité à ses normes.
C’est pourquoi, face à certains abus liturgiques qui s’observent actuellement au cours des célébrations eucharistiques dans les paroisses des Diocèses du Burundi, la Conférence Episcopale a le devoir de rappeler à tous ses fidèles en général et aux prêtres en particulier certaines normes liturgiques pour la sauvegarde de la dignité de la célébration de l’Eucharistie et prend les mesures particulières qui s’imposent.

 

I. Rappel de certaines normes en matière liturgique

 

1. « Le Sacrement le plus vénérable est la très sainte Eucharistie dans laquelle le Christ Seigneur lui-même est contenu, offert et reçu, et par laquelle l'Eglise vit et croît continuellement. Le Sacrifice eucharistique, mémorial de la mort et de la résurrection du Seigneur, dans lequel le Sacrifice de la croix est perpétué au long des siècles, est le sommet et la source de tout le culte et de toute la vie chrétienne, par lequel est signifiée et réalisée l'unité du peuple de Dieu et s'achève la construction du Corps du Christ. En effet, les autres sacrements et toutes les œuvres d'apostolat de l'Eglise sont étroitement liés à la très sainte Eucharistie et y sont ordonnés » (can. 897).

2. Dans le Diocèse, il est de la compétence de l’Evêque de promouvoir la discipline commune à toute l'Eglise et, par conséquent, d'urger l'observation de toutes les lois ecclésiastiques. Ainsi, « Il veillera à ce que des abus ne se glissent pas dans la discipline ecclésiastique, surtout en ce qui concerne le ministère de la parole, la célébration des sacrements et des sacramentaux, le culte de Dieu et des saints, ainsi que l'administration des biens » (can. 392).


3. Dans la paroisse, c’est le curé qui, sous la responsabilité de l’Evêque diocésain, doit veiller au respect des normes liturgiques dans la célébration des sacrements en général et dans la célébration de l’Eucharistie en particulier : « Le curé veillera à ce que la très Sainte Eucharistie soit le centre de l'assemblée paroissiale des fidèles; il s'efforcera à ce que les fidèles soient conduits et nourris par la pieuse célébration des sacrements et en particulier qu'ils s'approchent fréquemment des sacrements de la très Sainte Eucharistie et de la pénitence; il s'efforcera aussi de les amener à prier, même en famille, et de les faire participer consciemment et activement à la sainte liturgie que lui, curé, sous la responsabilité de l'Evêque diocésain, doit diriger dans sa paroisse, et dans laquelle il doit veiller à ce que ne se glisse aucun abus » (can. 528, § 2).

4. Dans la célébration de l’Eucharistie, les fidèles ne sont pas des spectateurs mais bien des acteurs. « Aussi l'Eglise se soucie-t-elle d'obtenir que les fidèles n'assistent pas à ce mystère de la foi comme des spectateurs étrangers et muets, mais que, le comprenant bien dans ses rites et ses prières, ils participent consciemment, pieusement et activement à l'action sacrée, soient formés par la parole de Dieu, se restaurent à la table du Corps du Seigneur, rendent grâces à Dieu » (Sacrosanctum concilium, n. 48).

5. L’Instruction Redemptionis sacramentum (25 mars 2004), de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, établit que « Pour le bien de la communauté et de toute l’Église de Dieu, il est juste et louable que, parmi les fidèles laïcs, quelques-uns exercent, selon la tradition, certaines fonctions dans le cadre de la célébration de la sainte Liturgie (RS 43).

6. Selon le canon 230 §2, les laïcs peuvent en vertu d'une députation temporaire, exercer la fonction de lecteur dans les actions liturgiques ; de même, tous les laïcs peuvent exercer selon le droit, les fonctions de commentateur, de chantre, ou encore d'autres fonctions.

7. L’Introduction Générale du Missel Romain (IGMR) explicite encore les fonctions que les fidèles laïcs peuvent exercer pendant la célébration liturgique. En plus de l’acolyte et du lecteur institués, il y a le ministre extraordinaire de la communion, le psalmiste, la schola ou la chorale, le chantre ou maître de chœur, le sacristain, le commentateur, ceux qui font les collectes dans l´église, ceux qui, dans certaines régions, accueillent les fidèles aux portes de l´église, les guident aux places qui leur conviennent, et organisent les processions, et le cérémoniaire surtout dans les églises cathédrales et dans d’autres églises importantes (IGMR 101-107).

8. Pour qu’un laïc exerce une fonction parmi celles qui sont précédemment énumérées, il doit y avoir été député ou autorisé par l’autorité compétente. Personne ne s’improvise. Ainsi, « le fidèle laïc, appelé à prêter son concours dans les célébrations liturgiques, doit être dûment préparé, et se recommander par sa vie chrétienne, sa foi, sa conduite morale et sa fidélité envers le Magistère de l’Église. Il convient qu’il ait reçu une formation liturgique adaptée à son âge, sa condition, son genre de vie et son degré de culture religieuse. On ne choisira personne dont la désignation puisse provoquer l’étonnement des fidèles » (RS 46).

 

II. Quelques abus liturgiques à proscrire

 

1. Dans toute célébration liturgique, il y a un rituel prévu et précis que le célébrant et les fidèles doivent tous suivre. Il se fait malheureusement qu’il y a des célébrants qui, tout en étant conscients de leur responsabilité de respecter et de faire respecter les normes liturgiques, ont pris l’habitude de donner l’autorisation à certains fidèles ou à des personnalités de passage de prendre la parole alors que cela n’est pas prévu par le rituel de la messe.

2. Dans certaines paroisses, des prêtres font cela sous prétexte de dons reçus, promis ou attendus, ou à cause des relations personnelles estimées quelque peu obligeantes ; ils cèdent ainsi à la pression morale et violent les normes liturgiques.

3. Il y a également des fidèles laïcs ou d’autres personnalités qui, se fondant sur leur statut social, croient avoir le droit d’intervenir à l’église lorsqu’ils participent à la Messe, comme si la célébration eucharistique pouvait se confondre avec une réunion quelconque ou n’importe quelle autre assemblée de prière. Cela désoriente les fidèles et obscurcit la foi droite et la doctrine catholique concernant le Sacrement de l’Eucharistie.

4. Ce qui est dit ici de l’abus de donner la parole en violation du rituel de la célébration eucharistique vaut aussi pour les célébrations de la Parole en l’absence du prêtre permises au Burundi, dans les succursales ou autres endroits.

 

III. Mesures particulières

 

Mue par la nécessité de faire observer les normes liturgiques et ainsi sauvegarder la dignité de la célébration eucharistique, la Conférence des Evêques Catholiques du Burundi (CECAB) adopte les mesures suivantes :
1. Chaque prêtre est appelé à respecter fidèlement les normes liturgiques dans la Célébration eucharistique. En effet, « Elles sont une expression concrète du caractère ecclésial authentique de l'Eucharistie ; tel est leur sens le plus profond. La liturgie n'est jamais la propriété privée de quelqu'un, ni du célébrant, ni de la communauté dans laquelle les Mystères sont célébrés. L'Apôtre Paul dut adresser des paroles virulentes à la communauté de Corinthe pour dénoncer les manquements graves à la Célébration eucharistique, manquements qui avaient conduit à des divisions (schísmata) et à la formation de factions (airéseis) (cf. 1 Co 11, 17-34). [...] Le prêtre qui célèbre fidèlement la Messe selon les normes liturgiques et la communauté qui s'y conforme manifestent, de manière silencieuse mais éloquente, leur amour pour l'Église » [Pape S. Jean-Paul II, Lettre Encyclique Ecclesia de Eucharistia (17 avril 2003), n. 52].

