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33 ème Dimanche du Temps Ordinaire 18 novembre 2018
 
Un pauvre crie, le Seigneur entend

1. « Un pauvre crie ; le Seigneur entend. » ( Ps 33, 7). Les paroles du psalmiste deviennent les nôtres lorsque nous rencontrons des situations de souffrance et de marginalisation, dans lesquelles vivent tant de frères et de sœurs que nous avons coutume de désigner par l’appellation générique de « pauvres ». Celui qui écrit ces mots n’est pas étranger à cette condition, bien au contraire. Il fait l’expérience directe de la pauvreté et la transforme cependant en un chant de louange et d’action de grâce au Seigneur. A nous qui sommes concernés par tant de formes de pauvretés, ce Psaume nous donne aujourd’hui de comprendre qui sont les véritables pauvres, vers qui nous sommes invités à tourner le regard pour entendre leur cri et reconnaître leurs besoins.

Il nous a d’abord été dit que le Seigneur entend les pauvres qui crient vers Lui, et qu’Il est bon avec ceux qui cherchent refuge en Lui, le cœur brisé par la tristesse, la solitude et l’exclusion. Il écoute ceux dont la dignité est bafouée, et qui ont cependant la force d’élever leur regard vers le haut pour recevoir lumière et réconfort. Il écoute ceux qui sont persécutés par une justice inique, opprimés par des politiques indignes de ce nom et dans la peur de la violence, tout en considérant Dieu comme leur Sauveur. Ce qui jaillit de cette prière est d’abord un sentiment d’abandon confiant en un Père qui écoute et accueille. C’est sur la même longueur d’onde que nous pouvons comprendre ce que Jésus a proclamé à travers cette béatitude : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. » ( Mt 5, 3).

C’est en raison de cette expérience unique, et par bien des aspects imméritée et impossible à exprimer entièrement, qu’on ressent le désir de la partager, et d’abord à ceux qui, comme le Psalmiste, sont pauvres, exclus et marginalisés. De fait, nul ne doit se considérer comme exclu de l’amour du Père, tout particulièrement dans un monde pour qui la richesse, est souvent élevée au rang d’objectif premier et enferme sur soi.

2. Le Psaume exprime l’attitude du pauvre et sa relation à Dieu avec trois verbes. D’abord «  crier  ». Le fait d’être pauvre ne peut se résumer en un seul mot : c’est un cri qui traverse les cieux et rejoint Dieu. Qu’exprime le cri du pauvre, sinon la souffrance et la solitude, sa déception et son espérance ? Nous pouvons nous demander : comment se fait-il que ce cri qui monte jusqu’à Dieu ne parvient pas à nos oreilles et nous laisse indifférents et impassibles ? Au cours d’une telle Journée , nous sommes appelés à un sérieux examen de conscience pour saisir si nous sommes réellement capables d’écouter les pauvres.

Pour reconnaître leur voix, nous avons besoin du silence de l’écoute. Plus nous parlons, plus nous aurons du mal à les entendre. J’ai souvent peur que beaucoup d’initiatives, cependant nécessaires et méritoires, servent davantage à nous satisfaire nous-mêmes qu’à entendre réellement le cri du pauvre. Dans cette situation, lorsque les pauvres font entendre leur cri, notre réaction manque de cohérence et est incapable de rejoindre réellement leur condition. Nous sommes à ce point prisonniers d’une culture qui nous fait nous regarder dans la glace et ne s’occuper que de soi, qu’on ne peut imaginer qu’un geste altruiste puisse suffire à satisfaire pleinement, sans se laisser compromettre directement.

3. «  Répondre  » est un deuxième verbe. Le Seigneur, dit le Psalmiste, non seulement entend le cri du pauvre, mais il répond. Sa réponse, ainsi que l’atteste toute l’histoire du salut, est un partage plein d’amour, de la condition du pauvre. Ce fut ainsi lorsqu’Abraham exprima à Dieu son désir d’une descendance, alors que lui et son épouse Sara, désormais âgés, n’avaient pas d’enfant (cf. Gn 15, 1-6). C’est ce qui s’est produit lorsque Moïse, à travers le feu du buisson ardent, a reçu la révélation du nom divin et la mission de faire sortir son peuple de l’Egypte (cf Ex 3, 1-15). Cette réponse fut confirmée tout au long de la marche du peuple à travers le désert : quand il ressentait la morsure de la faim et de la soif (cf. Ex 16, 1-16; 17, 1-7), et quand il tombait dans une misère pire encore, l’infidélité à l’alliance et l’idolâtrie (cf.  Ex 32, 1-14).

La réponse de Dieu au pauvre est toujours une intervention de salut pour soigner les blessures de l’âme et du corps, pour rétablir la justice et pour aider à reprendre une vie digne. La réponse de Dieu est aussi un appel pour que quiconque croit en lui puisse faire de même dans les limites de la condition humaine. La Journée Mondiale des Pauvres se veut une modeste réponse de toute l’Eglise, dispersée de par le monde, adressée aux pauvres de toutes sortes et de tous lieux, afin que nul ne croit que son cri s’est perdu dans le vide. Il s’agit sans doute d’une goutte d’eau dans l’océan de la pauvreté. Elle peut être cependant comme un signe partagé par tous ceux qui sont dans le besoin, afin qu’ils ressentent la présence active d’un frère et d’une sœur.
 
On ne répondpas aux besoins des pauvres par procuration, mais en écoutant leur cri et en s’engageant personnellement. La sollicitude des croyants ne peut pas se résumer à une assistance - même si elle est nécessaire et providentielledans un premier temps - mais appelle cette « attention aimante » (Exhortation Apostolique Evangelii gaudium , 199) qui honore l’autre en tant que personne et recherche son bien.

1. « Un pauvre crie ; le Seigneur entend. » ( Ps 33, 7). Les paroles du psalmiste deviennent les nôtres lorsque nous rencontrons des situations de souffrance et de marginalisation, dans lesquelles vivent tant de frères et de sœurs que nous avons coutume de désigner par l’appellation générique de « pauvres ». Celui qui écrit ces mots n’est pas étranger à cette condition, bien au contraire. Il fait l’expérience directe de la pauvreté et la transforme cependant en un chant de louange et d’action de grâce au Seigneur. A nous qui sommes concernés par tant de formes de pauvretés, ce Psaume nous donne aujourd’hui de comprendre qui sont les véritables pauvres, vers qui nous sommes invités à tourner le regard pour entendre leur cri et reconnaître leurs besoins.

Il nous a d’abord été dit que le Seigneur entend les pauvres qui crient vers Lui, et qu’Il est bon avec ceux qui cherchent refuge en Lui, le cœur brisé par la tristesse, la solitude et l’exclusion. Il écoute ceux dont la dignité est bafouée, et qui ont cependant la force d’élever leur regard vers le haut pour recevoir lumière et réconfort. Il écoute ceux qui sont persécutés par une justice inique, opprimés par des politiques indignes de ce nom et dans la peur de la violence, tout en considérant Dieu comme leur Sauveur. Ce qui jaillit de cette prière est d’abord un sentiment d’abandon confiant en un Père qui écoute et accueille. C’est sur la même longueur d’onde que nous pouvons comprendre ce que Jésus a proclamé à travers cette béatitude : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. » ( Mt 5, 3).

C’est en raison de cette expérience unique, et par bien des aspects imméritée et impossible à exprimer entièrement, qu’on ressent le désir de la partager, et d’abord à ceux qui, comme le Psalmiste, sont pauvres, exclus et marginalisés. De fait, nul ne doit se considérer comme exclu de l’amour du Père, tout particulièrement dans un monde pour qui la richesse, est souvent élevée au rang d’objectif premier et enferme sur soi.

2. Le Psaume exprime l’attitude du pauvre et sa relation à Dieu avec trois verbes. D’abord «  crier  ». Le fait d’être pauvre ne peut se résumer en un seul mot : c’est un cri qui traverse les cieux et rejoint Dieu. Qu’exprime le cri du pauvre, sinon la souffrance et la solitude, sa déception et son espérance ? Nous pouvons nous demander : comment se fait-il que ce cri qui monte jusqu’à Dieu ne parvient pas à nos oreilles et nous laisse indifférents et impassibles ? Au cours d’une telle Journée , nous sommes appelés à un sérieux examen de conscience pour saisir si nous sommes réellement capables d’écouter les pauvres.

Pour reconnaître leur voix, nous avons besoin du silence de l’écoute. Plus nous parlons, plus nous aurons du mal à les entendre. J’ai souvent peur que beaucoup d’initiatives, cependant nécessaires et méritoires, servent davantage à nous satisfaire nous-mêmes qu’à entendre réellement le cri du pauvre. Dans cette situation, lorsque les pauvres font entendre leur cri, notre réaction manque de cohérence et est incapable de rejoindre réellement leur condition. Nous sommes à ce point prisonniers d’une culture qui nous fait nous regarder dans la glace et ne s’occuper que de soi, qu’on ne peut imaginer qu’un geste altruiste puisse suffire à satisfaire pleinement, sans se laisser compromettre directement.

3. «  Répondre  » est un deuxième verbe. Le Seigneur, dit le Psalmiste, non seulement entend le cri du pauvre, mais il répond. Sa réponse, ainsi que l’atteste toute l’histoire du salut, est un partage plein d’amour, de la condition du pauvre. Ce fut ainsi lorsqu’Abraham exprima à Dieu son désir d’une descendance, alors que lui et son épouse Sara, désormais âgés, n’avaient pas d’enfant (cf. Gn 15, 1-6). C’est ce qui s’est produit lorsque Moïse, à travers le feu du buisson ardent, a reçu la révélation du nom divin et la mission de faire sortir son peuple de l’Egypte (cf Ex 3, 1-15). Cette réponse fut confirmée tout au long de la marche du peuple à travers le désert : quand il ressentait la morsure de la faim et de la soif (cf. Ex 16, 1-16; 17, 1-7), et quand il tombait dans une misère pire encore, l’infidélité à l’alliance et l’idolâtrie (cf.  Ex 32, 1-14).

La réponse de Dieu au pauvre est toujours une intervention de salut pour soigner les blessures de l’âme et du corps, pour rétablir la justice et pour aider à reprendre une vie digne. La réponse de Dieu est aussi un appel pour que quiconque croit en lui puisse faire de même dans les limites de la condition humaine. La Journée Mondiale des Pauvres se veut une modeste réponse de toute l’Eglise, dispersée de par le monde, adressée aux pauvres de toutes sortes et de tous lieux, afin que nul ne croit que son cri s’est perdu dans le vide. Il s’agit sans doute d’une goutte d’eau dans l’océan de la pauvreté. Elle peut être cependant comme un signe partagé par tous ceux qui sont dans le besoin, afin qu’ils ressentent la présence active d’un frère et d’une sœur.
 
On ne répondpas aux besoins des pauvres par procuration, mais en écoutant leur cri et en s’engageant personnellement. La sollicitude des croyants ne peut pas se résumer à une assistance - même si elle est nécessaire et providentielledans un premier temps - mais appelle cette « attention aimante » (Exhortation Apostolique Evangelii gaudium , 199) qui honore l’autre en tant que personne et recherche son bien.

4. «  Libérer  » est un troisième verbe. Le pauvre de la Bible vit dans la certitude que Dieu intervient en sa faveur pour lui redonner sa dignité. La pauvreté n’est pas recherchée mais elle est le fruit de l’égoïsme, de l’orgueil, de l’avidité et de l’injustice. Des maux aussi vieux que l’humanité, qui sont toujours des péchés qui blessent tant d’innocents, ont des conséquences sociales dramatiques. L’agir du Seigneur qui libère est une œuvre de salut à l’égard de ceux qui Lui manifestent leur tristesse et leur angoisse. La prison de la pauvreté est détruite par la puissance de l’intervention de Dieu. De nombreux Psaumes racontent et célèbrent l’histoire du salut qui trouve écho dans la vie personnelle du pauvre : « Il n'a pas rejeté, il n'a pas réprouvé le malheureux dans sa misère ; il ne s'est pas voilé la face devant lui, mais il entend sa plainte. » ( Ps 21, 25). Pouvoir contempler le visage de Dieu est signe de son amitié, de sa proximité, de son salut. « Tu vois ma misère et tu sais ma détresse ; devant moi, tu as ouvert un passage. »  ( Ps 30, 8-9). Ouvrir au pauvre “un passage”, c’est le libérer des “filets du chasseur” (cf. Ps 90, 3), lui éviter le piège tendu sous ses pas, pour qu’il puisse ainsi avancer d’un pas léger et voir la vie avec un regard serein. Le salut de Dieu prend la forme d’une main tendue vers le pauvre, une main qui accueille, protège, et donne de percevoir l’amitié dont on a besoin. C’est à partir de cette proximité concrète et tangible que peut être entrepris un authentique chemin de libération : « Chaque chrétien et chaque communauté sont appelés à être instruments de Dieu pour la libération et la promotion des pauvres, de manière à ce qu’ils puissent s’intégrer pleinement dans la société ; ceci suppose que nous soyons dociles et attentifs à écouter le cri du pauvre et à le secourir. » (Exhortation Apostolique Evangelii gaudium , 187).

5. Je suis ému par le fait de savoir que beaucoup de pauvres se sont identifiés à Bartimée, dont parle l’évangéliste Marc (cf. 10, 46-52). Bartimée « un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. (v. 46), et ayant entendu Jésus passer « se mit à crier » et à invoquer le « Fils de David» pour qu’il ait pitié de lui (cf. v. 47). « Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle » (v. 48). Le Fils de Dieu entendit son cri : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? ». Et l’aveugle lui répondit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » (v. 51). Ce passage d’évangile donne à voir ce que le Psaume annonçait comme une promesse. Bartimée est un pauvre privé de ses capacités fondamentales : voir et travailler. Combien de situations aujourd’hui encore produisent des états de précarité. Le manque des moyens de base de subsistance, la marginalisation quand on n’a plus la capacité de travailler normalement, les différentes formes d’esclavage social, malgré les avancées accomplies par l’humanité… Comme Bartimée, beaucoup de pauvres sont aujourd’hui au bord de la route et cherchent un sens à leur condition. Combien s’interrogent sur les raisons de leur descente dans un tel abîme, et sur la manière d’en sortir ! Ils attendent que quelqu’un s’approche d’eux et leur dise : « Confiance, lève-toi ; ilt’appelle. » (v. 49).

Au contraire, on constate pourtant souvent que les voix qui s’entendent sont celles des reproches et de l’invitation à se taire et à subir. Ce sont des voix qui sonnent faux, dictées souvent par la peur des pauvres, considérés non seulement comme indigents, mais aussi porteursd’insécurité, d’instabilité, de changement des habitudes, et qu’il faut pour cela repousser et tenir à distance. On tend à créer une distance entre eux et nous, sans se rendre compte qu’on s’éloigne ainsi du Seigneur Jésus, qui ne les repousse pas, mais les appelle à lui et les console. Comme elles résonnent de manière juste, ici, les paroles du prophète sur le mode de vie des croyants : « faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs […] partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement » ( Is 58, 6-7). Cette façon d’agir fait que les péchés sont pardonnés (cf. 1 P 4, 8), que la justice poursuit son chemin et lorsque nous crierons vers le Seigneur, qu’Il nous réponde : Me voici ! (cf. Is 58, 9).

6. Les pauvres sont les premiers capables de reconnaître la présence de Dieu et de témoigner de sa proximité dans leur vie.  Dieu demeure fidèle à sa promesse, et jusque dans l’obscurité de la nuit, la chaleur de son amour et de sa consolation ne fait jamais défaut. Pour que les pauvres sortent de leur condition dégradante, il leur faut cependant percevoir la présence de frères et de sœurs qui se préoccupent d’eux, et ouvrant la porte de leur cœur et de leur vie, les considèrent comme des amis et des familiers.  Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons découvrir « la force salvifique de leurs existences » et « les mettre au centre du cheminement de l’Église » (Exhortation Apostolique Evangelii gaudium , 198).

En cette Journée Mondiale , nous sommes invités à donner corps aux paroles du Psaume : « Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés » ( Ps 21, 27). Dans le Temple de Jérusalem, nous savons qu’après le rite du sacrifice, un banquet avait lieu. C’est une expérience que de nombreux diocèses ont faite l’année dernière, qui a enrichi la célébration de la première Journée Mondiale des Pauvres. Beaucoup ont trouvé la chaleur d’une maison, la joie d’un repas festif et la solidarité auprès de ceux qui ont voulu partager la table d’une façon simple et fraternelle. Je voudrais que cette année encore, et à l’avenir, cette Journée soit placée sous le signe de la joie et d’une capacité renouvelée à se retrouver. Prier ensemble en communauté et partager le repas du dimanche. C’est une expérience qui nous ramène à la première communauté chrétienne, dont l’évangéliste Luc décrivait l’originalité et la simplicité : « Ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. […] Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun » ( Ac 2, 42.44-45).

7. On ne compte plus les initiatives que la communauté chrétienne prend quotidiennement pour manifester sa proximité et soulager tant de formes de pauvreté que nous avons sous les yeux. La collaboration avec d’autres instances, qui ne sont pas animées par la foi mais par la solidaritéhumaine, permet d’apporter une aide que nous ne pourrions pas réaliser seuls.  Dans ce monde immense de la pauvreté, reconnaître les limites, la faiblesse, et l’insuffisance de nos moyens, invite à une collaboration réciproque qui nous permet ainsi d’être davantage efficaces.  C’est la foi et l’impératif de la charité qui nous animent, mais nous savons reconnaître d’autres formes d’aide et de solidarité qui partagent en partie les mêmes objectifs, pourvu que nous ne mettions pas de côté ce qui nous est propre : conduire chacun à Dieu et à la sainteté. Le dialogue entre des expériences différentes ainsi que la collaboration que nous offrons avec humilité, hors de toute prétention, est la réponse ajustée et pleinement évangélique que nous pouvons donner.

Il ne s’agit pas de vouloir jouer les premiers rôles face aux pauvres, mais il nous faut reconnaître humblement que c’est l’Esprit qui suscite des gestes qui expriment la réponse et la proximité de Dieu. Lorsqu’il nous est donné de nous faire proche des pauvres, sachons reconnaître que c’est Lui, le premier, qui a ouvert nos yeux et notre cœur à la conversion. Les pauvres n’ont pas besoin de compétiteurs, mais d’un amour qui sache demeurer discret et oublier le bien accompli. Les véritables acteurs sont le Seigneur et les pauvres. Celui qui se met au service est l’instrument entre les mains de Dieu pour faire reconnaître sa présence et son salut. C’est ce que nous rappelle saint Paul lorsqu’il écrit aux chrétiens de Corinthe qui rivalisaient entre eux au sujet des charismes les plus grands : « L’œil ne peut pas dire à la main : “Je n’ai pas besoin de toi”; la tête ne peut pas dire aux pieds : “Je n’ai pas besoin de vous” ( 1 Co 12, 21). L’Apôtre fait une observation importante lorsqu’il remarque que les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont les plus nécessaires (cf v. 22) ; et que les parties du corps « qui passent pour moins honorables, ce sont elles que nous traitons avec plus d’honneur ; celles qui sont moins décentes, nous les traitons plus décemment ; pour celles qui sont décentes, ce n’est pas nécessaire. » (vv. 23-24). En livrant un enseignement fondamental sur les charismes, Paul apprend aussi à la communauté l’attitude évangélique à adopter à l’égard de ses membres les plus faibles et dans le besoin. Les disciples du Christ sont loin d’avoir à les mépriser ou à s’apitoyer sur eux. Ils sont bien au contraire appelés à les honorer, leur donner la première place, convaincus d’être réellement avec eux, en présence de Jésus. « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ».  ( Mt 25, 40).

8. On comprend ainsi quelle distance il y a entre notre mode de vie et celui du monde qui fait la louange, suite et imite ceux qui ont le pouvoir et la richesse, et qui marginalise les pauvres, les considère comme des déchets qui font honte. Les mots de l’Apôtre nous invitent à donner toute sa plénitude évangélique à la solidarité à l’égard des membres les plus faibles et moins bien pourvus du Corps du Christ: « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie. » ( 1 Co 12, 26). De la même manière, dans la Lettre aux Romains, il exhorte : « Soyez joyeux avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent. Soyez bien d’accord les uns avec les autres ; n’ayez pas le goût des grandeurs, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble » (12,15-16).C’est la vocation du disciple du Christ, l’idéal vers lequel tendre constamment, pour adopter toujours plus en nous les « dispositions qui sont dans le Christ Jésus » ( Ph 2, 5).

9.  C’est une parole d’espérance que la foi nous indique comme épilogue naturel. Souvent les pauvres mettent en cause notre indifférence, fruit d’une vision de la vie trop immanente et liée au présent. Le cri du pauvre est aussi un cri d’espérance par lequel il manifeste la certitude d’être libéré. C’est l’espérance fondée sur l’amour de Dieu qui n’abandonne pas celui qui se confie en Lui (cf. Rm 8, 31-39). Sainte Thérèse d’Avila écrivait dans son Chemin de la perfection : « La pauvreté d'esprit est un bien qui renferme en soi tous les biens du monde. Elle confère une souveraineté suprême, car c'est être le souverain de tous les biens du monde que de les mépriser » (2, 5). C’est dans la mesure où nous sommes capables de discerner le bien véritable que nous devenons riches devant Dieu et sages devant nous-mêmes et les autres. C’est précisément dans la mesure où l’on parvient à donner à la richesse son sens véritable et juste que l’on grandit en humanité et que l’on devient capable de partager.

10. J’invite mes frères évêques, les prêtres et les diacres en particulier, à qui on a imposé les mains pour le service des pauvres, (cf. Ac 6, 1-7), avec les personnes consacrées et tant de laïcs qui donnent corps à la réponse de l’Eglise au cri des pauvres, dans les paroisses, les associations et les mouvements, à vivre cette Journée Mondiale comme un moment privilégié de nouvelle évangélisation. Les pauvres nous évangélisent, en nous aidant à découvrir chaque jour la beauté de l’Evangile. Ne passons pas à côté de cette occasion de grâce. En ce jour, considérons-nous tous comme leurs débiteurs afin qu’en nous tendant la main les uns et les autres, se réalise la rencontre de salut qui soutient la foi, rend effective la charité et donne l’espérance pour progresser avec sûreté sur le chemin où le Seigneur vient à notre rencontre.

Du Vatican, 13 juin 2018 Mémoire liturgique de saint Antoine de Padoue.

François

                               Umusi w’Imana ugira  33 wo mu mwaka


                               Igenekerezo rya 18 munyonyo 2018.

                  Hari umurushwa yatabaje, Umukama arumva (Zaburi 33,7)
 
1.    « Hari umurushwa yatabaje, Umukama arumva. » (Zaburi 33, 7). Aya majambo y’umwanditsi w’izaburi abaye ayacu iyo tubona ibihe vy’ububabare n’ugukumirwa benewacu benshi barimwo, aribo dukunda gufatira mw’ijambo rimwe ngo ni « aboro ». Uwuriko arandika aya majambo si uwigirisha, arazi vy’ukuri ico ariko aravuga. Yarabaye we nyene mu bworo, ariko akabuhinduramwo uruvyino rwo kuninahaza no gukengurukira  Imana. Na twebwe duhangana n’ubwoko butandukanye bw’ubworo, iyi zaburi iduhaye akaryo keza ko gusubira kuzirikana aboro b’ukuri abo ari bo, tukaba duhamagariwe kuberekeza ko amaso kugira ngo twumve amaborogo yabo, tunahamenyere ivyo bakeneye.

Ubwa mbere twarumvise ko Umukama yumviriza aboro bamuborogera, kandi ko yakira neza abamuronderako ubuhungiro, ab’umutima waseserejwe n’intuntu, irungu n’ugukumirwa. Umukama arumviriza abo agateka kabo kartyojwe, ariko bakaba bafise inguvu z’ukuraramura amaso hejuru kugira baronke umuco n’ikibaremesha. Arumviriza abacinyizwa n’ubutungane budashingiye ku ngingo, abakandamizwa  n’abanyepolitike  badahesha icubahiro izina ryabo, abagendana ubwoba ko bohava bahohoterwa, maze bakabona ko Imana ariyo Mukiza wabo. Icamwa c’ico gisabisho ni umutima w’ukwiheba mu kwizigira Dawe wa twese yumviriza kandi yakira.  Ni muri iyo ntumbero y’inkwirikizi zibabaje, dushobora gutegera ivyo Yezu yigishije yerekana abahiriwe, agatangura agira ati : « Hahiriwe abari n’umutima ushima ubworo, kuko ubwami bw’ijuru ari ubwabo. » (Mt 5,3).

Kubera icigwa umuntu akura mu guca muri iyo nzira, nayo ikaba idafatira ku vyo umuntu aba yarakoze kandi idashobora gisigurika mu buryo butomoye, tuharonkera icipfuzo c’ugusabikanya n’abandi iyo nyigisho, duhereye ku bameze nka barya umwanditsi w’izaburi avuga, ni ukuvuga abarushwa, abakumiriwe bakaba n’inkengerwa. Mu bisanzwe nta n’umwe yokwumvise ko akumiriwe  mu rukundo rwa Data, na cane cane mur’iki gihe aho itunga kenshi ryiyongera, hanyuma ukamengo ihangiro rya mbere n’ukuryigungirako.

2.    Izaburi irasigura inyifato y’umworo n’imigenderanire afitaniye n’Imana ikoresheje amavuga atatu. Ubwa mbere « kuboroga ». Kuba uri umworo  ntibisigurwa n’ijambo rimwe gusa : ni  akamo kamena amajuru kagashikira Imana. Amaborogo y’umworo yosigura ikindi giki atari ububabare n’irungu, ugucika inkokora  n’ugupfana umwizero ? Twoshobora kwibaza tuti bigenda gute ngo amaborogo aduga ku Mana adashikira amatwi yacu, maze tukaguma umengo ntaco tunezwe, tukaba ba sindabibazwa ? Ku musi nk’uyu, duhamagariwe kwisuzuma, tukaraba ko dushobora vy’ukuri kwumviriza abarushwa.

Kugira dutegere akamo kabo, turakeneye agacerere n’ukwumviriza. Ukwo tubandanya tuvuga, niko bitugora kubumva. Kenshi ndagira impungenge ko utwigoro twinshi dukorwa, naho tuba dukenewe kandi dukwiye gushigikirwa, ari utwo kwifasha twebwe nyene aho kuba utwo kwumviriza vy’ukuri amaborogo y’umworo. Ibintu bimeze uko, igihe aboro bataka batakamba, usanga inyifato yacu ibura intumbero y’ukuri iboneka, bikatunanira gutahura ingorane barimwo. Mur’ico gihe tuba tubaye imbohe za kamere n’imico y’ubu idutuma tumera nk’abiraba mu cirore umuntu yibako, bigatuma n’ibikorwa vyo kwitaho abandi bitaba ibishemeye ngo bigire ico bikijije mu gihe umuntu atemeye kurangura ivyiza abona ko bishobora no kumuzanira ingorane.

3.    «  Kwishura » ni ryo rivuga rya kabiri. Umucuraranzi w’izaburi  yavuze ati : Umukama ntiyumva gusa amaborogo y’umworo, ariko arishura. Inyishu, nkuko ivyabaye vy’urukiza bivyerekana, ni isabikanya ryuzuye urukundo ry’ivyo umworo aba abayemwo. Uko ni ko vyagenze igihe Ibrahimu yashikiriza Imana iciyumviro ciwe cerekeye kuronka uruvyaro, n’aho be n’umugore wiwe Sara bari bageze mu za bukuru, batararonka akana (raba Amamuko 15,1-6). Ni vyo vyashitse igihe Musa muri rwa rubeya rw’umuriro rwava mu gisaka yahishurirwa izina ry’Imana, akongera akaharonkera n’ubutumwa bw’ukuja gukura igisata cayo mu marushwa carimwo mu Misiri (raba Ihunguka 3 ,1-15). Iyo nyishu yagiye ishimangirwa igihe cose Bene Israyeli bari mu rugendo rwo mu bugaragwa : mu gihe cose bumva ububabare bw’inzara n’inyota (raba Ihunguka16,1-16 ;17.1-7) no mu bihe vyose basubira kugwa mu bukene butagira izina, bakikura kw’isezerano  bagiraniye n’Imana, bagasenga ibigirwamana (raba Ihunguka 32,1-14) .

Ku murushwa inyishu y’Imana yama ibonekera  mu kintu kiza kumuremurura, kikamubera urukiza rumuvura ibikomere vyo ku mutima no ku mubiri, kigasubizaho ubutungane, kikanamufasha gusubira kuronka ubuzima bw’iteka. Inyishu y’Imana kandi ni umuhamagaro kuri uwo wese yemera Imana kugira ngo na we ashobore  gukora nk’ivyo Imana ikora naho aguma arangwa n’amagara make ya kiremwa muntu. Umusi mpuzamakungu wahariwe aboro ugomba kuba inyishu isanzwe y’Ekleziya yo kw’isi yose ishikirijwe aboro b’ubwoko bwose no mu mpande zose, kugira ntihagire n’umwe yumva ko akamo kiwe katwawe n’umuyaga. Niko usanga ivyo dukora bimeze nk’ima ry’amazi rikorokeye mw’ibahari nini y’ubworo. Iryo ma ritoyi rirashobora kuba ikimenyetso c’ugusabikanya n’abari mu bukene, bagashobora kwumva ko bari kumwe na bene wabo. Ntushobora gutora umuti w’ivyo aboro bakeneye utumye uwundi muntu akubera mu kibanza ; wewe nyene urumviriza amarira yabo ugaca witanga ubwawe. Ukwitanga kw’abemera ntitwogushira mw’ijambo rimwe ryo gufasha, naho ubwavyo bikenewe kandi ari naco ca mbere ;  bisaba cane cane kugira « umwitwarariko w’ugukunda » (raba inyigisho ya Papa Fransisko Evangelii Gaudium, 199) utuma umuntu asonera uwundi kuko ari umuntu kandi akamuronderera iciza.