2. En vertu des normes liturgiques ci-dessus rappelées, il n’est pas licite à un prêtre célébrant d’accorder la parole à un fidèle laïc ou à toute autre personne en dehors de ce qui est prévu par le rituel pour la célébration eucharistique. Cela vaut aussi pour toute autre personne déléguée à diriger la célébration de la Parole en l’absence du prêtre.

3. De façon générale, il est désormais interdit d’insérer des prises de parole dans la célébration eucharistique. « S’il apparaît nécessaire qu’un laïc transmette des informations ou présente un témoignage de vie chrétienne aux fidèles réunis dans l’église, il est généralement préférable que cela ait lieu en dehors de la Messe. Cependant, pour des raisons graves, il est licite de présenter ce genre d’informations ou de témoignages lorsque le prêtre a fini de prononcer la prière après la Communion. Toutefois, un tel usage ne doit pas devenir une habitude. De plus, ces informations et ces témoignages ne doivent pas revêtir des caractéristiques qui pourraient les faire confondre avec l’homélie […] » (RS 74). A certaines occasions comme les fêtes d’ordination, de professions religieuses, de jubilés, à la conclusion de la prière après la communion, seul l’élu du jour, ou s’ils sont nombreux, leur représentant, prendra la parole pour donner son témoignage ou exprimer son action de grâce.

4. Au cours de la célébration eucharistique, l’unique prise de parole faisant partie intégrante de cette célébration, c’est l’homélie qui ne peut être prononcée que par les ministres ordonnées (cf. can. 767, §2) dans le respect des règles y relatives, notamment celles que nous a rappelées le Pape François (cf. Evangelii gaudium, nn 135-144). Dans ce fait, il est interdit à toute personne non ordonnée de prononcer l’homélie. En outre, les messages des Evêques qui sont destinés aux fidèles pour être proclamés au cours de la célébration eucharistique ou de la Parole, doivent être accueillis et compris dans ce sens, parce qu’ils sont toujours voulus pour nourrir la foi des fidèles et éclairer les réalités concrètes de leur vie. Il est donc obligatoire pour les célébrants ou les ministres de la Parole de les proclamer intégralement aux destinataires.

5. Comme cela lui est requis par le droit canonique (cf. can. 528 § 2), le curé dans toute sa paroisse doit veiller à ce que ces mesures soient strictement respectées pour sauvegarder la dignité de la célébration du Très Saint Sacrement.

6. Ces mesures entrent en vigueur le Jeudi Saint, 18 avril 2019.

Fait à Ngozi, le 09 mars 2019.


(Sé) Les Evêques membres de la CECAB.

 

Télécharger  ces Mesures en Kirundi et en Français

 

 

 

 

INYIGISHO YA PAPA YEREKEYE IKAREMA Y'UMWAKA W'2019


« Erega ibiremwa vyose birarindiranye igishika cinshi igihe Imana izokwerekanira abana bayo » (Abanyaroma 8, 19)

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MESSAGE DU SAINT PERE POUR LE CAREME 2019

« La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu » (Rm 8,19)

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Politike nziza ni iyubaka amahoro

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 La bonne politique est au service de la paix

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Animés par notre espérance, aidons nos frères et sœurs à vivre ensemble dans l’unité et dans la paix

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Twishimikije ukwizigira kwacu, nidufashe benewacu kubana mu bumwe no mu mahoro

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33 ème Dimanche du Temps Ordinaire 18 novembre 2018
 
Un pauvre crie, le Seigneur entend

1. « Un pauvre crie ; le Seigneur entend. » ( Ps 33, 7). Les paroles du psalmiste deviennent les nôtres lorsque nous rencontrons des situations de souffrance et de marginalisation, dans lesquelles vivent tant de frères et de sœurs que nous avons coutume de désigner par l’appellation générique de « pauvres ». Celui qui écrit ces mots n’est pas étranger à cette condition, bien au contraire. Il fait l’expérience directe de la pauvreté et la transforme cependant en un chant de louange et d’action de grâce au Seigneur. A nous qui sommes concernés par tant de formes de pauvretés, ce Psaume nous donne aujourd’hui de comprendre qui sont les véritables pauvres, vers qui nous sommes invités à tourner le regard pour entendre leur cri et reconnaître leurs besoins.

Il nous a d’abord été dit que le Seigneur entend les pauvres qui crient vers Lui, et qu’Il est bon avec ceux qui cherchent refuge en Lui, le cœur brisé par la tristesse, la solitude et l’exclusion. Il écoute ceux dont la dignité est bafouée, et qui ont cependant la force d’élever leur regard vers le haut pour recevoir lumière et réconfort. Il écoute ceux qui sont persécutés par une justice inique, opprimés par des politiques indignes de ce nom et dans la peur de la violence, tout en considérant Dieu comme leur Sauveur. Ce qui jaillit de cette prière est d’abord un sentiment d’abandon confiant en un Père qui écoute et accueille. C’est sur la même longueur d’onde que nous pouvons comprendre ce que Jésus a proclamé à travers cette béatitude : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. » ( Mt 5, 3).

C’est en raison de cette expérience unique, et par bien des aspects imméritée et impossible à exprimer entièrement, qu’on ressent le désir de la partager, et d’abord à ceux qui, comme le Psalmiste, sont pauvres, exclus et marginalisés. De fait, nul ne doit se considérer comme exclu de l’amour du Père, tout particulièrement dans un monde pour qui la richesse, est souvent élevée au rang d’objectif premier et enferme sur soi.

2. Le Psaume exprime l’attitude du pauvre et sa relation à Dieu avec trois verbes. D’abord «  crier  ». Le fait d’être pauvre ne peut se résumer en un seul mot : c’est un cri qui traverse les cieux et rejoint Dieu. Qu’exprime le cri du pauvre, sinon la souffrance et la solitude, sa déception et son espérance ? Nous pouvons nous demander : comment se fait-il que ce cri qui monte jusqu’à Dieu ne parvient pas à nos oreilles et nous laisse indifférents et impassibles ? Au cours d’une telle Journée , nous sommes appelés à un sérieux examen de conscience pour saisir si nous sommes réellement capables d’écouter les pauvres.

Pour reconnaître leur voix, nous avons besoin du silence de l’écoute. Plus nous parlons, plus nous aurons du mal à les entendre. J’ai souvent peur que beaucoup d’initiatives, cependant nécessaires et méritoires, servent davantage à nous satisfaire nous-mêmes qu’à entendre réellement le cri du pauvre. Dans cette situation, lorsque les pauvres font entendre leur cri, notre réaction manque de cohérence et est incapable de rejoindre réellement leur condition. Nous sommes à ce point prisonniers d’une culture qui nous fait nous regarder dans la glace et ne s’occuper que de soi, qu’on ne peut imaginer qu’un geste altruiste puisse suffire à satisfaire pleinement, sans se laisser compromettre directement.

3. «  Répondre  » est un deuxième verbe. Le Seigneur, dit le Psalmiste, non seulement entend le cri du pauvre, mais il répond. Sa réponse, ainsi que l’atteste toute l’histoire du salut, est un partage plein d’amour, de la condition du pauvre. Ce fut ainsi lorsqu’Abraham exprima à Dieu son désir d’une descendance, alors que lui et son épouse Sara, désormais âgés, n’avaient pas d’enfant (cf. Gn 15, 1-6). C’est ce qui s’est produit lorsque Moïse, à travers le feu du buisson ardent, a reçu la révélation du nom divin et la mission de faire sortir son peuple de l’Egypte (cf Ex 3, 1-15). Cette réponse fut confirmée tout au long de la marche du peuple à travers le désert : quand il ressentait la morsure de la faim et de la soif (cf. Ex 16, 1-16; 17, 1-7), et quand il tombait dans une misère pire encore, l’infidélité à l’alliance et l’idolâtrie (cf.  Ex 32, 1-14).

La réponse de Dieu au pauvre est toujours une intervention de salut pour soigner les blessures de l’âme et du corps, pour rétablir la justice et pour aider à reprendre une vie digne. La réponse de Dieu est aussi un appel pour que quiconque croit en lui puisse faire de même dans les limites de la condition humaine. La Journée Mondiale des Pauvres se veut une modeste réponse de toute l’Eglise, dispersée de par le monde, adressée aux pauvres de toutes sortes et de tous lieux, afin que nul ne croit que son cri s’est perdu dans le vide. Il s’agit sans doute d’une goutte d’eau dans l’océan de la pauvreté. Elle peut être cependant comme un signe partagé par tous ceux qui sont dans le besoin, afin qu’ils ressentent la présence active d’un frère et d’une sœur.
 
On ne répondpas aux besoins des pauvres par procuration, mais en écoutant leur cri et en s’engageant personnellement. La sollicitude des croyants ne peut pas se résumer à une assistance - même si elle est nécessaire et providentielledans un premier temps - mais appelle cette « attention aimante » (Exhortation Apostolique Evangelii gaudium , 199) qui honore l’autre en tant que personne et recherche son bien.

1. « Un pauvre crie ; le Seigneur entend. » ( Ps 33, 7). Les paroles du psalmiste deviennent les nôtres lorsque nous rencontrons des situations de souffrance et de marginalisation, dans lesquelles vivent tant de frères et de sœurs que nous avons coutume de désigner par l’appellation générique de « pauvres ». Celui qui écrit ces mots n’est pas étranger à cette condition, bien au contraire. Il fait l’expérience directe de la pauvreté et la transforme cependant en un chant de louange et d’action de grâce au Seigneur. A nous qui sommes concernés par tant de formes de pauvretés, ce Psaume nous donne aujourd’hui de comprendre qui sont les véritables pauvres, vers qui nous sommes invités à tourner le regard pour entendre leur cri et reconnaître leurs besoins.

Il nous a d’abord été dit que le Seigneur entend les pauvres qui crient vers Lui, et qu’Il est bon avec ceux qui cherchent refuge en Lui, le cœur brisé par la tristesse, la solitude et l’exclusion. Il écoute ceux dont la dignité est bafouée, et qui ont cependant la force d’élever leur regard vers le haut pour recevoir lumière et réconfort. Il écoute ceux qui sont persécutés par une justice inique, opprimés par des politiques indignes de ce nom et dans la peur de la violence, tout en considérant Dieu comme leur Sauveur. Ce qui jaillit de cette prière est d’abord un sentiment d’abandon confiant en un Père qui écoute et accueille. C’est sur la même longueur d’onde que nous pouvons comprendre ce que Jésus a proclamé à travers cette béatitude : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. » ( Mt 5, 3).

C’est en raison de cette expérience unique, et par bien des aspects imméritée et impossible à exprimer entièrement, qu’on ressent le désir de la partager, et d’abord à ceux qui, comme le Psalmiste, sont pauvres, exclus et marginalisés. De fait, nul ne doit se considérer comme exclu de l’amour du Père, tout particulièrement dans un monde pour qui la richesse, est souvent élevée au rang d’objectif premier et enferme sur soi.

2. Le Psaume exprime l’attitude du pauvre et sa relation à Dieu avec trois verbes. D’abord «  crier  ». Le fait d’être pauvre ne peut se résumer en un seul mot : c’est un cri qui traverse les cieux et rejoint Dieu. Qu’exprime le cri du pauvre, sinon la souffrance et la solitude, sa déception et son espérance ? Nous pouvons nous demander : comment se fait-il que ce cri qui monte jusqu’à Dieu ne parvient pas à nos oreilles et nous laisse indifférents et impassibles ? Au cours d’une telle Journée , nous sommes appelés à un sérieux examen de conscience pour saisir si nous sommes réellement capables d’écouter les pauvres.

Pour reconnaître leur voix, nous avons besoin du silence de l’écoute. Plus nous parlons, plus nous aurons du mal à les entendre. J’ai souvent peur que beaucoup d’initiatives, cependant nécessaires et méritoires, servent davantage à nous satisfaire nous-mêmes qu’à entendre réellement le cri du pauvre. Dans cette situation, lorsque les pauvres font entendre leur cri, notre réaction manque de cohérence et est incapable de rejoindre réellement leur condition. Nous sommes à ce point prisonniers d’une culture qui nous fait nous regarder dans la glace et ne s’occuper que de soi, qu’on ne peut imaginer qu’un geste altruiste puisse suffire à satisfaire pleinement, sans se laisser compromettre directement.

3. «  Répondre  » est un deuxième verbe. Le Seigneur, dit le Psalmiste, non seulement entend le cri du pauvre, mais il répond. Sa réponse, ainsi que l’atteste toute l’histoire du salut, est un partage plein d’amour, de la condition du pauvre. Ce fut ainsi lorsqu’Abraham exprima à Dieu son désir d’une descendance, alors que lui et son épouse Sara, désormais âgés, n’avaient pas d’enfant (cf. Gn 15, 1-6). C’est ce qui s’est produit lorsque Moïse, à travers le feu du buisson ardent, a reçu la révélation du nom divin et la mission de faire sortir son peuple de l’Egypte (cf Ex 3, 1-15). Cette réponse fut confirmée tout au long de la marche du peuple à travers le désert : quand il ressentait la morsure de la faim et de la soif (cf. Ex 16, 1-16; 17, 1-7), et quand il tombait dans une misère pire encore, l’infidélité à l’alliance et l’idolâtrie (cf.  Ex 32, 1-14).

La réponse de Dieu au pauvre est toujours une intervention de salut pour soigner les blessures de l’âme et du corps, pour rétablir la justice et pour aider à reprendre une vie digne. La réponse de Dieu est aussi un appel pour que quiconque croit en lui puisse faire de même dans les limites de la condition humaine. La Journée Mondiale des Pauvres se veut une modeste réponse de toute l’Eglise, dispersée de par le monde, adressée aux pauvres de toutes sortes et de tous lieux, afin que nul ne croit que son cri s’est perdu dans le vide. Il s’agit sans doute d’une goutte d’eau dans l’océan de la pauvreté. Elle peut être cependant comme un signe partagé par tous ceux qui sont dans le besoin, afin qu’ils ressentent la présence active d’un frère et d’une sœur.
 