4.    « Gukira » ni irivuga rya gatatu. Mu nyandiko nyeranda, Umworo ni uwubaho  mu kwemera kutayegayega, akemeza ko Imana imwitwararika kandi ikamusubiza iteka. Ubworo ntawuburondera ; ahubwo ni icamwa c’ukwigungirako, c’ubwishime, umwina w’itunga n’akarenganyo. Ivyo biri mu bintu vyamye bibabaza abantu, bikaba ibicumuro bikomeretsa abantu ataco biyagiriza, bikaba bifise ingaruka zidasanzwe mu mibano y’abantu. Igikorwa c’Imana kibohora ni igikorwa c’urukiza kuri abo bamutura agahinda n’ububabare bwabo. Ibohero ry’ubworo risamburwa n’ububasha bw’Imana. Amazaburi atari make arigisha yongera ahayagiza ivyabaye vy’urukiza bivugwa mu buzima bwa bamwe mu boro : « Nkako ntanenagura canke ngo anene uwurembejwe n’amarushwa, ntamuhisha amaso yiwe, iyo amutakambiye aramwumvira. » (Izaburi 21,25). Gushobora kwihweza inyonga z’Umukama ni ikimenyetso c’urukundo rwiwe, ko ari hafi  n’urukiza rwiwe. « Warabonye amarushwa ndimwo, uramenya amaganya y’umutima wanje ; watumye mpagarara ahagutse » (Izaburi 30,8-9). Kwereka umworo inzira yocamwo ni ukumukura mu «  mitego y’umuhigi » (raba izaburi 90,3), kumukingira umutego uteze imbere y’ibirenge vyiwe, kugira ashobore gutambuka neza n’ukurabisha  ubuzima ijisho ritekanye. Urukiza rw’Imana rumeze  nk’ukuboko kuramvuye kwerekeza ku mukene, ikiganza cakira, kigakingira, kigafasha kwumva urukundo umuntu aba akeneye. Ni uko kuba hafi mu biboneka no mu kuri gushobora kubamwo inzira y’ukuri y’ukubohoka : « Uwa Kristu wese n’umubano wose w’abakristu bahamagariwe kuba ibikoresho Imana ikoresha ngo ibohore yongere ihagurutse aboro, ku buryo nabo bashobora kubaho neza nk’abandi bakaronka ikibanza kibereye mu ndinganizo y’itunganywa ry’imibano y’abantu ; ivyo bisaba ko duca bugufi mu kwama tugavye, mu kwumviriza amaborogo y’umworo  tukamufasha » (raba inyigisho ya Papa Fransisko Evangelii  Gaudium, 187).

5.    Naragize ikigumbagumba mu kubona ko aboro benshi bameze nka Baritimayo dusanga mu nkuru Nziza yanditswe na Mariko ( raba Mariko 10, 46-52). Baritimayo yari impumyi yasega, yari yicaye ku nzira (raba akarongo ka 46) ; yumvise Yezu ariko arahaca « atangura gusemerera » asaba « Umwana wa Dawudi » ngo amugirire impuhwe (raba akarongo ka 47). « Benshi batangura kumwamira ngo acereze, ariko we arushirizaho gusemerera » (akarongo ka 48). Umwana w’Imana yarumvise amaborogo yiwe aca amubaza ati : « Wipfuza ko nokugirira iki ? » Wa  muntu w’impumyi amubwira ati : « Mwigisha ! Nipfuza kubona » (akarongo ka 51). Iki kigabane c’Inkuru Nziza ya Mariko kiratwereka ico izaburi yabura nk’umuhango. Baritimayo yari umworo abuze ibintu nyamukuru : kubona  n’ugukora. Muri iki gihe ibintu bisa n’ivyo bingana iki  bituma abantu babaho mu buryo budashemeye ? Kubura uburyo mu bintu bishobora kubeshaho umuntu, gukumirwa mu gihe utagifise ubushobozi bw’ugukora nkuko bisanzwe, uburyo butandukanye busa n’ukuba mu buja mu buzima bw’imibano n’aho tubona ibitari bike bimaze gukorwa mw’iterambere ry’isi…. Nka kurya kwa Baritimayo, uyu musi aboro benshi bari ku mabarabara barondera kuremururwa mu ntumbero y’ivyo babayemwo. Abenshi baribaza  igituma basubira inyuma gushika mu marushwa nk’ayo barimwo, ntibabone n’uburyo boyavamwo ! Baguma barindiriye ko hogira uwubegera akababwira ati : « izigire, va hasi ; araguhamagaye » (akarongo ka 49).

Ibitandukanye tubona ubu kandi biboneka kenshi ni amajwi yumvikana atera imirarwe, abakankamira ngo bacereze kandi biyakire ukwo bameze. Ni amajwi ataremesha avuga nabi, ashingiye mu bwoba buterwa n’aboro, aterekana gusa ko abo boro batishoboye, ahubwo ko batuma umutekano uhungabana, hakaguma uruhagarara, bagatuma imico ihinduka, bigasaba rero ko bakumirwa bakigizwa kure. Usanga haca haronderwa indinganizo zo kubatandukanya n’abandi bantu, umuntu ntabone ko aba ariko ariyigiza kure y’Umukama wacu Yezu Kristu, wewe atabigiza kure, ahubwo abiyegereza ngo abahoze. Ese ukuntu iyi nyigisho y’umuhanuzi Izaya ku nyifato y’ubuzima bw’abemera itumbereye: « ugucagagura imvuto zatewe n’ububisha, ukubohora imigozi y’umutwaro, uguha umwidegemvyo abacinyizwa, n’ugukura imitwaro yose. […] ugusangira ivyokurya vyawe n’uwushonje, uguha indaro umurushwa atagira aho aba, ukwambika uwo uzobona agenda gusa » (Izaya 58,6-7). Bene ubwo buryo butuma ibicumuro birekurirwa (rapa Ikete rya mbere rya Petero 4,8), ubutungane bukabandanya inzira yabwo, maze no mu gihe dutakambiye Umukama akatwishura ati : «  Ndi hano » (Isaya 58,9).

6.    Abarushwa ni bo ba mbere bashobora kwumva ko bari kumwe n’Imana bakongera bakayishingira intahe ko itigera ibavirira mu buzima bwabo. Imana ni Mudahemuka ku co yemeye ; naho hoba mu mwiza, igishika c’urukundo rwiwe n’uruhoza rwiwe ntivyigera bibura. Kugira ngo aboro bave mu makuba yabo, bisaba ko bokwumva abavukanyi bababa hafi bakabitwararika, bakabugururira umutima wabo n’ubuzima bwabo, bakababona nk’abagenzi n’abanyamuryango. Uko ni ko dushobora gutahura « ububasha bw’icungurwa ry’ukubaho kwabo » tukabona n’ukubashira hagati mu rugendo rw’Ekleziya » (raba inyigisho ya Papa Fransisko Evangilii gaudium 198).

Kuri uyu musi mpuzamakungu, dutumiriwe kwitanga dufatiye ku majambo y’izaburi : « Aboro bazorya bahage » (Zaburi 21,27). Turazi ko  mu rusengero rw’i Yeruzalemu, inyuma y’uguhereza inkuka haca haba umwanya wo gusangira ibifungurwa. No mu madiyoseze atari make baragerageje igikorwa nk’ico mu mwaka uheze, kandi vyarakomeje ihimbazwa rya mbere ry’umusi mpuzamakungu wahariwe aboro. Abatari bake barashoboye kuronka aho bakiranwa igishika mu ngo, barahimbarwa n’akanyamuneza ko gusangira imfungurwa y’umusi mukuru no gushigikirana  kuri abo bose bari bipfuje gusangira  kivukanyi mu buryo buciriye hagufi. Nipfuza kandi ko muri uyu mwaka no muri kazoza  uyu musi mpuzamakungu woba nk’ikimenyetso c’akanyamuneza n’ubushobozi bwisubiriza bwo kubonana dusangira. Gusengera hamwe mu mubano no gusangira imfungurwa ku musi w’Imana ni akamenyero keza katwibutsa  umubano w’abakristu ba mbere, aho umwanditsi w’Inkuru Nziza Luka atwereka akaranga n’ukwicisha bugufi kwabo : «Barashishikara mu vyo kwigishwa n’abatumwa n’ukugira ubumwe, mu vyo kumanyura umukate no mu gusenga. [...] Abari basangiye ukwemera bari basangiye n’itunga. Baramuka bagurishije ivyo batunze canke ivyimburwa, bakagabura ikiguzi umw’umwe akaronka ivyo akeneye.» (Ibikorwa vy’Abatumwa 2, 42.44-45).

7.    Ntawoharura utwigoro twa misi yose tugirwa n’umuryango w’abakristu  ngo werekane ko wiyegereza aboro kandi uremurura abari mu bworo butandukanye twama tubona aho duherereye. Gufashanya  n’ayandi mashirahamwe adashingiye ku kwemera Imana, ariko arangwa n’ugufashanya ku neza ya kiremwa muntu, bituma hegeranywa imfashanyo twebwe tutoshobora kuronka turi twenyene. Muri iyi si yuzuye ubukene, kumenya ubushobozi buke dufise, amagara make n’uburyo buke bwacu, biduhamagarira gufashanya n’abandi, bikaduha akaryo  ko kugira aho twigejeje gusumba.

Ukwemera hamwe n’ibwirizwa ry’urukundo na vyo biradukabura, ariko turazi  ko hari n’ubundi buryo butari buke bwo gufasha no gushigikirana usanga ku ruhande rumwe bisangiye ihangiro, igihambaye kuri twebwe kikaba ukutibagagira igikuru : gushikana umuntu uwari we wese ku Mana no ku Bweranda. Ukuganira dufatiye ku vyo umwe wese yigishijwe n’ubuzima n’ukugiranira imigenderanire twicishije bugufi, ntitwishire hejuru, ni yo nyishu nziza kandi ishingiye mw’Ijambo ry’Imana dushobora gutanga.

Si ukuvuga ko ari ugushaka kugira uruhara rwa mbere  mu maso y’aboro, ariko ni ukumenya twicishije bugufi ko ari Mutima Mweranda akabura muri twebwe ico dushobora gukora  kigatanga inyishu y’Imana yama iri hafi yacu. Mu gihe twahawe kuba hafi y’abarushwa, dutegere neza ko Imana ari yo ya mbere yatwuguruye amaso n’umutima ngo duhinduke. Aboro  ntibakeneye ababahiganirwako, bakenera urukundo ruzi kutiyerekana  kandi rwibagira n’iciza rwaranguye. Abafise uruhara vy’ukuri ni Imana hamwe n’aboro bo nyene. Uwuriko arafasha ni igikoresho mu minwe  y’Imana cerekana ukubaho kw’Imana hamwe  n’urukiza rwayo. Ni co Paulo Mweranda atwibutsa mw’ikete yandikiye abakristu b’Abanyakorenti, bagiriranira ishari hagati yabo ku vyerekeye ingabirano ziruta izindi. « Ijisho ntiryoshobora kubwira ikiganza riti: sindagukeneye, eka n’umutwe ntiwoshobora kubwira ibirenge uti: Sindagukeneye » (1 Abanyakorenti 12, 21). Umutumwa Paulo atwigisha ikintu gihambaye mu gihe yerekana ko ibihimba vy’umubiri bifise intege nke ari vyo bikewe kuruta (raba 1 Abanyakorenti 12, 22); ko ingingo z’umubiri twiyumvira ko « zidafise icubahiro nk’izindi ari zo dukikiza icubahiro kuruta izindi, kandi ingingo twiyumvira ko zirusha izindi gutera isoni ari zo tugirira urupafasoni kuruta izindi. Na yo izidateye isoni ntaco zikeneye » (1 Abanyakorenti 12, 23-24). Mu gushikiriza iyo nyigisho nkoramutima ishimikiye ku ngabirano za Mutima, Paulo Mweranda arigisha inyifato rukristu umubano wose wogira imbere y’abafise intege nke n’abari mu bukene. Abigishwa ba Yezu-Kristu bokwitandukanya n’inyifato y’agakengerwe no kuguma urata ayo bagowe. Bahamagariwe ahubwo kububaha, bakabaha ikibanza ca mbere, bakumva ko bari kumwe nabo imbere ya Yezu. « Igihe cose mwabigiriye n’umwe muri abo batobato muri benewacu, ni jewe mwabigiriye » (Matayo 25, 40).

8.    Duca dutegera ubutandukane bunini  buri hagati y’ukwo tubayeho n’ukwo isi yihayagiza ibayeho mu gukurikira n’ukwigana abafise ububasha n’itunga, igakumira aboro, ikabagereranya n’umwavu uteye isoni. Amajambo y’umutumwa adutumirira guha iteka ryuzuye Inkuru Nziza, iteka rishigikira abo bose bameze nk’ingingo za nta ntege nke kandi zisanzwe zigize Umubiri wa Kristu: « Iyo ingingo imwe ibabaye, ingingo zose zibabarana na yo, canke iyo ingingo imwe itewe iteka, ingingo zose zinezeranwa nayo » (Abanyakorenti 12, 26). Ni na vyo Paulo Mweranda yigisha no mw’ikete yandikiwe Abanyaroma abahimiriza ati: « Nimunezeranwe n’abanezerewe, nimurirane n’abarira. Nimwame muhuza ivyiyumviro, ntimuhahamire ibiri hejuru, mukunde riho gukwegakwegwa n’ibiciye bugufi » (Abanyaroma 12, 15-16). Uwo ni wo muhamagaro w’umutumwa wa Kristu,  ihangiro twokwama twerekeza kugira ngo tubandanye dutsimbataza muri twebwe « umutima umwe nk’urya nyene  Kristu Yezu yari afise » (Abanyafilipi 2,5).

9.    Iryo ni ijambo ry’umwizero ukwemera kudushikiriza nk’impfunyapfunyo isanzwe. Kenshi aboro baranegura ukuntu twigira ba sindabibazwa, ikaba inkurikizi y’ukwama ubona ukwo wamye ubona ibintu, bikaguma ukwo no muri k’ubu. Amaborogo y’umworo ni akamo k’umwizero gaserura icizere ko azoteba aremururwa. Ni umwizero ushimikiye ku rukundo rw’Imana itigera iheba uwuyishizemwo umwizero (raba Abanyaroma 8,31-39). Umweranda Tereziya w’i Avila niwe yanditse mu co yise Inzira y’ukuba intungane ibushitse ati : « Umutima ushima ubworo ni iciza cegeranirijwemwo ivyiza vyose vyo kw’isi. Urashikiriza ububasha burengeye, kuko ushobora kuganza ivy’isi vyose iyo ushobora kubikengera » (2,5). Ni mu gihe dushobora guhitamwo iciza c’ukuri kibereye tuba  abafise vyose mbere y’Imana, tukaba abitonzi muri twebwe  n’imbere y’abandi . Mu gihe umuntu ashoboye guha amatungo insiguro y’ukuri n’ikibanza abereye araheza akagenda akura, akaba umuntu  abushitse, agashobora n’ugusabikanya ivyo atunze n’abandi.