On ne répondpas aux besoins des pauvres par procuration, mais en écoutant leur cri et en s’engageant personnellement. La sollicitude des croyants ne peut pas se résumer à une assistance - même si elle est nécessaire et providentielledans un premier temps - mais appelle cette « attention aimante » (Exhortation Apostolique Evangelii gaudium , 199) qui honore l’autre en tant que personne et recherche son bien.

4. «  Libérer  » est un troisième verbe. Le pauvre de la Bible vit dans la certitude que Dieu intervient en sa faveur pour lui redonner sa dignité. La pauvreté n’est pas recherchée mais elle est le fruit de l’égoïsme, de l’orgueil, de l’avidité et de l’injustice. Des maux aussi vieux que l’humanité, qui sont toujours des péchés qui blessent tant d’innocents, ont des conséquences sociales dramatiques. L’agir du Seigneur qui libère est une œuvre de salut à l’égard de ceux qui Lui manifestent leur tristesse et leur angoisse. La prison de la pauvreté est détruite par la puissance de l’intervention de Dieu. De nombreux Psaumes racontent et célèbrent l’histoire du salut qui trouve écho dans la vie personnelle du pauvre : « Il n'a pas rejeté, il n'a pas réprouvé le malheureux dans sa misère ; il ne s'est pas voilé la face devant lui, mais il entend sa plainte. » ( Ps 21, 25). Pouvoir contempler le visage de Dieu est signe de son amitié, de sa proximité, de son salut. « Tu vois ma misère et tu sais ma détresse ; devant moi, tu as ouvert un passage. »  ( Ps 30, 8-9). Ouvrir au pauvre “un passage”, c’est le libérer des “filets du chasseur” (cf. Ps 90, 3), lui éviter le piège tendu sous ses pas, pour qu’il puisse ainsi avancer d’un pas léger et voir la vie avec un regard serein. Le salut de Dieu prend la forme d’une main tendue vers le pauvre, une main qui accueille, protège, et donne de percevoir l’amitié dont on a besoin. C’est à partir de cette proximité concrète et tangible que peut être entrepris un authentique chemin de libération : « Chaque chrétien et chaque communauté sont appelés à être instruments de Dieu pour la libération et la promotion des pauvres, de manière à ce qu’ils puissent s’intégrer pleinement dans la société ; ceci suppose que nous soyons dociles et attentifs à écouter le cri du pauvre et à le secourir. » (Exhortation Apostolique Evangelii gaudium , 187).

5. Je suis ému par le fait de savoir que beaucoup de pauvres se sont identifiés à Bartimée, dont parle l’évangéliste Marc (cf. 10, 46-52). Bartimée « un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. (v. 46), et ayant entendu Jésus passer « se mit à crier » et à invoquer le « Fils de David» pour qu’il ait pitié de lui (cf. v. 47). « Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle » (v. 48). Le Fils de Dieu entendit son cri : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? ». Et l’aveugle lui répondit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » (v. 51). Ce passage d’évangile donne à voir ce que le Psaume annonçait comme une promesse. Bartimée est un pauvre privé de ses capacités fondamentales : voir et travailler. Combien de situations aujourd’hui encore produisent des états de précarité. Le manque des moyens de base de subsistance, la marginalisation quand on n’a plus la capacité de travailler normalement, les différentes formes d’esclavage social, malgré les avancées accomplies par l’humanité… Comme Bartimée, beaucoup de pauvres sont aujourd’hui au bord de la route et cherchent un sens à leur condition. Combien s’interrogent sur les raisons de leur descente dans un tel abîme, et sur la manière d’en sortir ! Ils attendent que quelqu’un s’approche d’eux et leur dise : « Confiance, lève-toi ; ilt’appelle. » (v. 49).

Au contraire, on constate pourtant souvent que les voix qui s’entendent sont celles des reproches et de l’invitation à se taire et à subir. Ce sont des voix qui sonnent faux, dictées souvent par la peur des pauvres, considérés non seulement comme indigents, mais aussi porteursd’insécurité, d’instabilité, de changement des habitudes, et qu’il faut pour cela repousser et tenir à distance. On tend à créer une distance entre eux et nous, sans se rendre compte qu’on s’éloigne ainsi du Seigneur Jésus, qui ne les repousse pas, mais les appelle à lui et les console. Comme elles résonnent de manière juste, ici, les paroles du prophète sur le mode de vie des croyants : « faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs […] partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement » ( Is 58, 6-7). Cette façon d’agir fait que les péchés sont pardonnés (cf. 1 P 4, 8), que la justice poursuit son chemin et lorsque nous crierons vers le Seigneur, qu’Il nous réponde : Me voici ! (cf. Is 58, 9).

6. Les pauvres sont les premiers capables de reconnaître la présence de Dieu et de témoigner de sa proximité dans leur vie.  Dieu demeure fidèle à sa promesse, et jusque dans l’obscurité de la nuit, la chaleur de son amour et de sa consolation ne fait jamais défaut. Pour que les pauvres sortent de leur condition dégradante, il leur faut cependant percevoir la présence de frères et de sœurs qui se préoccupent d’eux, et ouvrant la porte de leur cœur et de leur vie, les considèrent comme des amis et des familiers.  Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons découvrir « la force salvifique de leurs existences » et « les mettre au centre du cheminement de l’Église » (Exhortation Apostolique Evangelii gaudium , 198).

En cette Journée Mondiale , nous sommes invités à donner corps aux paroles du Psaume : « Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés » ( Ps 21, 27). Dans le Temple de Jérusalem, nous savons qu’après le rite du sacrifice, un banquet avait lieu. C’est une expérience que de nombreux diocèses ont faite l’année dernière, qui a enrichi la célébration de la première Journée Mondiale des Pauvres. Beaucoup ont trouvé la chaleur d’une maison, la joie d’un repas festif et la solidarité auprès de ceux qui ont voulu partager la table d’une façon simple et fraternelle. Je voudrais que cette année encore, et à l’avenir, cette Journée soit placée sous le signe de la joie et d’une capacité renouvelée à se retrouver. Prier ensemble en communauté et partager le repas du dimanche. C’est une expérience qui nous ramène à la première communauté chrétienne, dont l’évangéliste Luc décrivait l’originalité et la simplicité : « Ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. […] Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun » ( Ac 2, 42.44-45).

7. On ne compte plus les initiatives que la communauté chrétienne prend quotidiennement pour manifester sa proximité et soulager tant de formes de pauvreté que nous avons sous les yeux. La collaboration avec d’autres instances, qui ne sont pas animées par la foi mais par la solidaritéhumaine, permet d’apporter une aide que nous ne pourrions pas réaliser seuls.  Dans ce monde immense de la pauvreté, reconnaître les limites, la faiblesse, et l’insuffisance de nos moyens, invite à une collaboration réciproque qui nous permet ainsi d’être davantage efficaces.  C’est la foi et l’impératif de la charité qui nous animent, mais nous savons reconnaître d’autres formes d’aide et de solidarité qui partagent en partie les mêmes objectifs, pourvu que nous ne mettions pas de côté ce qui nous est propre : conduire chacun à Dieu et à la sainteté. Le dialogue entre des expériences différentes ainsi que la collaboration que nous offrons avec humilité, hors de toute prétention, est la réponse ajustée et pleinement évangélique que nous pouvons donner.

Il ne s’agit pas de vouloir jouer les premiers rôles face aux pauvres, mais il nous faut reconnaître humblement que c’est l’Esprit qui suscite des gestes qui expriment la réponse et la proximité de Dieu. Lorsqu’il nous est donné de nous faire proche des pauvres, sachons reconnaître que c’est Lui, le premier, qui a ouvert nos yeux et notre cœur à la conversion. Les pauvres n’ont pas besoin de compétiteurs, mais d’un amour qui sache demeurer discret et oublier le bien accompli. Les véritables acteurs sont le Seigneur et les pauvres. Celui qui se met au service est l’instrument entre les mains de Dieu pour faire reconnaître sa présence et son salut. C’est ce que nous rappelle saint Paul lorsqu’il écrit aux chrétiens de Corinthe qui rivalisaient entre eux au sujet des charismes les plus grands : « L’œil ne peut pas dire à la main : “Je n’ai pas besoin de toi”; la tête ne peut pas dire aux pieds : “Je n’ai pas besoin de vous” ( 1 Co 12, 21). L’Apôtre fait une observation importante lorsqu’il remarque que les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont les plus nécessaires (cf v. 22) ; et que les parties du corps « qui passent pour moins honorables, ce sont elles que nous traitons avec plus d’honneur ; celles qui sont moins décentes, nous les traitons plus décemment ; pour celles qui sont décentes, ce n’est pas nécessaire. » (vv. 23-24). En livrant un enseignement fondamental sur les charismes, Paul apprend aussi à la communauté l’attitude évangélique à adopter à l’égard de ses membres les plus faibles et dans le besoin. Les disciples du Christ sont loin d’avoir à les mépriser ou à s’apitoyer sur eux. Ils sont bien au contraire appelés à les honorer, leur donner la première place, convaincus d’être réellement avec eux, en présence de Jésus. « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ».  ( Mt 25, 40).

8. On comprend ainsi quelle distance il y a entre notre mode de vie et celui du monde qui fait la louange, suite et imite ceux qui ont le pouvoir et la richesse, et qui marginalise les pauvres, les considère comme des déchets qui font honte. Les mots de l’Apôtre nous invitent à donner toute sa plénitude évangélique à la solidarité à l’égard des membres les plus faibles et moins bien pourvus du Corps du Christ: « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie. » ( 1 Co 12, 26). De la même manière, dans la Lettre aux Romains, il exhorte : « Soyez joyeux avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent. Soyez bien d’accord les uns avec les autres ; n’ayez pas le goût des grandeurs, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble » (12,15-16).C’est la vocation du disciple du Christ, l’idéal vers lequel tendre constamment, pour adopter toujours plus en nous les « dispositions qui sont dans le Christ Jésus » ( Ph 2, 5).

9.  C’est une parole d’espérance que la foi nous indique comme épilogue naturel. Souvent les pauvres mettent en cause notre indifférence, fruit d’une vision de la vie trop immanente et liée au présent. Le cri du pauvre est aussi un cri d’espérance par lequel il manifeste la certitude d’être libéré. C’est l’espérance fondée sur l’amour de Dieu qui n’abandonne pas celui qui se confie en Lui (cf. Rm 8, 31-39). Sainte Thérèse d’Avila écrivait dans son Chemin de la perfection : « La pauvreté d'esprit est un bien qui renferme en soi tous les biens du monde. Elle confère une souveraineté suprême, car c'est être le souverain de tous les biens du monde que de les mépriser » (2, 5). C’est dans la mesure où nous sommes capables de discerner le bien véritable que nous devenons riches devant Dieu et sages devant nous-mêmes et les autres. C’est précisément dans la mesure où l’on parvient à donner à la richesse son sens véritable et juste que l’on grandit en humanité et que l’on devient capable de partager.

10. J’invite mes frères évêques, les prêtres et les diacres en particulier, à qui on a imposé les mains pour le service des pauvres, (cf. Ac 6, 1-7), avec les personnes consacrées et tant de laïcs qui donnent corps à la réponse de l’Eglise au cri des pauvres, dans les paroisses, les associations et les mouvements, à vivre cette Journée Mondiale comme un moment privilégié de nouvelle évangélisation. Les pauvres nous évangélisent, en nous aidant à découvrir chaque jour la beauté de l’Evangile. Ne passons pas à côté de cette occasion de grâce. En ce jour, considérons-nous tous comme leurs débiteurs afin qu’en nous tendant la main les uns et les autres, se réalise la rencontre de salut qui soutient la foi, rend effective la charité et donne l’espérance pour progresser avec sûreté sur le chemin où le Seigneur vient à notre rencontre.

Du Vatican, 13 juin 2018 Mémoire liturgique de saint Antoine de Padoue.

François

                               Umusi w’Imana ugira  33 wo mu mwaka


                               Igenekerezo rya 18 munyonyo 2018.

                  Hari umurushwa yatabaje, Umukama arumva (Zaburi 33,7)
 
1.    « Hari umurushwa yatabaje, Umukama arumva. » (Zaburi 33, 7). Aya majambo y’umwanditsi w’izaburi abaye ayacu iyo tubona ibihe vy’ububabare n’ugukumirwa benewacu benshi barimwo, aribo dukunda gufatira mw’ijambo rimwe ngo ni « aboro ». Uwuriko arandika aya majambo si uwigirisha, arazi vy’ukuri ico ariko aravuga. Yarabaye we nyene mu bworo, ariko akabuhinduramwo uruvyino rwo kuninahaza no gukengurukira  Imana. Na twebwe duhangana n’ubwoko butandukanye bw’ubworo, iyi zaburi iduhaye akaryo keza ko gusubira kuzirikana aboro b’ukuri abo ari bo, tukaba duhamagariwe kuberekeza ko amaso kugira ngo twumve amaborogo yabo, tunahamenyere ivyo bakeneye.

Ubwa mbere twarumvise ko Umukama yumviriza aboro bamuborogera, kandi ko yakira neza abamuronderako ubuhungiro, ab’umutima waseserejwe n’intuntu, irungu n’ugukumirwa. Umukama arumviriza abo agateka kabo kartyojwe, ariko bakaba bafise inguvu z’ukuraramura amaso hejuru kugira baronke umuco n’ikibaremesha. Arumviriza abacinyizwa n’ubutungane budashingiye ku ngingo, abakandamizwa  n’abanyepolitike  badahesha icubahiro izina ryabo, abagendana ubwoba ko bohava bahohoterwa, maze bakabona ko Imana ariyo Mukiza wabo. Icamwa c’ico gisabisho ni umutima w’ukwiheba mu kwizigira Dawe wa twese yumviriza kandi yakira.  Ni muri iyo ntumbero y’inkwirikizi zibabaje, dushobora gutegera ivyo Yezu yigishije yerekana abahiriwe, agatangura agira ati : « Hahiriwe abari n’umutima ushima ubworo, kuko ubwami bw’ijuru ari ubwabo. » (Mt 5,3).

Kubera icigwa umuntu akura mu guca muri iyo nzira, nayo ikaba idafatira ku vyo umuntu aba yarakoze kandi idashobora gisigurika mu buryo butomoye, tuharonkera icipfuzo c’ugusabikanya n’abandi iyo nyigisho, duhereye ku bameze nka barya umwanditsi w’izaburi avuga, ni ukuvuga abarushwa, abakumiriwe bakaba n’inkengerwa. Mu bisanzwe nta n’umwe yokwumvise ko akumiriwe  mu rukundo rwa Data, na cane cane mur’iki gihe aho itunga kenshi ryiyongera, hanyuma ukamengo ihangiro rya mbere n’ukuryigungirako.