10.    Ndatumiriye cane cane abavukanyi banje abepiskopi, abasaserdoti n’abadiyakoni kuko aribo bubitsweko ibiganza   mu gikorwa c’ukwitangira aboro (raba Ibikorwa vy’Abatumwa 6,1-7), ndatumuriye n’abihebeye Imana hamwe n’abakristu benshi b’abarayike bitanga batiziganya ngo Ekleziya itorere inyishu akamo k’aboro, mu maparuwase, mu migwi n’imihari, bahimbaze uyu musi mpuzamakungu nk’igihe kidasanzwe c’ukumenyesha Inkuru Nziza ku buryo bushasha. Aboro baratumenyesha Inkuru Nziza mu kudufasha gutegera ku musi ku musi ubwiza bw’ Ijambo ry’Imana. Ntitwirengagize iki gihe kidasanzwe c’inema y’Imana. Kuri uyu musi, twese nitwifate nk’abafitiye umwenda aboro kugirango tugiye turahanahana ukuboko, haranguke uguhura n’urukiza rufasha gukomeza ukwemera, rugaragaza mu ngiro urukundo, rugatanga n’umwizero mu gutera imbere ata nkomanzi mu nzira aho Kristu aza guhwana natwe.

Bigiriwe i Vatikano, kuwa 3 Ruheshi 2018, aho twibuka Umweranda Antoni w’i Paduwa.

Fransisko
 

                                        «TURI KUMWE N’URWARUKA, TUMENYESHE INKURU NZIZA ABANTU BOSE»

Rwaruka nkunda,

Ndipfuza kuzirikana, kumwe namwe, ubutumwa Yezu Kristu yadushinze. Mu gushikiriza iri jambo nciye kuri mwebwe, nizigiye ko rica rishikira abakristu bose bari muri Ekleziya, bashishikara inzira batoranye mu buzima bwabo  nk’abana b’Imana. Ikintumye nshikiriza iri jambo bose, mu kuganira namwe, ni ikimenyetso c’uko ukwemera kw’abakristu kugumana itoto iyo twiyugururiye ubutumwa Yezu Kristu adushinga. « Ubutumwa burakomeza Ukwemera» , vyanditswe n’umweranda Papa Yohani Paulo wa kabiri, Umupapa yakunze urwaruka akarwereka ko arwitwararitse n’umutima wiwe wose.

Inama y’umuryango yerekeye urwaruka itegekanijwe i Roma muri uku kwezi kw’icumi (iyo nama ubu iriko iraba), ukwezi kwahariwe ubutumwa bw’ugukwiza hose Inkuru Nziza, iduha akaryo nyako ko gutegera, dufashijwe n’umuco w’ukwemera, ico Umukama Yezu ashaka kubabwira mwebwe rwaruka, be nico abwira imibano rukristu aciye kuri mwebwe nyene.

Ubuzima  ni ubutumwa

Umuntu wese ni intumwa n’ubutumwa, kandi nico gituma umuntu aba kw’isi. Gukwegwakwegwa no kurungikwa mu butumwa ni ibintu bibiri umuntu yumva muri we, cane cane akiri muto, nk’ububasha bw’urukundo  rutuma yizigira kuzogira kazoza keza. Ntawurusha urwaruka gutegera ingene ubuzima bukwiye guhurumbirwa. Kwamana akanyamuneza mu vyo ushinzwe ngo isi ibe nziza ni urugamba. Ndazi ibishobora kubera urwaruka umuco be n’ivyorubera umuzimiza, iyo niyumviriye ubuto bwanje, nkiyumvira umuryango wanje mvukamwo, ndibuka ukwizigira gukomeye nari mfise muri kazoza keza. Kubona turi kuri iyi si atari ukubera ububasha bwacu, biradufasha kubona neza ko hari ishaka ry’uwatumye tubaho. Umwe wese ahamagariwe kwiyumvira kuri iri jambo: « Ndi intumwa kuri iyi si, kandi nico  mbereyeho »

Tubamenyesha Yezu Kristu

Ekleziya mu gushikiriza ico yaronse ataco itanze (Raba Matayo 10,8 ; Ibikorwa vy’Abatumwa 3,6), irashobora gusangira na mwebwe urwaruka inzira n’ukuri bibashikana kuguha insiguro nyayo yo kuba kuri iyi si. Yezu Kristu, yapfuye hanyuma akazuka ku bwacu, aritanga ngo tugire umwidegemvyo, ngo dushobore kurondera, kumenya no kumenyesha intumbero y’ubuzima kandi yuzuye. Rwaruka nkunda, ntimuterwe ubwoba na  Yezu Kristu be na Ekleziya yiwe! Niho hari itunga ntangere riha ubuzima akanyamuneza. Ivyo ndabibabwiye mfatiye kuvyo nabayemwo : kubera ukwemera, nararonse ishingiro ry’indoto zanje be n’inguvu zo kuzirangura. Narabonye amagorwa menshi, abavukanyi benshi bateye agahinda kubera ubukene barimwo. Ariko kuwubaho yishimiyeYezu Kristu, amagorwa amutuma agira umutima w’urukundo. Abagabo n’abagore benshi hamwe n’urwaruka baritanga batiziganya gushika mbere n’aho baheba ubuzima bwabo, kubera urukundo bafitiye Inkuru Nziza ya Yezu Kristu, ngo bafashe benewabo. Ku bw’umusalaba wa Yezu Kristu, dutegere umugambi w’Imana wo kwitangira abandi twebwe nyene (raba 1korenti 1,17-25) nk’uburyo bwo kumenyesha Inkuru Nziza ngo isi ironke ubuzima (raba Yohani 3,16). Uwo urukundo rwa Yezu Kristu rururumbamwo ruramuhindura rukongera rukamukuza, akaba umuco umurikira ugaha ingoga umuntu wese (raba 2 korenti 5,14). Twisunze akarorero k’aberanda katwugururira amayira arora ku Mana, ndabatumiriye kwibaza igihe cose muti:«Mu kibanza canje, Kristu yokoze iki?»

Gukwiza hose ukwemera gushika kumpera y’isi (mu bantu bose)

Namwe nyene rwaruka, kubera ibatisimu mwahawe, muri bene umuryango wa Ekleziya, kandi twese hamwe dufise ubutumwa bwo kumenyesha Inkuru Nziza abantu bose. Muriko murakura. Ugukurira mu nema y’ukwemera twagabanye mu masakaramentu y’Ekleziya, bitunywanisha n’urukurikirane runini rw’ivyabona, aho ubwitonzi bw’abatuboneye izuba bucika intahe bukongera bugashigikira uwo wese yugurukiye kazoza. Igishasha urwaruka ruzana gica kiba ugushigikira be n’umwizero kuri uwo wese ari hafi y’intumbero y’ubuzima. Mu kubana bafise imyaka itandukanye mu buzima, ubutumwa bw’Ekleziya ni ubwo guhuza inzaruka zitandukanye, ivyo bigatuma ukwemera Imana n’urukundo dufitiye benewacu biba iremezo ry’ubumwe bushemeye.

Ukwo guhanahana ukwemera ari nawo mutima w’ubutumwa bw’Ekleziya, gushoboka kubera abakundana, ari naho akanyamuneza hamwe n’igishika vyerekana intumbero nyayo y’ubuzima bwuzuye. Ugukwiza hose ukwemera biciye mu gukwegakwega abantu, bisaba imitima yugurutse kandi yaguwe n’urukundo. Urukundo ntirugira imbibe: urukundo rufise ubukomezi nk’urupfu    ( Raba ururirimbo rw’agakura 8,6). Urukundo nyarwo  rukabura imigenderanire y’abantu, ugushinga intahe n’ukumenyesha Inkuru nziza; ruravyura kandi umutima wo gusabikanya n’abatarakira ukwemera, bibereyeho nkuko ukwemera ataco kubamariye mu buzima bwabo, rimwe na rimwe mbere bigenza nk’abansi b’ukwo kwemera. Aho hose abantu babayeho mu mico yabo no mu kwemera kwabo bataramenyeshwa Inkuru Nziza ya Yezu Kristu, badashobora kuronka amasakaramentu Ekleziya ironsa abana bayo, niho twita kumpera y’isi. Abo nibo kuva kw’i Pasika ya Yezu, abatumwa biwe barungitsweko nk’abamisiyonari bazi neza ko Umukama barikumwe, ivyo nivyo twita: « Ukumenyesha Inkuru Nziza mu makungu ». Ku mpera y’isi, ni aho umuntu adahabwa agaciro, hakeneye kumenyeshwa Yezu Kristu, harangwa ukutitaho ukwemera canke aho hari urwanko rw’ivyerekeye ubuzima bwuzuye bukomoka ku Mana. Ubukene bwose bw’ivy’umubiri n’ivy’umutima, ikumirana ryose hagati mu bavukanyi, ivyo vyose ni ingaruka mbi ivuye ku kwanka kwakira Imana n’urukundo rwayo.

Rwaruka nkunda, muri kino gihe aho twita ku mpera y’isi, kuri mwebwe ni ibisanzwe, kubera uburyo ngurukana-bumenyi bwateye imbere, biroroshe kuhashika bitabagoye. Vyose umenga biri hafi yacu kandi bidushikira mu mwanya muto cane. Ariko, umwe wese atitanze uko ashobora kwose, turashobora gushikira benshi cane  mugabo ata sangira-mutima nyakuri ry’ubuzima riba ririho. Ukumenyesha Inkuru nziza gushika ku mpera y’isi, bisaba kwitanga mu muhamagaro twahawe n’uwadushize kuri iyi si (Raba Luka 9,23-25 ). Novuga ko urwaruka rushaka gukurikira Yezu Kristu, igihambaye ari ukurondera kumenya be n’ukwakira umuhamagaro wiwe.

Gushingira intahe urukundo

Ndakenguruka cane kubera ivyo vyose biboneka muri Ekleziya bibafasha guhwana na Yezu Kristu muzima muri Ekleziya yiwe : amaparuwase, amashirahamwe, imirwi y’ubutumwa bw’Ekleziya, imibano y’abihebeyimana, imirimo itandukanye y’ubutumwa bwo kumenyesha Inkuru Nziza. Urwaruka rwinshi ruronka mu gikorwa c’ukwitanga mu kumenyesha Inkuru Nziza uburyo bwo kwitangira abantu bato bato (Raba Matayo25,40), guharanira iteka ry’umuntu no kwamana akanyamuneza ko gukunda no kuba umukristu. Ubwo burorero bw’Ekleziya burerekana ko inyigisho y’umwe umwe atari gusa integuro yo kwiteza imbere we nyene, ariko ko ari iterambere yofata nk’ingabirano Umukama amuhaye ngo ayifashishe abandi. Ubwo buryo buhimbaye bw’ibikorwa vy’abamisiyonari ni intango nyayo, kandi mu gutohoza umuhamagaro, birashobora kubafasha gufata ingingo yo kwitanga rwose mwebwe nyene nk’abamisiyonari.

Mu mitima y’urwaruka rwitanga niho havutse Ubutumwa bw’Ibikorwa vya Papa vyo gukwiza hose Inkuru Nziza, mu ntumbero yo gushigikira ubutumwa bwo kumenyesha Inkuru nziza abantu bose, ivyo bituma haba guteza imbere ubuntu n’imico y’abantu banyotewe ukuri. Ibisabisho hamwe n’imfashanyo  zitanganwa umutima mwiza, bicishijwe mu butumwa bw’Ibikorwa vya Papa vyo gukwiza hose Inkuru nziza, birafasha cane ubutumwa bwa Papa mu kwunganira abakeneye iyo mfashanyo ngo abayironse bashobore gushinga intahe aho baherereye. Nta muntu n’umwe ari mukene gushika aho yobura ico yunganira abandi, igihambaye ni ukwitanga uko ari. Ndakunda gusubiramwo ijambo nashikirije urwaruka rwo mu gihugu ca Shili mvuga nti : « Ntiwigere wiyumvira ko ataco ufise cofasha abandi canke ko ata muntu n’umwe yoba agukeneye; menya ko abantu benshi bagukeneye. Umwe wese muri mwebwe n’abimenye mu muzirikanyi wiwe agire ati: “Abantu benshi barankeneye” .

Rwaruka nkunda, muri uku kwezi kw’icumi turimwo, kwahariwe ubutumwa bwo gukwiza hose Inkuru Nziza, harategekanijwe inama y’umuryango yabahariwe, ni akaryo kandi ko kwitanga ngo mube abashikiriza b’Inkuru Nziza ku bwa Yezu Kristu n’ubutumwa bwiwe gushika kumpera y’isi. Twihetse kuri Bikira Mariya Umwamikazi w’Abatumwa, aberanda Fransisko Xaveri na Tereziya w’UmwanaYezu, hamwe n’umuhimbazwa Paolo Manna, nibadusabire twese bongere baduherekeze imisi yose.

Bigiriwe i Vatikano, igenekerezo rya 20 Rusama umwaka wa 2018, ku musi mukuru wa Pentekoti.


                                                           Papa Fransisko

 

Papa Fransisiko yarashikirije inyigisho y’i Karema y’2018. Ijambo nshimikiro y’iyo nyigisho ni iri : « Urukundo rwa benshi ruzohororokerwa bitumwe n’uko akabi kazobandanya kongerekana » (Matayo 24,12). Muri iyo nyigisho Papa abanza kwongera kwibutsa ico Ikarema itwigisha : Ni « ikimenyetso kigaragaza bwa sakaramentu uguhinduka kwacu », kikamenyesha congera kiduha akaryo ko kugaruka ku Mukama n’umutima wacu wose hamwe n’ubuzima bwacu bwose. Papa akaba yipfuza gutumirira Ekleziya yose kwakira mu buzima bwayo iki gihe c’imigisha y’Imana, icakire mu kanyamuneza no mu kuri.