2.    Izaburi irasigura inyifato y’umworo n’imigenderanire afitaniye n’Imana ikoresheje amavuga atatu. Ubwa mbere « kuboroga ». Kuba uri umworo  ntibisigurwa n’ijambo rimwe gusa : ni  akamo kamena amajuru kagashikira Imana. Amaborogo y’umworo yosigura ikindi giki atari ububabare n’irungu, ugucika inkokora  n’ugupfana umwizero ? Twoshobora kwibaza tuti bigenda gute ngo amaborogo aduga ku Mana adashikira amatwi yacu, maze tukaguma umengo ntaco tunezwe, tukaba ba sindabibazwa ? Ku musi nk’uyu, duhamagariwe kwisuzuma, tukaraba ko dushobora vy’ukuri kwumviriza abarushwa.

Kugira dutegere akamo kabo, turakeneye agacerere n’ukwumviriza. Ukwo tubandanya tuvuga, niko bitugora kubumva. Kenshi ndagira impungenge ko utwigoro twinshi dukorwa, naho tuba dukenewe kandi dukwiye gushigikirwa, ari utwo kwifasha twebwe nyene aho kuba utwo kwumviriza vy’ukuri amaborogo y’umworo. Ibintu bimeze uko, igihe aboro bataka batakamba, usanga inyifato yacu ibura intumbero y’ukuri iboneka, bikatunanira gutahura ingorane barimwo. Mur’ico gihe tuba tubaye imbohe za kamere n’imico y’ubu idutuma tumera nk’abiraba mu cirore umuntu yibako, bigatuma n’ibikorwa vyo kwitaho abandi bitaba ibishemeye ngo bigire ico bikijije mu gihe umuntu atemeye kurangura ivyiza abona ko bishobora no kumuzanira ingorane.

3.    «  Kwishura » ni ryo rivuga rya kabiri. Umucuraranzi w’izaburi  yavuze ati : Umukama ntiyumva gusa amaborogo y’umworo, ariko arishura. Inyishu, nkuko ivyabaye vy’urukiza bivyerekana, ni isabikanya ryuzuye urukundo ry’ivyo umworo aba abayemwo. Uko ni ko vyagenze igihe Ibrahimu yashikiriza Imana iciyumviro ciwe cerekeye kuronka uruvyaro, n’aho be n’umugore wiwe Sara bari bageze mu za bukuru, batararonka akana (raba Amamuko 15,1-6). Ni vyo vyashitse igihe Musa muri rwa rubeya rw’umuriro rwava mu gisaka yahishurirwa izina ry’Imana, akongera akaharonkera n’ubutumwa bw’ukuja gukura igisata cayo mu marushwa carimwo mu Misiri (raba Ihunguka 3 ,1-15). Iyo nyishu yagiye ishimangirwa igihe cose Bene Israyeli bari mu rugendo rwo mu bugaragwa : mu gihe cose bumva ububabare bw’inzara n’inyota (raba Ihunguka16,1-16 ;17.1-7) no mu bihe vyose basubira kugwa mu bukene butagira izina, bakikura kw’isezerano  bagiraniye n’Imana, bagasenga ibigirwamana (raba Ihunguka 32,1-14) .

Ku murushwa inyishu y’Imana yama ibonekera  mu kintu kiza kumuremurura, kikamubera urukiza rumuvura ibikomere vyo ku mutima no ku mubiri, kigasubizaho ubutungane, kikanamufasha gusubira kuronka ubuzima bw’iteka. Inyishu y’Imana kandi ni umuhamagaro kuri uwo wese yemera Imana kugira ngo na we ashobore  gukora nk’ivyo Imana ikora naho aguma arangwa n’amagara make ya kiremwa muntu. Umusi mpuzamakungu wahariwe aboro ugomba kuba inyishu isanzwe y’Ekleziya yo kw’isi yose ishikirijwe aboro b’ubwoko bwose no mu mpande zose, kugira ntihagire n’umwe yumva ko akamo kiwe katwawe n’umuyaga. Niko usanga ivyo dukora bimeze nk’ima ry’amazi rikorokeye mw’ibahari nini y’ubworo. Iryo ma ritoyi rirashobora kuba ikimenyetso c’ugusabikanya n’abari mu bukene, bagashobora kwumva ko bari kumwe na bene wabo. Ntushobora gutora umuti w’ivyo aboro bakeneye utumye uwundi muntu akubera mu kibanza ; wewe nyene urumviriza amarira yabo ugaca witanga ubwawe. Ukwitanga kw’abemera ntitwogushira mw’ijambo rimwe ryo gufasha, naho ubwavyo bikenewe kandi ari naco ca mbere ;  bisaba cane cane kugira « umwitwarariko w’ugukunda » (raba inyigisho ya Papa Fransisko Evangelii Gaudium, 199) utuma umuntu asonera uwundi kuko ari umuntu kandi akamuronderera iciza.

4.    « Gukira » ni irivuga rya gatatu. Mu nyandiko nyeranda, Umworo ni uwubaho  mu kwemera kutayegayega, akemeza ko Imana imwitwararika kandi ikamusubiza iteka. Ubworo ntawuburondera ; ahubwo ni icamwa c’ukwigungirako, c’ubwishime, umwina w’itunga n’akarenganyo. Ivyo biri mu bintu vyamye bibabaza abantu, bikaba ibicumuro bikomeretsa abantu ataco biyagiriza, bikaba bifise ingaruka zidasanzwe mu mibano y’abantu. Igikorwa c’Imana kibohora ni igikorwa c’urukiza kuri abo bamutura agahinda n’ububabare bwabo. Ibohero ry’ubworo risamburwa n’ububasha bw’Imana. Amazaburi atari make arigisha yongera ahayagiza ivyabaye vy’urukiza bivugwa mu buzima bwa bamwe mu boro : « Nkako ntanenagura canke ngo anene uwurembejwe n’amarushwa, ntamuhisha amaso yiwe, iyo amutakambiye aramwumvira. » (Izaburi 21,25). Gushobora kwihweza inyonga z’Umukama ni ikimenyetso c’urukundo rwiwe, ko ari hafi  n’urukiza rwiwe. « Warabonye amarushwa ndimwo, uramenya amaganya y’umutima wanje ; watumye mpagarara ahagutse » (Izaburi 30,8-9). Kwereka umworo inzira yocamwo ni ukumukura mu «  mitego y’umuhigi » (raba izaburi 90,3), kumukingira umutego uteze imbere y’ibirenge vyiwe, kugira ashobore gutambuka neza n’ukurabisha  ubuzima ijisho ritekanye. Urukiza rw’Imana rumeze  nk’ukuboko kuramvuye kwerekeza ku mukene, ikiganza cakira, kigakingira, kigafasha kwumva urukundo umuntu aba akeneye. Ni uko kuba hafi mu biboneka no mu kuri gushobora kubamwo inzira y’ukuri y’ukubohoka : « Uwa Kristu wese n’umubano wose w’abakristu bahamagariwe kuba ibikoresho Imana ikoresha ngo ibohore yongere ihagurutse aboro, ku buryo nabo bashobora kubaho neza nk’abandi bakaronka ikibanza kibereye mu ndinganizo y’itunganywa ry’imibano y’abantu ; ivyo bisaba ko duca bugufi mu kwama tugavye, mu kwumviriza amaborogo y’umworo  tukamufasha » (raba inyigisho ya Papa Fransisko Evangelii  Gaudium, 187).