Afatiye ku kiringo Yezu yavuze amajambo yo mu kigabane ca 24 c’Inkuru Nziza ya Matayo, Papa ariyamiriza abahanuzi b’ibinyoma, akongera akerekana ibimenyetso bibaranga. Abahanuzi b’ibinyoma bamwe bameze nka « bamwe baryosharyosha inzoka kugira ngo bazifate », ni ukuvuga ko bakorera ku bishobisho vy’abantu kugira ngo babahindure babagire abaja babo, baberekeze iyo bashaka hose. Abandi bahanuzi b’ibinyoma bameze nka « ba bangushi » bahendesha abantu inyishu zoroshe kandi zinyaruka ku vyerekeye ububabare, zikamera nk’imiti y’uruhendo ataco imaze na gato.  Ni abashimusi bahendesha abantu ibintu bitagira mvura, usanga babuza abantu gutumbera itunga nyakuri ari ryo rishingiye kuri ibi : agateka ka muntu, umwidegemvyo n’ubushobozi bwo gukunda. Umwe wese muri twebwe ategerezwa gushishoza mu mutima wiwe, agasuzuma neza ko atariko arahungabanywa n’ibinyoma vy’abo bahanuzi b’abangushi.

Papa arafatira ku mvugo ngereranyo y’umwanditsi yitwa Dante Alighieri ashushanya ivy’Umuriro udahera. Agaca atumirira umwe wese kwibaza ingene urukundo rushobora gukonjera muri twebwe, n’ibimenyetso bituburira ko urukundo ruhakwa kuzima muri twebwe.

Ibizimya urukundo, ubwa mbere ni umwina w’amafaranga, kuko ari yo « nyanduruko y’ibibi vyose » (1 Timote 6,10). Hagakurira ukwanka Imana, gurtyo umuntu akanka kuronderera muri we uruhoza, agashima irungu rya nyamwigendako aho kuremeshwa n’Ijambo ry’Imana hamwe n’amasakaramentu. Inyigisho ya Papa irerekana kandi inkurikizi  mbi ihororokerwa  ry’urukundo ritera ku vyaremwe vyose.

Urukundo rurakonjera kandi mu miryango no mu mibano yacu. Papa afatiye ku nyigisho Evangelii gaudium, arerekana ibimenyetso bigaragara vyerekana iryo bura ry’urukundo. Na vyo ni ibi: ukubihirwa n’ivy’Imana umuntu agahimbarwa n’ukwikunda, ukubona vyose n’umutima mubi, umuntu agacika inkokora zo gukora ineza, ugushaka guhungira mu kwibako, maze umuntu akibaza ko icomukiza ari ukuremesha ingwano z’abavukanyi urutavanako, gutwarwa n’agatima k’ivy’isi gatuma umuntu yihambirira ku bisayangana, ivyo vyose bikagabanya umwete wo gukwiza hose Inkuru Nziza yurukiza.  
Mu gihe rero twobona muri twebwe canke aho tubaye ibimenyetso bisa n’ivyo, Papa  atumenyesha ko Ekleziya, umuvyeyi n’umurezi wacu, ituronsa muri kino gihe c’Ikarema umuti uremesha w’igisabisho, w’imfashanyo y’aboro be n’ukwisonzesha, ivyo bikajana n’umuti ushobora kutururira ariko ari wo w’ukuri.

Papa asozera  inyigisho yiwe mu kwibutsa wa  mugambi witiriwe « Amasaha 24 y’Umukama » uduhamagarira guhimbaza isakaramentu ry’ikigongwe mu gihe tuba dushengereye Isakaramentu ry’Ukaristiya. Muri uyu mwaka w’i 2018, uwo mugambi uzorangurwa ku musi wa gatanu igenekerezo rya 9 no ku wa gatandatu igenekerezo rya 10  Ntwarante. Diyoseze yose ikaba isabwe gutegekanya n’imiburiburi isengero imwe izoguma yuguruye amasaha 24 kuri 24 kugira abakristu bazoronke akaryo k’ukuguma bashengereye Ukaristiya kandi bashobore n’ukuronka isakaramentu ry’ikigongwe.

 

 

 

 

 

INYIGISHO YA PAPA FRANSISIKO YEREKEYE IKAREMA Y’UMWAKA W’I 2018

 

« Urukundo rwa benshi ruzohororokerwa bitumwe n’uko akabi kazobandanya kongerekana » (Matayo 24,12)


Bavukanyi,

Ipasika y’Umukama irasubiye kudushikira ! Uko umwaka utashe, ubwiza bw’Imana butegekanya vyose buraduha igihe c’Ikarema ngo tuyitegurire. Ni « ikimenyetso kigaragaza bwa sakaramentu uguhinduka kwacu » [1], kikamenyesha congera kiduha akaryo ko kugaruka ku Mukama n’umutima wacu wose hamwe n’ubuzima bwacu bwose.

N’uyu mwaka nyene, muri rino jambo nshikirije, nipfuza gutumirira Ekleziya yose kwakira mu buzima bwayo iki gihe c’imigisha y’Imana, icakire mu kanyamuneza no mu kuri ; ibi nkaba ndabigize murikiwe n’Ijambo Yezu Kristu ashikiriza mu Nkuru Nziza ya Matayo aho avuga ati : « Urukundo rwa benshi ruzohororokerwa bitumwe n’uko akabi kazobandanya kongerekana » (Matayo 24,12). Iryo jambo riri muri ya nyigisho yerekeye ibihe vy’imperuka Yezu yashikiririza i Yeruzalemu, ku Gasozi k’Imizeti, harya nyene amagorwa y’Umukama yahavuye atangurira. Mu nyishu yahaye umwe mu bigishwa biwe, Yezu yarabuye amakuba adasanzwe, arerekana n’amabi umuryango w’abemera uzocamwo : kubera amakuba ateye agahinda, abahanuzi bamwe bamwe b’ibinyoma bazohenda abantu benshi, gushika mbere n’aho bomera nk’abazimije urukundo mu mitima kandi ari rwo shingiro ry’Inkuru Nziza.


Abahanuzi b’ibinyoma
 
Nituzirikane neza iryo jambo rya Yezu duheze twibaze tuti : mbega abo bahanuzi b’ibinyoma biyerekana mu bimenyetso bimeze gute ?

Bameze nka « bamwe baryosharyosha inzoka kugira ngo bazifate », ni ukuvuga ko bakorera ku bishobisho vy’abantu kugira ngo babahindure babagire abaja babo, baberekeze iyo bashaka hose. Ese ukuntu abana b’Imana batari bake bemera bakareshwa n’abo bangushi babahendesha ibiryohera umubiri bitamara akanya, maze bakavyitiranya n’ubuhirwe ! Mbega bangana iki abagabo n’abagore babaho bahendeshejwe isayangana ry’amafaranga, mugabo ntibabone ko ariko arabagira abaja b’inyungu zidafashe ! Ese ukuntu abantu babaho bibaza ngo barikwiye bagahava biyugarana nka nyabumba?

Abandi bahanuzi b’ibinyoma bameze nka « ba bangushi » bahendesha abantu inyishu zoroshe kandi zinyaruka ku vyerekeye ububabare, zikamera nk’imiti y’uruhendo ataco imaze na gato : urwaruka rwahendeshejwe ibiyayuramutwe rungana iki ? Urwahendeshejwe kwunga imigenderanire « aho umwe akoresha uwundi, atakimukeneye akajugunya nk’uwikura igikatsi », hamwe n’urwahendeshejwe inyungu zihuta mugabo ziciye mu nzira mbi, rungana iki ? Abakizingamiye mu bintu vy’ubuhinga ataho buhuriye n’ubuzima nyakuri bakibaza ngo imigenderanire iciye yoroha kandi ikanyaruka, maze bagahava basanga baguye mu bintu biteye agahinda bidaha insiguro intumbero y’ubuzima, bangana iki ? Abo bashimusi bahendesha abantu ibintu bitagira mvura, usanga babuza abantu gutumbera itunga nyakuri ari ryo rishingiye kuri ibi : agateka ka muntu, umwidegemvyo n’ubushobozi bwo gukunda. Uruhendo rw’ubwishime ni rwo rudutuma twibara uko tutari…, tugahinduka agatwengo k’abahita ; tugahava tugenda akagirire bikanka ko tuvyuka. Kandi ivyo ntibitangaje : Shetani yamye kuva kera ari « umunyakinyoma ikaba na se waco » (Yohani 8, 44), ikama yerekana ikibi nk’iciza, ikinyoma nk’ukuri, ivyo ikabigira kugira ngo ihungabanye umutima w’umuntu. Ni naco gituma umwe wese muri twebwe ategerezwa gushishoza mu mutima wiwe, agasuzuma neza ko atariko arahungabanywa n’ibinyoma vy’abo bahanuzi b’abangushi. Ni ngombwa ko umuntu adatwarwa n’ibihita canke ibisayangana, ahubwo amenyere guhitamwo ibidusigamwo imbuto y’ineza kandi iramba cane kuko ikomoka ku Mana, kandi ikaturonderera ineza y’ukuri.

 

Umutima wakongataye

 

Mu kwigana ivy’umuriro udahera, umwanditsi w’Umutaliyano yitwa Dante Alighieri agerageza kwerekana shetani yicaye ku ntebe ikozwe mu rubura [2]  ; iba mu mbeho y’urukundo rwanizwe. Twibaze rero tuti : urukundo rushobora gukonjera gute muri twebwe ? N’ibihe bimenyetso bituburira ko urukundo ruhakwa kuzima muri twebwe?

Ibizimya urukundo, ubwa mbere ni umwina w’amafaranga. « Erega inyanduruko y’ibibi vyose ni inambu y’amahera » (1 Timote 6,10) ; hagakurira ukwanka Imana, gurtyo umuntu akanka kuronderera muri we uruhoza, agashima irungu rya nyamwigendako aho kuremeshwa n’Ijambo ry’Imana hamwe n’amasakaramentu [3] . Ivyo vyose bihava vyadukamwo uguhohotera abo bose babonwa nk’abahungabanya « ivyo twemera tukagomba gushingirako ». Na bo ni nk’aba tugomba tudondagure : umwana ataravuka, umuntu ageze mu za bukuru kandi arwaye, umwatsi w’indaro, umunyamahanga, hamwe n’uwo wese atwegereye ariko atari mu bo twiteze.

N’ivyaremwe vyose birahava bikaba ivyabona vyinumiye vy’iryo hororokerwa ry’urukundo : isi ihinduka icukiro rirogwa n’imyanda dutana urwangara kugira ngo twunguke vyinshi;  ibiyaga n’amabahari navyo nyene birononekara, maze ubu ho bigategerezwa kumira ibisigarira vy’abantu babigwamwo bariko bararondera icobatungira ubuzima ; ikirere – cotegerejwe mu mugambi w’Imana kuba kiririmba ininahazwa ryayo – usanga kinyuragiramwo ivyuma ata kindi birekura atari imvura y’ibirwanisho bizana urupfu.
 
Urukundo rurakonjera kandi mu miryango no mu mibano yacu. Mu nyigisho natanze yitwa Evangelii Gaudium naragerageje kwerekana ibimenyetso bigaragara vyerekana iryo bura ry’urukundo. Na vyo ni ibi: ukubihirwa n’ivy’Imana umuntu agahimbarwa n’ukwikunda, ukubona vyose n’umutima mubi, umuntu agacika inkokora zo gukora ineza, ugushaka guhungira mu kwibako, maze umuntu akibaza ko icomukiza ari ukuremesha ingwano z’abavukanyi urutavanako, gutwarwa n’agatima k’ivy’isi gatuma umuntu yihambirira ku bisayangana, ivyo vyose bikagabanya umwete wo gukwiza hose Inkuru Nziza y'urukiza [4].

 

None hokorwa iki ?

 

Mu gihe twobona muri twebwe canke aho tubaye ibimenyetso bisa n’ivyo mpejeje kwerekana, twomenya ko Ekleziya, umuvyeyi n’umurezi wacu, ituronsa muri kino gihe c’Ikarema umuti uremesha w’igisabisho, w’imfashanyo y’aboro be n’ukwisonzesha, ivyo bikajana n’umuti ushobora kutururira ariko ari wo w’ukuri.

Mu kumara umwanya mu gisabisho, duha akaryo umutima wacu gusobanura ibinyoma vyinyegeje, bidutuma twihenda twebwe nyene [5], gurtyo tugaheraho turondera uruhoza rwacu ku Mana.  Ni yo Data wacu, ikaba ishaka kuduha ubuzima.

Gutanga ishikanwa rifasha aboro bituma twikuramwo umutima w’umwina w’ivy’isi, tugaheraho tumenyera kubona benewacu : ico ntunze si ic’iwanje jenyene. Ese ingene nipfuza rwose ko uwo mutima wo gutanga ishikanwa ryo gufasha aboro uhinduka ingendo y’ukuri iranga ubuzima bwa twese ! Ese ingene nipfuza rwose ko twogendera ka bukristu ka karorero k’Abatumwa, maze tukabona mw’isangira n’abandi ivyiza vy’Imana yaduhaye uburyo bwo gushingira intahe ubumwe tugize muri Ekleziya. Mfatiye kuri ivyo, nca nsubira kwakira muri jewe ya mpanuro Paulo Mweranda yaha Abanyakorenti abibutsa kwegeranya intererano yo gufasha umuryango wa Ekleziya y’i Yeruzalemu : « Ni iciyumviro ntanze kuko ari co kibabereye » (2 Abanyakorenti 8, 10). Iki gikorwa kirajanye rwose n’igihe c’Ikarema, aho inzego n’imirwi itari mike vyegeranya intererano zifasha ama Ekleziya n’imice y’abantu iri mu bihe vy’amananiza. Ariko kandi ndipfuza rwose ko no mu bihe bisanzwe bijanye n’ubuzima bwa misi yose, hagize umuvukanyi ari mu mananiza akadusaba imfashanyo, twoboneraho ko duhamagiriwe gufashanya n’urukundo rw’Imana : imfashanyo yose dutanze iba iduhaye akaryo ko gufashanya n’urukundo rw’Imana ku bana bayo ; mu gihe iduciyeko muri ino misi ikadukoresha kugira ngo ifashe umuvukanyi, yoreka gute gutegekanya ukuntu izoturemesha mu bukene bwacu, yo itigera itsindwa mu kugira ivyiza?[6]  

Ukwisonzesha na kwo kuragabanya rwose ingoga z’uguhohotera abandi. Kuratwambura ibirwanisho kukatubera inzira yo gukura mu vy’Imana. Ku ruhande rumwe, kuradufasha kwumva muri twebwe umubabaro wa barya batagira ic’epfo n’ica ruguru mu bintu ntabanduka bitunga umuntu maze bakamana inzara ya misi yose ; ku rundi ruhande na ho, kurerekana akaranga k’umutima wacu wama ufise inzara y’ubwiza bw’Imana, ukamana inyota y’ubuzima bw’Imana yo nyene. Ukwisonzesha kuradukangura, kukadutuma turushirizaho kwitaho Imana na benewacu, kukadukaburira kugamburuka ishaka ry’Imana, ari ryo ryonyene rishobora kutumara inzara.
 
Ndipfuza ko iri jwi ndiko ndatera rirengera imbibe za Ekleziya Gatolika, rigashikira abantu mwese aho muri, abagabo n’abagore bipfuza ineza, umutima wabo wugurukiye kwumviriza Imana. Nimwaba mubabajwe n’igwirirana ry’ikibi mw’isi nk’uko na twe bitubabaje, nimwaba muterwa umwitwarariko n’iyongerekana ry’ugukanya kw’imitima ica yiberaho gurtyo ntihagire igikorwa ciza ishira mu ngiro, nimwaba mubona ko umutima w’ubuntu ugenda ugabanuka mu bantu, nimuze dushire hamwe kugira ngo twese dusabe Imana, twese twisonzeshe kandi twese dutange ivyo dushoboye kugira ngo dufashe benewacu bagowe !

 
Urumuri rwa Pasika

 

Ndatumiriye cane cane abagize umuryango w’Ekleziya gutangurana umwete iyi nzira y’igihe c’Ikarema, bashigikiwe n’imfashanyo y’aboro, ukwisonzesha n’igisabisho. Naho tubona umengo akariro k’urukundo kagenda kazima mu mitima myinshi, ivyo ntibishobora gushikira umutima w’Imana ! Imana yama iduha uburyo bushasha kugira ngo dusubire gukunda.

Wa mugambi witiriwe « Amasaha 24 y’Umukama » uduhamagarira guhimbaza isakaramentu ry’ikigongwe mu gihe tuba dushengereye Isakaramentu ry’Ukaristiya, uzokwongere utubere uno mwaka akaryo kabereye ko gusubira ku Mana. Muri uyu mwaka w’i 2018, uwo mugambi uzorangurwa ku musi wa gatanu igenekerezo rya 9 no ku wa gatandatu igenekerezo rya 10  Ntwarante, tukazofatira ku majambo y’Izaburi y’i 130 : « Ariko ikigongwe kibarizwa iwawe » (Izaburi 130, 4). Mu ma diyosezi yose, hazoba hari n’imiburiburi isengero imwe yuguruye amasaha 24 kuri 24 izoshobora guha akaryo abakristu ngo bagume bashengereye Ukaristiya kandi bashobore n’ukuronka isakaramentu ry’ikigongwe.

Mw’ijoro rya Pasika, tuzosubiramwo wa mugirwa wigisha vyinshi w’itara rya Pasika : mu gukwiza « umucanwa mushasha », umuco uzokwirukana buhoro buhoro umwijima maze urasire ku gihugu c’Imana caje guhimbaza liturjiya ya Pasika. « Ese umuco wa Kristu azukiye mu buninahazwa wokwirukana umwijima mu mutima wacu no mu bwenge bwacu »[7] maze twese dushobore kwumva vya vyiza vyashikira abigishwa b’i Emawusi : kwumviriza ijambo ry’Umukama n’ugufungura umukate w’Ukaristiya bize bifashe umutima wacu gusubira kururumba mu kwemera, ukwizigira n’urukundo.
    
Ndabahezagiye bivuye ku mutima kandi ndabasabira. Ntimwibagire namwe kunsabira.


Bigiriwe i Vatikano, ku wa mbere Munyonyo 2017
Umusi Mukuru cane w’Aberanda bose

FRANSISIKO

 

 

 

Iyi Nyigisho yahinduwe mu kirundi n’Ibiro vy'Abepiskopi gatolika bishinzwe ubutumwa
bw'ugukwiza hose Inkuru nziza


[1]    Texte original en italien: “segno sacramentale della nostra conversione”, in: Messale Romano, Oraison Collecte du 1er dimanche de carême. N.B. Cette phrase n’a pas encore été traduite dans la révision (3ème), qui est en cours, du Missel romain en français.
[2]    « C’est là que l’empereur du douloureux royaume/de la moitié du corps se dresse hors des glaces » (Enfer XXXIV,28-29).
[3]    « C’est curieux, mais souvent nous avons peur de la consolation, d'être consolés. Au contraire, nous nous sentons plus en sécurité dans la tristesse et dans la désolation. Vous savez pourquoi ? Parce que dans la tristesse nous nous sentons presque protagonistes. Mais en revanche, dans la consolation, c’est l’Esprit Saint le protagoniste ! » (Angelus, 7 décembre 2014).
[4]   Nn. 76-109
[5]    Cf Benoît XVI, Lett.Enc. Spe Salvi, n. 33
[6]    Cf Pie XII , Lett. Fidei donum, III
[7]    Missel romain, Veillée pascale, Lucernaire

Le Pape François a publié le message du Carême 2018  qui a pour thème : « À cause de l’ampleur du mal, la charité de la plupart des hommes se refroidira » (Mt 24, 12). Dans ce message, le Pape commence par préciser  encore une fois le sens du Carême : Il est le « signe sacramentel de notre conversion », qui annonce et nous offre la possibilité de revenir au Seigneur de tout notre cœur et par toute notre vie. Le Pape souhaite dans ce message inviter l’Eglise entière à vivre ce temps de grâce dans la joie et en vérité.

Partant du contexte dans lequel Jésus s’exprime dans le chapitre 24 de l’Evangile de Saint Matthieu, le Pape dénonce les faux prophètes et indique leurs traits caractéristiques. Selon le Pape, certains faux prophètes sont comme des « charmeurs de serpents », c’est-à-dire qu’ils utilisent les émotions humaines pour réduire les personnes en esclavage et les mener à leur gré. D’autres sont des « charlatans » qui offrent des solutions simples et immédiates aux souffrances, des remèdes qui se révèlent cependant totalement inefficaces. Ce sont des escrocs, qui offrent des choses sans valeur, privent par contre de ce qui est le plus précieux : la dignité, la liberté et la capacité d’aimer. Chacun de nous est ainsi appelé à discerner en son coeur et à examiner s’il est menacé par les mensonges de ces faux prophètes.
En se référant à l’image de Dante Alghieri dans sa description de l’Enfer, le Pape François invite chacun à se demander comment la charité se refroidit en nous  et à identifie les signes qui nous avertissent que l’amour risque de s’éteindre en nous.

Ce qui éteint la charité c’est avant tout l’avidité de l’argent, « la racine de tous les maux » (1Tm 6, 10). Elle est suivie du refus de Dieu, et donc du refus de trouver en lui notre consolation, préférant notre désolation au réconfort de sa Parole et de ses Sacrements. Le message indique comment le refroidissement de la charité produit aussi des effets négatifs sur la création.

L’amour se refroidit également dans nos communautés. En se référant à l’Exhortation Apostolique Evangelii Gaudium, le Pape François décrit les signes les plus évidents de ce manque d’amour: l’acédie égoïste, le pessimisme stérile, la tentation de l’isolement et de l’engagement dans des guerres fratricides sans fin, la mentalité mondaine qui conduit à ne rechercher que les apparences, réduisant ainsi l’ardeur missionnaire.

Si nous constatons en nous-mêmes ou autour de nous ces signes ci-haut décrits, c’est que l’Eglise, notre mère et notre éducatrice, nous offre pendant ce temps du Carême, avec le remède parfois amer de la vérité, le doux remède de la prière, de l’aumône et du jeûne.

Le Pape termine son message en rappelant l’initiative des « 24 heures pour le Seigneur », qui nous invite à célébrer le sacrement de Réconciliation pendant l’adoration eucharistique. Cette initiative se déroulera cette année les vendredi 9 et samedi 10 mars,  et chaque diocèse est invité  à laisser au moins une église ouverte pendant 24 heures pour offrir la possibilité de l’adoration eucharistique et de la confession sacramentelle.

Cliquer ici pour télécharger le message.


Ku musi wa mbere igenekerezo rya mbere Nzero 2018, ni Umusi Mpuzamakungu w’amahoro ugira uwa 51. Nyenubweranda Papa Fransisiko yarashikirije Ijambo ry'uwo musi rishimikiye kuri iri hangiro: “Abimukira n’impunzi: ni abantu baharanira kuronka amahoro”
Iryo Jambo ryarahinduwe mu kirundi, naryo ni iri rikurikira:

 

 

IJAMBO RYA NYEN’UBWERANDA PAPA FRANSISIKO RIJANYE N’UGUHIMBAZA UMUSI MPUZAMAKUNGU W’AMAHORO

Igenekerezo rya mbere Nzero 2018

Abimukira n’impunzi : ni abantu baharanira kuronka amahoro

 

1.    Ndabipfurije amahoro

 

Amahoro n’asage abantu bose be n’ibihugu vyose vyo kw’isi ! Ayo mahoro abamarayika bamenyesheje abungere mw’ijoro rya Noheli [1] ni icipfuzo nkoramutima c’umuntu uwo ariwe wese n’abantu bose, cane cane abaruhijwe n’ukuyabura. Muri abo bantu numva mfise ku mutima nkabamiza no mu gisabisho canje, nagomba nibutsemwo abarenga imiliyoni 250 b’abimukira kw’isi, muri bo imiliyoni 22 n’igice bakaba ari impunzi. Nk’uko umukundwa nasubiriye Nyen’ubweranda Papa Benedigito wa 16 yavyemeje, abo bantu « ni abagabo n’abagore, abana, urwaruka n’abantu bageze mu za bukuru baba bariko bararondera aho bokwibera mu mahoro »[2]. Kugira ngo bashobore kuronka aho hantu, benshi muri bo baremera bagahangara n’ibishobora kubakwegera urupfu mu rugendo kenshi na kenshi ruba rurimwo imitego n’ivyica vyinshi ; baremera umuruho n’ububabare, bagatumbera za nzitiro z’intsinga zitaburana n’inzitiro z’impome zadugijwe kugira ngo zizibire inzira yobashikana iyo berekeza.

Tubitumwe n’umutima w’impuhwe n’ikigongwe, turabumbatiye abo bose bahunga ingwano n’inzara canke abo bagondozwa bagaheba amatongo yabo kubera ugukumirwa, uguhamwa, ubworo canke itituka ry’isi yari ibatunze n’iyononekara ry’ibibakikije.

Turazi neza ko kwugururira umutima ububabare bw’abandi bidahagije. Hazokenerwa gukorwa vyinshi kugira ngo benewacu bashobore gusubira kubaho mu mahoro, bafise indaro ibaha umutekano. Guha ikaze uwundi bisaba kwitanga biboneka, hakaba urunani rw’ugufashanya n’ukwitanaho, abantu bagakerebuka mu gufashanya kandi batahurana, bagasangira igikorwa co gutorera inyishu inzitane z’ingorane ziba ziyongereye ku zari zihasanzwe, hamwe n’uburyo bw’ukwitunga bwama budakwiye. Bisunze ingendo y’ugutegekanya, abarongozi b’intwaro z’ibihugu bomenyera guha ikaze abantu babagana, bakabateza imbere, bakabakingira, bakabanywanisha n’abasangwa mu gushiraho amategeko abitunganya « mu buryo bujanye n’ineza y’ukuri y’abasangwa bashinzwe … (kugira) ngo banywane »[3]. Ni ko barafise ibanga ryo gutunganiriza imibano y’abasangwa bajejwe, bakubahiriza amateka yabo, bitaho n’iterambere ryiza kugira ngo ntibabe nka wa mwubatsi atazi gutegekanya vyananiye guheza umunara yari yatanguye kwubaka [4].

 

2.    Ni kuki hari impunzi n’abimukira ku rugero runini ?

 

Mu kwitegurira ya Yubile nkuru y’imyaka 2000 kuva abamarayika batangarije ya nkuru y’amahoro i Betelehemu, umweranda Yohani Paulo wa kabiri yamenyesheje ko igitigiri kiguma ciyongera c’impunzi ari « inkwirikizi y’urutavanako ruteye agahinda rw’ingwano, ugushamirana, ihonyabwoko, "ukugomba kunyikiza abantu b’ubwoko bunaka" » [5] kwaranga ikinjana ca 20. Iki kinjana turimwo ntikirafata iyindi ntumbero : Amatati yikora ku birwanisho hamwe n’ubundi bugizi bwa nabi bukibandanya butuma hama abateshwa utwabo bagata ingo haba mu gihugu hagati canke abajabuka imbibe z’ibihugu bagahungira mu bindi bihugu.

Mugabo abantu barafata inzira zigana ibindi bihugu kubera n’izindi mvo, ariko hose bagenzwa  n’ishaka ryo « kurondera ubuzima bwosumba ubundi, bakibaza ko basize inyuma "umutima w’ukwihebura" kuko babona bagumye aho bari ata kazoza bahafise» [6]. Bamwe bajanwa n’uguhamvya imiryango yabo yagiye, abandi bakajanwa n’ukurondera akazi canke aho biga : abantu badashoboye gutunganirwa muri ivyo ntibashobora kwumva ko babayeho mu mahoro. Hanyuma, nk’uko nabishikirije muri ya nyigisho Laudato Si’, « iyongerekana ry’igitigiri c’abimukira bahunga ubukene, ivyo bikunyurwa n’itituka ry’ibidukikije, birateye agahinda gakomeye» [7].

Abenshi mu bimukira baca mu nzira zisanzwe zizwi mu mategeko, ariko hari n’abandi baca mu zindi nzira, cane cane bigatumwa n’ukwihebura mu gihe igihugu cabo batacumvamwo umutekano ubahumuriza canke ngo bakironkemwo ibibatunga, bagasanga inzira zo kwimuka zijanye n’amategeko zizibiye, canke zirimwo amananiza zigasaba kuzembagirika igihe kirekire.

Mu bihugu vyinshi abahunga batumbera, amajambo yakwirakwijwe usanga aguma agaruka ku guhungabanya umutekano w’ivyo bihugu canke ku muzigo ivyo bihugu bica vyiremeka mu bijanye n’ubutunzi iyo vyakiriye izo mpunzi, gurtyo ntibikunde kwubahiriza agateka ka zina muntu gategerezwa kwubahirizwa muri bose kuko baguma ari abana b’Imana. Abitwaza ubwoba buterwa n’abimukira, kenshi usanga babiterwa n’imvo za politike. Aho gushigikira amahoro usanga bariko barabiba ivyo gukoresha igikenye, amacakubiri afatiye ku moko, urwanko rwa ba kavantara, ivyo vyose bikaba bitera umwitwarariko ukomeye kuri abo bose bafise umutima w’ugukingira zina kiremwa-muntu [8].

Ivyemezo abahinga batanga mu muryango w’ibihugu vyose biragaragaza ko ivy’ukwimuka bizoguma vyigaragaza no muri kazoza. Bamwe babibonamwo inabi yo kwikingira. Ariko jewe, ndabahamagariye kubirabana umwizero, ahubwo bitubere akaryo ko kwubaka kazoza k’amahoro.