5.    Naragize ikigumbagumba mu kubona ko aboro benshi bameze nka Baritimayo dusanga mu nkuru Nziza yanditswe na Mariko ( raba Mariko 10, 46-52). Baritimayo yari impumyi yasega, yari yicaye ku nzira (raba akarongo ka 46) ; yumvise Yezu ariko arahaca « atangura gusemerera » asaba « Umwana wa Dawudi » ngo amugirire impuhwe (raba akarongo ka 47). « Benshi batangura kumwamira ngo acereze, ariko we arushirizaho gusemerera » (akarongo ka 48). Umwana w’Imana yarumvise amaborogo yiwe aca amubaza ati : « Wipfuza ko nokugirira iki ? » Wa  muntu w’impumyi amubwira ati : « Mwigisha ! Nipfuza kubona » (akarongo ka 51). Iki kigabane c’Inkuru Nziza ya Mariko kiratwereka ico izaburi yabura nk’umuhango. Baritimayo yari umworo abuze ibintu nyamukuru : kubona  n’ugukora. Muri iki gihe ibintu bisa n’ivyo bingana iki  bituma abantu babaho mu buryo budashemeye ? Kubura uburyo mu bintu bishobora kubeshaho umuntu, gukumirwa mu gihe utagifise ubushobozi bw’ugukora nkuko bisanzwe, uburyo butandukanye busa n’ukuba mu buja mu buzima bw’imibano n’aho tubona ibitari bike bimaze gukorwa mw’iterambere ry’isi…. Nka kurya kwa Baritimayo, uyu musi aboro benshi bari ku mabarabara barondera kuremururwa mu ntumbero y’ivyo babayemwo. Abenshi baribaza  igituma basubira inyuma gushika mu marushwa nk’ayo barimwo, ntibabone n’uburyo boyavamwo ! Baguma barindiriye ko hogira uwubegera akababwira ati : « izigire, va hasi ; araguhamagaye » (akarongo ka 49).

Ibitandukanye tubona ubu kandi biboneka kenshi ni amajwi yumvikana atera imirarwe, abakankamira ngo bacereze kandi biyakire ukwo bameze. Ni amajwi ataremesha avuga nabi, ashingiye mu bwoba buterwa n’aboro, aterekana gusa ko abo boro batishoboye, ahubwo ko batuma umutekano uhungabana, hakaguma uruhagarara, bagatuma imico ihinduka, bigasaba rero ko bakumirwa bakigizwa kure. Usanga haca haronderwa indinganizo zo kubatandukanya n’abandi bantu, umuntu ntabone ko aba ariko ariyigiza kure y’Umukama wacu Yezu Kristu, wewe atabigiza kure, ahubwo abiyegereza ngo abahoze. Ese ukuntu iyi nyigisho y’umuhanuzi Izaya ku nyifato y’ubuzima bw’abemera itumbereye: « ugucagagura imvuto zatewe n’ububisha, ukubohora imigozi y’umutwaro, uguha umwidegemvyo abacinyizwa, n’ugukura imitwaro yose. […] ugusangira ivyokurya vyawe n’uwushonje, uguha indaro umurushwa atagira aho aba, ukwambika uwo uzobona agenda gusa » (Izaya 58,6-7). Bene ubwo buryo butuma ibicumuro birekurirwa (rapa Ikete rya mbere rya Petero 4,8), ubutungane bukabandanya inzira yabwo, maze no mu gihe dutakambiye Umukama akatwishura ati : «  Ndi hano » (Isaya 58,9).

6.    Abarushwa ni bo ba mbere bashobora kwumva ko bari kumwe n’Imana bakongera bakayishingira intahe ko itigera ibavirira mu buzima bwabo. Imana ni Mudahemuka ku co yemeye ; naho hoba mu mwiza, igishika c’urukundo rwiwe n’uruhoza rwiwe ntivyigera bibura. Kugira ngo aboro bave mu makuba yabo, bisaba ko bokwumva abavukanyi bababa hafi bakabitwararika, bakabugururira umutima wabo n’ubuzima bwabo, bakababona nk’abagenzi n’abanyamuryango. Uko ni ko dushobora gutahura « ububasha bw’icungurwa ry’ukubaho kwabo » tukabona n’ukubashira hagati mu rugendo rw’Ekleziya » (raba inyigisho ya Papa Fransisko Evangilii gaudium 198).

Kuri uyu musi mpuzamakungu, dutumiriwe kwitanga dufatiye ku majambo y’izaburi : « Aboro bazorya bahage » (Zaburi 21,27). Turazi ko  mu rusengero rw’i Yeruzalemu, inyuma y’uguhereza inkuka haca haba umwanya wo gusangira ibifungurwa. No mu madiyoseze atari make baragerageje igikorwa nk’ico mu mwaka uheze, kandi vyarakomeje ihimbazwa rya mbere ry’umusi mpuzamakungu wahariwe aboro. Abatari bake barashoboye kuronka aho bakiranwa igishika mu ngo, barahimbarwa n’akanyamuneza ko gusangira imfungurwa y’umusi mukuru no gushigikirana  kuri abo bose bari bipfuje gusangira  kivukanyi mu buryo buciriye hagufi. Nipfuza kandi ko muri uyu mwaka no muri kazoza  uyu musi mpuzamakungu woba nk’ikimenyetso c’akanyamuneza n’ubushobozi bwisubiriza bwo kubonana dusangira. Gusengera hamwe mu mubano no gusangira imfungurwa ku musi w’Imana ni akamenyero keza katwibutsa  umubano w’abakristu ba mbere, aho umwanditsi w’Inkuru Nziza Luka atwereka akaranga n’ukwicisha bugufi kwabo : «Barashishikara mu vyo kwigishwa n’abatumwa n’ukugira ubumwe, mu vyo kumanyura umukate no mu gusenga. [...] Abari basangiye ukwemera bari basangiye n’itunga. Baramuka bagurishije ivyo batunze canke ivyimburwa, bakagabura ikiguzi umw’umwe akaronka ivyo akeneye.» (Ibikorwa vy’Abatumwa 2, 42.44-45).

7.    Ntawoharura utwigoro twa misi yose tugirwa n’umuryango w’abakristu  ngo werekane ko wiyegereza aboro kandi uremurura abari mu bworo butandukanye twama tubona aho duherereye. Gufashanya  n’ayandi mashirahamwe adashingiye ku kwemera Imana, ariko arangwa n’ugufashanya ku neza ya kiremwa muntu, bituma hegeranywa imfashanyo twebwe tutoshobora kuronka turi twenyene. Muri iyi si yuzuye ubukene, kumenya ubushobozi buke dufise, amagara make n’uburyo buke bwacu, biduhamagarira gufashanya n’abandi, bikaduha akaryo  ko kugira aho twigejeje gusumba.