 

3. Tubirabane amaso atahura umugambi w’Imana

 

Ubwitonzi bushingiye mu kwemera, bushobora gutahura ko twese tugize « umuryango umwe, baba abimukira canke abasangwa babakira, kandi bose baranganya uburenganzira bwo kubeshwaho n’ivyiza Imana yahaye isi, na vyo bikaba bigenewe bose nk’uko inyigisho ya Ekleziya ijanye n’imibano ibishikiriza. Aha niho hashingiye ukwunga ubumwe n’ugusabikanya » [9]. Aya majambo adutumbereza ya mvugo ngereranyo ya Yeruzalemu nshasha. Ikigabane ca 60 c’Igitabu c’Umuhanuzi Izaya hamwe n’ikigabane ca 21 c’Igitabu c’Ivyahishuwe vyerekana iyo Yeruzalemu nshasha nk’igisagara inzugi zaco zama zuguruye, maze kigaha ikaze abantu bava mu bihugu vyose, nabo bakakiyaga bacongerereza ubutunzi. Amahoro ni yo murongozi waco, ubutungane bukakibera ingingo itunganya umubano w’abakibamwo bose.

Dutegerezwa kandi gutereza amaso atahura umugambi w’Imana ku gisagara tubayemwo, « ni ukuvuga amaso y’ukwemera gushobora kubona iyo Mana igerera muri izo nzu, ayo mabarabara, ivyo bibanza vy’amahuriro (… iguma iteza imbere) ukwunga ubumwe, umuvukano, ukurondera ineza, ukuri, ubutungane »[10] ; mu yandi majambo, mu kuremesha umuhango twaronse w’amahoro.

Mu kuraba abo bimukira n’izo mpunzi, ayo maso azoshobora kubona ko bashika ataco biha : ico baba bafise ni umutima w’ukurinda, n’ingabire ndemanwa zo gutunganya ibi na biriya, ni ingoga zo gukora, ni ivyipfuzo biremye, umuntu atarinze kuvuga itunga ntangere ry’imico kama yo mu bihugu barukiyemwo. Gurtyo baca batungisha ibihugu bibakiriye. Ayo maso azoshobora kubona kandi ubwira bwo gutora inzira nshasha, umutima wo kwihambirira ku bikorwa hamwe n’umutima wo kurinda umubabaro w’abantu benshi, w’imiryango n’iyindi mirwi y’abantu mu mice itandukanye y’isi bugururira imiryango n’imitima yabo abimukira n’impunzi n’aho ubutunzi atariko bwoba bushemeye rwose.

Ayo maso ashobora kubona umugambi w’Imana ni yo ashobora kumurikira abashinzwe gutunganiriza igihugu kugira ngo baremeshe indinganizo za politike zorohereza iyakirwa ry’abaje bagana ivyo bihugu « gushika ku rugero rwose rushoboka uravye n’ineza y’abenegihugu b’abasangwa » [11], n’ukuvuga ko umuntu araba imice yose y’ibikenewe ku bagize umuryango umwe rudende w’abantu hamwe n’ineza y’umuntu uwo ariwe wese.

Abamurikirwa na bene ayo maso bazoshobora kubona imbuto z’amahoro mu biriko biraba, babonereho no kwihatira kuyaremesha. Bazoba bariko barakomeza inganda z’ukuremesha amahoro mu bisagara vyacu kenshi usanga birangwa n’amacakubiri, bigafutanywa n’ingwano usanga zishingiye ku kwinuba abimukira n’impunzi.

 

4.    Inkingi zine zo kwubakirako

 

Guha abasaba ubuhungiro, impunzi, abimukira n’abagorewe mu rudandazwa rw’abantu akaryo ko gusubira kuronka amahoro banyotewe, bisaba ko harabwa neza inkingi zine, ari zo z’izi : kwakira, gukingira, guteza imbere n’ugushikana mu birekuriwe umwenegihugu [12].

« Kwakira » gushingiye ku kwibutsa ko bikenewe gushinga amategeko yongerereza ububasha bw’ukwinjira mu gihugu, impunzi n’abimukira ntibasubizwe inyuma ngo bagwe ahantu bocumukurira mu kugirirwa nabi n’uguhohoterwa, maze hagatunganywa neza ikingirwa ry’umutekano w’igihugu mu kwubahiriza ikingirwa ry’agateka ka zina muntu mu mice yose yako. Ijambo ry’Imana rirabitwibutsa rivuga riti : « Ntimwibagire kugirira neza abashitsi, kuko bamwebamwe bagize batyo basanga bahaye indaro abamarayika batabizi » [13].

« Gukingira » kwibutsa ko bikenewe kwemeza no gushinga ingingo zo gukingira iteka ntabanduka ry’abo bahunga ikibageramiye, bakarondera aho bikinga ngo baronke umutekano, maze iryo teka rikanabakingira gukoreshwa nk’abaja. Aha mfise ku mutima cane cane ibishikira abagore canke abana usanga vyoroshe ko bashikirwa n’amabi n’ugukubagurwa, ugasanga bafatwa nk’abaja. Imana yoyo ntikumira umuntu n’umwe : «Umukama yama ahagarikira ba kavantara, akaremesha impfuvyi n’umupfakazi »[14].

« Guteza imbere » bijanye n’imfashanyo ihabwa abimukira n’impunzi kugira ngo abo bantu babe mw’iterambere runtu ryuzuye. Mu bintu bishobora kwifashishwa muri ico gikorwa, nagomba nshingire cane cane ku kuntu ari nkenerwa gutunganya ivy’inyigisho y’abana n’iy’urwaruka : muri ubwo buryo, abo bana n’urwo rwaruka ntibazoshobora gusa gukarisha ubwenge n’uguteza imbere ingabirano bahawe n’Imana, bizonabafasha gutumbera abandi bantu mu guteza imbere umutima w’ukuja inama n’ingingo aho kwiyugarana nka nyabumba canke ngo baje mu vyo guhangana bashamirana. Bibliya itwigisha ko « Imana ikunda inyambukira, ikayiha ivyokurya n’impuzu » ; kubera iyo mvo, Bibliya ibandanya ihanura iti : « Murakunde inyambukira yose, kuko mwabaye inyambukira mu gihugu ca Misiri » [15].

« Ugushikana mu birekuriwe umwenegihugu », na kwo gisigura ko impuzi n’abimukira boronswa ububasha bwo kugira uruhara rwuzuye mw’itunganywa ry’ubuzima bw’ibihugu vyabakiriye, ivyo bikabonwa nk’ukwungurana guteza imbere bose n’ugufashanya kwungukira bose mw’iterambere runtu ryuzuye ry’ikibano. Nk’uko Paulo Mweranda yavyanditse : « Kukaba nkako, ntimukiri ba kavantara canke abatsi b’indaro, ahubwo mucuditse n’aberanda, mugize umuryango w’Imana »[16].

 

5.    Intererano isaba ishirwaho ry’amategeko abiri mpuzamakungu

 

Ndipfuza n’umutima wanje wose ko iciyumviro cagaragaye mu mwaka w’i 2018 coshika mu Nama Mpuzamakungu. Cerekeye gutegura n’ukwemeza amategeko abiri mpuzamakungu : rimwe rijanye n’ubwimukira burangwa n’umutekano, butunganijwe neza kandi bugengwa n’amategeko, irindi ryerekeye impunzi. Ayo mategeko yemejwe ku rwego mpuzamakungu yokwifashishwa mu gutanga intererano mu vya politike no mu gushinga ingingo ziyashira mu ngiro. Ni na co gituma bihambaye ko ayo mategeko amurikirwa n’umutima w’impuhwe, ugutegekanya hamwe n’ukutagira umutima uhuha, ivyo bigafasha kugira ngo twame tukoresha uburyo bwose bubonetse ngo turemeshe igikorwa co kwubaka amahoro. Iyo ntumbero ni nkenerwa kugira ngo inyungu ziranga ivya politike mpuzamakungu ntizihave zivyara umutima w’inabi canke kutitanaho.

Kuja inama n’ingingo hamwe no gusenyera ku mugozi umwe ubu ni ngombwa kandi bikaba nkenerwa mu muryango mpuzamahanga. Turengeye imbibe z’ibihugu, biranashoboka ko n’ibihugu bidatunze rwose vyakira impunzi nyinshi canke zakira impunzi neza gusumba uko zabigira mu gihe amakungu yokwemera kubiha imfashanyo zikenewe.

Igisata c’indinganizo y’intwaro y’i Vatikano gishinzwe gukurikirana ibibazo vy’abimukira kiri muri rwa rwego rw’iterambere runtu ryuzuye caratanze ingingo 20 umuntu yokorerako [17] kandi zofasha biboneka mu gushira mu ngiro za nzira zine politike z’ibihugu zoshobora gukorerako, zikongera zikamurikira inyifato n’ibikorwa vy’imibano y’abakristu. Iyo ntererano, co kimwe n’izindi, zigaragaza umwitwarariko Ekleziya Gatolika ifitiye itunganywa ry’indinganizo yoshikana kw’ishirwaho n’Inama Mpuzamakungu rya ya mategeko mpuzamakungu. Uwo mwitwarariko urashimangira umutima w’ukuyobora igihugu c’Imana wamye muri Ekleziya ukaba uciserura mu buryo bwinshi gushika muri ino misi.


6.    Twiteho inzu yacu rusangi

 

Amajambo y’umweranda Yohani Paulo wa 2 aratumurikira : « Niyo icipfuzo c’isi iremeye mu mahoro caraza ishinga abantu benshi, niyo intererano y’abimukira n’impunzi yahabwa agaciro, umuryango w’abantu woshobora kuba vy’ukuri umuryango wa bose, iyi si yacu nayo ikaba "inzu rusangi" » [18].

Muri kahise, abantu batari bake bari bafise ku mutima iki cipfuzo, kandi abakigendeye baremeza ko atari indoto itagira ishingiro. Muri abo bantu, ntitworeka kuvuga umweranda Françoise-Xavière Cabrini, twahimbaje muri uno mwaka w’i
2017 ikinjana c’ivuka ryiwe mw’ijuru. Uno musi, igenekerezo rya 13 munyonyo, imibano y’abakristu itari mike iriko iramuhimbaza. Uwo mupfasoni w’ijunja naho yari muto yahebeye ubuzima bwiwe ukwitaho abimukira, anababera umuvunyi mw’ijuru. Yaratwigishije ingene twokwakira, tugakingira, tugateza imbere, tukugururira ivyagenewe abenegihugu abo bene wacu. Twisunze igisabisho ciwe, Imana n’idufashe gutahura mu buzima bwacu ko « ari mu mahoro habibwa ubutungane, na bwo bugaha icamwa cabwo abaharanira amahoro» [19].


Bigiriwe i Vatikano, igenekerezo rya 13 Munyonyo 2017
Ku musi mukuru w’umweranda Françoise-Xavière Cabrini, Umuvunyi w’abimukira

 

Fransisiko

 

 

Iri Jambo ryahinduwe mu kirundi n’Ibiro bishinzwe ukumenyesha Inkuru Nziza mu Burundi


    
[1] Luka 2,14.
[2] Benedigito wa XVI, Angélus, 15 janvier 2012.
[3] Yohani wa XXIII, Lett. enc. Pacem in terris, n. 106.
[4] Raba Luka 14, 28-30.
[5] Yohani Paulo wa  II, Message pour la Journée mondiale de la Paix 2000, n. 3.
[6] Benedigito wa XVI, Message pour la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié 2013.
[7] N. 25.
[8] Cf. Discours aux Directeurs nationaux de la pastorale des migrants participant à la Rencontre
organisée par le Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe (CCEE), 22 septembre 2017.
[9] Benedigito wa XVI, Message pour la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié 2011.
[10] Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 71.
[11] Yohan iwa XXIII, Lett. enc. Pacem in terris, n. 106.
[12] Message pour la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié 2018, 15 août 2017.
[13] Abahebereyi 13, 2.
[14] Izaburi 146, 9.
[15] Ukwibutsa Amategeko 10, 18-19.
[16] Abanyefezi 2, 19.
[17] 20 Points d’action pastorale et 20 Points d’action pour les Pactes mondiaux (2017) voir aussi
Document ONU A/72/528.
[18] Yohani Paulo wa II, Message pour la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié 2004, n. 6.
[19] Yakobo 3, 18.


A l’occasion de la célébration de la 51è Journée Mondiale de la Paix pour le 1er Janvier 2018, le Pape François a publié un message centré sur le thème suivant : «Les migrants et les réfugiés : des hommes et des femmes en quête de paix ». Cliquer ici pour télécharger ce Message.


Du 18 au 20 septembre 2017, Caritas Africa en collaboration avec Caritas Internationalis a organisé à Dakar au Sénégal, une rencontre  à l’intention des Evêques Présidents des Conférences Episcopales et Présidents des Caritas en Afrique, sur le thème : « Organiser le Service de la Charité en Afrique : le rôle des Evêques ».
Cette rencontre fait suite à celle qui s’est tenue à Kinshasa en 2012 sur « l’identité et la mission de Caritas à la lumière de l’Encyclique Deus Caritas Est »
L’Eglise du Burundi avait été représentée par S.E. Mgr Joachim NTAHONDEREYE, Evêque de Muyinga et Président de la CECAB ; S.E. Mgr Georges BIZIMANA, Evêque Coadjuteur de Bubanza et Président de Caritas Burundi et l’Abbé Jean-Bosco NINTUNZE, Secrétaire Général de Caritas Burundi.
A la fin de la rencontre,  une déclaration finale qui sanctionne les travaux a été publiée. Lire cette Déclaration finale.
Abbé Lambert Niciteretse

Au cours de l’Assemblée Plénière ordinaire de la Conférence des Evêques Catholiques du Burundi tenue dans les enceintes de l’Archevêché de Bujumbura, du 06 au 08 septembre 2017, les Evêques ont élaboré un message adressé aux fidèles et à tous les Burundais. Ils ont ordonné que ce message soit proclamé pendant les messes dominicales de ce 10 septembre 2017.

Ce message porte le titre suivant: « Fondés dans le Christ, oeuvrons pour la paix dans la vérité ». Il s’agit d’un prolongement du message que les Evêques avaient publié le 09 juin 2016 où ils avaient rappelé qu’il ne peut y avoir de paix que fondée dans la vérité et la justice. Le présent message vise principalement à préciser l’identité et la mission de l’Eglise catholique et à donner des conseils au peuple burundais pour trouver des solutions adéquates à la situation d’impasse  que vit le pays.

C’est par l’amour qu’ils  portent pour leur cher pays et en vertu de la mission qui  leur est confiée en tant que successeurs des Apôtres, que les Evêques s’adressent au peuple burundais, en sachant que leur mission spécifique est  d’éveiller les consciences.

Les Evêques précisent que l’Eglise catholique est la famille de Dieu fondée sur Jésus Christ crucifié parce qu’il a refusé de trahir la  vérité et l’amour, qui est mort et ressuscité, s’avérant ainsi la pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs mais qui est devenue pierre d’angle. Il n’y a donc pas d’autre Messie, ni d’autre Sauveur que le monde puisse avoir pour se substituer à Jésus Christ. « L’Eglise que nous formons, insistent les Evêques,  est née sur la croix de l’amour, une fois pour toutes ». « Elle est fondée sur les Apôtres  Saint Pierre et ses compagnons ».