Ukwemera hamwe n’ibwirizwa ry’urukundo na vyo biradukabura, ariko turazi  ko hari n’ubundi buryo butari buke bwo gufasha no gushigikirana usanga ku ruhande rumwe bisangiye ihangiro, igihambaye kuri twebwe kikaba ukutibagagira igikuru : gushikana umuntu uwari we wese ku Mana no ku Bweranda. Ukuganira dufatiye ku vyo umwe wese yigishijwe n’ubuzima n’ukugiranira imigenderanire twicishije bugufi, ntitwishire hejuru, ni yo nyishu nziza kandi ishingiye mw’Ijambo ry’Imana dushobora gutanga.

Si ukuvuga ko ari ugushaka kugira uruhara rwa mbere  mu maso y’aboro, ariko ni ukumenya twicishije bugufi ko ari Mutima Mweranda akabura muri twebwe ico dushobora gukora  kigatanga inyishu y’Imana yama iri hafi yacu. Mu gihe twahawe kuba hafi y’abarushwa, dutegere neza ko Imana ari yo ya mbere yatwuguruye amaso n’umutima ngo duhinduke. Aboro  ntibakeneye ababahiganirwako, bakenera urukundo ruzi kutiyerekana  kandi rwibagira n’iciza rwaranguye. Abafise uruhara vy’ukuri ni Imana hamwe n’aboro bo nyene. Uwuriko arafasha ni igikoresho mu minwe  y’Imana cerekana ukubaho kw’Imana hamwe  n’urukiza rwayo. Ni co Paulo Mweranda atwibutsa mw’ikete yandikiye abakristu b’Abanyakorenti, bagiriranira ishari hagati yabo ku vyerekeye ingabirano ziruta izindi. « Ijisho ntiryoshobora kubwira ikiganza riti: sindagukeneye, eka n’umutwe ntiwoshobora kubwira ibirenge uti: Sindagukeneye » (1 Abanyakorenti 12, 21). Umutumwa Paulo atwigisha ikintu gihambaye mu gihe yerekana ko ibihimba vy’umubiri bifise intege nke ari vyo bikewe kuruta (raba 1 Abanyakorenti 12, 22); ko ingingo z’umubiri twiyumvira ko « zidafise icubahiro nk’izindi ari zo dukikiza icubahiro kuruta izindi, kandi ingingo twiyumvira ko zirusha izindi gutera isoni ari zo tugirira urupafasoni kuruta izindi. Na yo izidateye isoni ntaco zikeneye » (1 Abanyakorenti 12, 23-24). Mu gushikiriza iyo nyigisho nkoramutima ishimikiye ku ngabirano za Mutima, Paulo Mweranda arigisha inyifato rukristu umubano wose wogira imbere y’abafise intege nke n’abari mu bukene. Abigishwa ba Yezu-Kristu bokwitandukanya n’inyifato y’agakengerwe no kuguma urata ayo bagowe. Bahamagariwe ahubwo kububaha, bakabaha ikibanza ca mbere, bakumva ko bari kumwe nabo imbere ya Yezu. « Igihe cose mwabigiriye n’umwe muri abo batobato muri benewacu, ni jewe mwabigiriye » (Matayo 25, 40).

8.    Duca dutegera ubutandukane bunini  buri hagati y’ukwo tubayeho n’ukwo isi yihayagiza ibayeho mu gukurikira n’ukwigana abafise ububasha n’itunga, igakumira aboro, ikabagereranya n’umwavu uteye isoni. Amajambo y’umutumwa adutumirira guha iteka ryuzuye Inkuru Nziza, iteka rishigikira abo bose bameze nk’ingingo za nta ntege nke kandi zisanzwe zigize Umubiri wa Kristu: « Iyo ingingo imwe ibabaye, ingingo zose zibabarana na yo, canke iyo ingingo imwe itewe iteka, ingingo zose zinezeranwa nayo » (Abanyakorenti 12, 26). Ni na vyo Paulo Mweranda yigisha no mw’ikete yandikiwe Abanyaroma abahimiriza ati: « Nimunezeranwe n’abanezerewe, nimurirane n’abarira. Nimwame muhuza ivyiyumviro, ntimuhahamire ibiri hejuru, mukunde riho gukwegakwegwa n’ibiciye bugufi » (Abanyaroma 12, 15-16). Uwo ni wo muhamagaro w’umutumwa wa Kristu,  ihangiro twokwama twerekeza kugira ngo tubandanye dutsimbataza muri twebwe « umutima umwe nk’urya nyene  Kristu Yezu yari afise » (Abanyafilipi 2,5).

9.    Iryo ni ijambo ry’umwizero ukwemera kudushikiriza nk’impfunyapfunyo isanzwe. Kenshi aboro baranegura ukuntu twigira ba sindabibazwa, ikaba inkurikizi y’ukwama ubona ukwo wamye ubona ibintu, bikaguma ukwo no muri k’ubu. Amaborogo y’umworo ni akamo k’umwizero gaserura icizere ko azoteba aremururwa. Ni umwizero ushimikiye ku rukundo rw’Imana itigera iheba uwuyishizemwo umwizero (raba Abanyaroma 8,31-39). Umweranda Tereziya w’i Avila niwe yanditse mu co yise Inzira y’ukuba intungane ibushitse ati : « Umutima ushima ubworo ni iciza cegeranirijwemwo ivyiza vyose vyo kw’isi. Urashikiriza ububasha burengeye, kuko ushobora kuganza ivy’isi vyose iyo ushobora kubikengera » (2,5). Ni mu gihe dushobora guhitamwo iciza c’ukuri kibereye tuba  abafise vyose mbere y’Imana, tukaba abitonzi muri twebwe  n’imbere y’abandi . Mu gihe umuntu ashoboye guha amatungo insiguro y’ukuri n’ikibanza abereye araheza akagenda akura, akaba umuntu  abushitse, agashobora n’ugusabikanya ivyo atunze n’abandi.

10.    Ndatumiriye cane cane abavukanyi banje abepiskopi, abasaserdoti n’abadiyakoni kuko aribo bubitsweko ibiganza   mu gikorwa c’ukwitangira aboro (raba Ibikorwa vy’Abatumwa 6,1-7), ndatumuriye n’abihebeye Imana hamwe n’abakristu benshi b’abarayike bitanga batiziganya ngo Ekleziya itorere inyishu akamo k’aboro, mu maparuwase, mu migwi n’imihari, bahimbaze uyu musi mpuzamakungu nk’igihe kidasanzwe c’ukumenyesha Inkuru Nziza ku buryo bushasha. Aboro baratumenyesha Inkuru Nziza mu kudufasha gutegera ku musi ku musi ubwiza bw’ Ijambo ry’Imana. Ntitwirengagize iki gihe kidasanzwe c’inema y’Imana. Kuri uyu musi, twese nitwifate nk’abafitiye umwenda aboro kugirango tugiye turahanahana ukuboko, haranguke uguhura n’urukiza rufasha gukomeza ukwemera, rugaragaza mu ngiro urukundo, rugatanga n’umwizero mu gutera imbere ata nkomanzi mu nzira aho Kristu aza guhwana natwe.

Bigiriwe i Vatikano, kuwa 3 Ruheshi 2018, aho twibuka Umweranda Antoni w’i Paduwa.

Fransisko
 

Conférence des Evêques Catholiques du Burundi

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