Les Evêques rappellent qu’ils sont les successeurs des Apôtres et que leur rôle est de fortifier l’Eglise en  l’enseignant, en la sanctifiant et en prenant soin d’elle pour qu’elle garde « l’unité  de la foi dans la connaissance du Fils de Dieu», Jésus Christ. C’est ainsi qu’ils interpellent les fidèles catholiques à ne jamais prêter oreilles aux mauvais conseillers qui les incitent à refuser l’interprétation que leurs Evêques leur font de la parole de Dieu et du magistère de l’Eglise en matière de foi et de mœurs ainsi qu’en matière  de  questions sociales. Ils indiquent également l’attitude chrétienne à prendre en ce moment de prolifération de mouvements religieux, de confessions religieuses et de prédicateurs sans mission.

Dans l’interprétation de la Parole de Dieu en matière de mœurs et des questions sociales, les Evêques précisent qu’ils ne peuvent  pas être superficiels mais qu’ils doivent plutôt l’interpréter de manière à la faire pénétrer jusqu’au fin fond de la vie des gens sous toutes ses dimensions. C’est pourquoi rien ne leur est indifférent de la vie du pays.

De cette manière, lorsque les Evêques s’expriment pour donner un enseignement en rapport avec la vie sociale et en éclairant la vie politique par la lumière de leur prédication, cela rentre dans leur propre mission et il ne s’agit nullement d’une ingérence.

C’est dans ce sens que les Evêques donnent quelques conseils aux Burundais pour trouver des solutions adéquates à la situation d’impasse  que vit le pays. Ils insistent encore une fois sur le dialogue inclusif qui doit être privilégié, pour l’intérêt supérieur de la nation et en vue de barrer la route à tous ceux qui voudraient emprunter la voie de la guerre. Ils invitent tous les concernés à participer au dialogue sous la médiation du facilitateur et expriment leur inquiétude une fois que ce dialogue traînait à avoir lieu.

Télécharger le message en kirundi et en français.

Abbé Lambert Niciteretse

 

Inyigisho ya Papa Fransisiko ijanye n’Ikarema y’Umwaka w’i 2017 ishimikiye kuri iri hangiro : « Ijambo ni ingabire. Uwundi ni ingabire ». Papa abanza kwibutsa abakristu Ikarema ico ari co : «  ni igihe c’intango nshasha, ni inzira iturongora gushika aho tugenda tugana ata gukekeranya ariho kw’Ipasika y’izuka, intsinzi ya Kristu atsinda urupfu ». Ikarema ni igihe c’ukwisubirako tugahinduka maze umukristu agaheza akagaruka ku Mana "n’umutima wiwe wose" kugira ntagume anezerezwa gusa n’ubuzima ata gaciro bufise, ariko ashishikare gutera imbere mu rukundo afitaniye n’Umukama Yezu Kristu.
Iyo nyigisho iributsa ibikorwa bikurubikuru umukristu abwirizwa gukora mw’Ikarema : ukwisonzesha, ugusenga n’ibikorwa vy’ikigongwe ariko umuntu ashize imbere ya vyose Ijambo ry’Imana.
Papa abandanya inyisgisho mu kudufasha kuzirikana wa mugani w’umuntu yari atunze  n’umworo Lazaro.

 

 

INYIGISHO YA PAPA FRANSISIKO
IJANYE N’IKAREMA Y’UMWAKA W’I 2017


Ijambo ni ingabire. Uwundi ni ingabire

 

Bavukanyi,
Igihe c’i karema ni igihe c’intango nshasha, ni inzira iturongora gushika aho tugenda tugana ata gukekeranya ariho kw’Ipasika y’izuka, intsinzi ya Kristu atsinda urupfu. Ico gihe c’ikarema  cama kiduhamagarira gishimitse guhinduka : Uwa Kristu arahamagariwe kugaruka ku Mana «  n’umutima wiwe wose » (Yoweli 2,12) kugira ntagume anezerezwa gusa n’ubuzima ata gaciro bufise, ariko ashishikare gutera imbere mu rukundo afitaniye n’Umukama. Yezu Kristu ni we mugenzi  w’intahemuka atigera atuvirira na rimwe, kuko naho twocumura, We aguma aturindiranye umwizero  ko tumugarukako. Mu gihe aturindiriye aguma atwiteze n’igishika c’impuhwe (Tubisanga mu nyigisho ya papa yo ku wa 8/01/2016).
Ikarema ni igihe nyaco kandi kiroranye c’ukunagura ubuzima bw’umutima, ivyo tukabikesha ivyiza vyeranda bitunganywa n’Ekleziya  ari vyo ukwisonzesha, ugusenga n’ibikorwa vy’ikigongwe. Mu ntango ya vyose hariho Ijambo ry’Imana dutumiriwe kwumviriza n’ukuzirikana tubishizemwo umwete mwinshi ujanye n’ico gihe. Nipfuza gushimikira cane cane kuri wa mugani w’umuntu yari atunze  n’umworo Lazaro (turabe Luka 16,19-31). Uyu mugani urimwo inyigisho,  tuwukundire ugire ico udufashije mu kutwigisha uguhinduka nyakuri, uduhe n’urufunguruzo rudufasha gutegera ingene twokora kugira dushikire ubuhirwe nyakuri n’ubuzima budahera.

1.    Uwundi ni ingabire

Umugani utangura werekana abantu babiri bavugwa cane ;  ariko umworo avugwa cane  ku buryo buramvuye : Aboneka ari mu bihe vy’umwiheburo, aho arambaraye  atakigira n’inguvu z’ukuva hasi, akukumba imbere y’irembo ry’umutunzi akarya utuvunguka tw’imikate twakoroka tuva ku meza ya wa mutunzi, umubiri wiwe wari wuzuye ibisebe, imbwa za wa mutunzi nazo zikaza kubirigata (Luka 16,20-21). Ni urukurikirane rw’ibintu vy’umubabaro, aho umuntu acoberezwa  akongera  akamaramazwa.
Ivyerekanwa muri uyu mugani bibandanya bibabaza, mu gihe tubona ko uyu mworo yitwa Lazaro : izina ryiwe ari iry’ amasezerano, rikavuga ko «  Imana iza gufasha ». Uyo avugwa ntareka kumenyekana, kuko afise ibimuranga biboneka ;  yiyerekana nk’umuntu arangwa n’akahise yisangije. N’aho  mu maso y’uwo mutunzi umengo ntaboneka, dusanga we umengo arazwi kandi aramenyerewe, agashusho k’umuntu karaboneka ; uko ari kwose, ni ingabirano, itunga ry’agakura, umuntu azwi, akundwa,  yibukwa n’Imana, naho mu biboneka ari nk’igitabwa c’umuntu (Tubisanga mu nyigisho ya papa yo ku wa 8/01/2016).
Lazaro aratwigisha ko uwundi ari ingabire. Imigenderanire nyayo  hamwe n’abandi irafasha gukenguruka ivyiza ugirirwa n’agaciro kabo. Umworo Lazaro imbere y’irembo ry’umutunzi ntawomubona nk’intambamyi ibuza amahoro, ahubwo aduhamagarira guhinduka   n’uguhindura imibereho y’ubuzima bwacu. Ikintu ca mbere uyo mugani udutumirira, n’ukwugururira uwundi umutima, kuko umuntu uwariwe wese ni ingabire, yaba umubanyi  canke umworo  naho tutoba tumuzi. Ikarema ni igihe nyaco kiroranye c’ukwugururira irembo abo bose bari n’ico bakeneye n’ukubabonamwo agashusho ka Yezu Kristu. Umwe wese muri twebwe ari n’uwo bahura mu rugendo rwiwe. Umuntu muzima wese duhura ni ingabire ikwiye kwakiranwa icubahiro n’urukundo. Ijambo ry’Imana riradufasha kwugurura amaso kugira twakire ubuzima n’ukubukunda, na cane cane iyo ari ubwa ba magara make. Ariko kugira dushobore kubirangura neza, birakenewe ko dutahura neza ico Inkuru Nziza iduhishurira cerekeye urya mutunzi.

2.Igicumuro kiratuma tuba impumyi    

Umugani uragaragaza neza uburyarya buranga uno mutunzi (Raba akarongo 19). Uyo muntu aratandukanye n’umworo Lazaro, nta zina agira, akarangwa gusa n’uko ari « umutunzi ». Ukwiyerekana kwiwe  kubonekera mu nyambaro z’igiciro zirenze urugero. Impuzu y’umuyugubwe yambara yari n’agaciro kanini, gasumba ak’ifeza n’inzahabu, nico gituma yari igenewe ibigirwamana (Yeremiya 10,9) n’abami (Abacamanza 8,26). Umutamana uremvye bijana washirwa mu bihezagiye. Muri make itunga  rirenze urugero ry’uwo muntu ryariyerekana imisi yose kandi vyari vyarabaye akamenyero : « imisi yose yambara ibisayangana n’iziremvye, akamana n’inzimano » (Luka 6,19). Muri we haboneka ku buryo budasanzwe bw’agashinyaguro ukuntu umuntu asinzikazwa n’ igicumuro cibonekeza mu bihe bitatu bikurikirana :  ugukunda amahera, ubwibone n’ubwishime (Raba Inyigisho ya Papa yo ku wa 20 Nyakanga 2013).
Pawulo mweranda ni we avuga ati : « Erega inyanduruko y’ibibi vyose ni inambu y’amahera » (1 Timote 6,10). Ivyo bituma haba itituka ry’akaranga, inkomoko y’ishari, amatati n’ukwikekana. Amahera arashobora kuturengera agahindukira kutubera ikigirwamana gifise ububasha bubi buturengeye ( Raba inyigisho Evangilii Gaudium, n.55). Aho yobaye igikoresho kitwunganira mu gukora ineza n’ugufashanya n’abandi,  amahera arashobora kutugira abaja, eka mbere n’isi yose, ukwigungirako akaba arikwo kwiganza ntiguhe ikibanza urukundo, ahubwo kukaba intambamyi y’amahoro.
Umugani w’umutunzi n’umworo Lazaro uratwereka kandi ko inambu y’ivy’isi ituma umutunzi yishira hejuru. Akaranga kiwe gaherera mu kwiyerekana, mu kwereka abandi ivyo wewe ashobora kwiha. Ariko ivyo umuntu abona n’amaso birahisha ivyo umuntu abuze muriwe. Ubuzima bwiwe buguma buboshwe n’ibiboneka mu buryo budafashe, bigarukira aho amaso ashika kandi bikamara  igihe gito c’ukubaho (Raba inyigisho Evangelii Gaudium, n.62).
Urugero rwa nyuma rw’itituka ry’imigenzo myiza umuntu yotegerejwe kwisunga ni ubwishime. Uno mutunzi yambara nk’umwami, akigana ikigirwamana, yiyibagiza kubaho nk’uwuzopfa. Ku muntu yatwawe umutima n’umwina w’amatungo, kuri we nta kindi kiba kikiriho  atari ukwiraba, bigaca bituma abo babana ataba akibabona. Ukwo kwihambirira ku mahera kwamukamwo uruhumyi rw’umutima : uno mutunzi ntabone wa mworo yishwe na kigoyi, yuzuye ibikomere kandi aremerewe n’agakengerwe.
Umaze kwihweza uyo muntu, uca utegera igituma Ijambo ry’Imana ryiyamiriza rishimitse  umunoho w’amahera. « Ntawoshobora gukorera ba shebuja babiri, kuko yohava yanka umwe agakunda uwundi, canke yohava ashima umwe, akanebagura uwundi. Ni co gituma mutoshobora gukorera Imana n’amahera » (Matayo 6,24).

3.Ijambo ni ingabire

Inkuru Nziza y’umutunzi n’umworo Lazaro iradufasha kwitegurira umusi mukuru wa Pasika wimirije. Amasabamana yo ku musi wa gatatu w’iminyota aradutumirira kubaho mu kwumva neza ivyashikiye  uwo mutunzi mu buryo buteye agahinda. Umusaseredoti mu gusiga iminyota ku mutwe asubiramwo amajambo akurikira : « Ibuka ko wavuye mw’ivu, kandi uzosubira mw’ivu ». Umworo n’umutunzi amaherezo bose barapfa, n’igice kinini c’uyo mugani kibandanya kitwereka ubuzima bwakurikiye. Abo bantu babiri barashitse aho bategera ko « ataco twazanye kw’isi, kandi ataco dushobora kuyikurako » ( 1 Timote 6,7).
Amaso yacu dutegerezwa kuyerekeza ku buzima buzokurikira, aho umutunzi ahamagara Ibrahimu ngo « Dawe » bakaganira, yerekana ko nawe ari mu muryango w’ab’Imana. Ibi birerekana ko ubuzima bwiwe bwari igihushanye, kuko gushika ng’aha atacigeze kivugwa cerekeye imigenderanire yiwe n’Imana. Mu buzima bwiwe nta kibanza c’Imana cigeze kibaho, kuko niwe yamye yigira ikigirwamana.
Amaganya yashikiye wa mutunzi amaze gupfa niyo yatumye yibuka Lazaro, akamuhamagara   ngw’azane amazi makeyi ahoroshe ububabare bwiwe. Ivy’umutunzi yatakamvye asaba Lazaro, bisa n’ivyo  yari kumugirira  akiri kw’isi, ariko atigeze arangura. Aburahamu arabimusigurira avuga ati :«  Mwana, ibuka ko waronse itunga ukiri kw’isi, Lazaro nawe akaronka amagorwa. Ubu rero ariko arahozwa, nawe uriko urababara » (Luka16,25). Ubuzima bw’inyuma y’urupfu busubiza ibintu mu buryo bwisunze ubutungane, amarushwa yaranga ubuzima agasubirizwa  ineza.
Uyu mugani ufise inyigisho ishika kure ugashikiriza urtyo ubutumwa abakristu bose. Kukaba nkako, uyu mutunzi afise abo bavukana bakiri bazima asaba Aburahamu kurungika Lazaro ngo agende abagabishe ;  ariko Aburahamu amwishura ati : «  Barafise Musa n’abahanuzi, ni babumvire » (Luka16,29).
Umutunzi atanyuzwe, Aburahamu yongerako ati : «  Nibatumvira Musa n’abahanuzi, n’aho hogira uwuzuka ava mu bapfuye ntibojijuka » (Luka 16,31).
Ni ng’aha haca hibonekeza ingorane nyamukuru y’umutunzi : inyanduruko y’amabi yose ishingiye mu kutumviriza Ijambo ry’Imana ; bigaca bimushikana ku kudakunda Imana, akagirako agakengera uwo bari kumwe.
Ijambo ry’Imana ririmwo ububasha bukomeye, rishobora gukabura mu bantu umutima w’uguhinduka, rigasubira kwerekeza umuntu ku Mana. Gukomantaza umutima wawe ku ngabire y’Imana ituyagira bifise inkurikizi mbi ituma duca twiyugara, ntitwiyugururire ingabire y’umuvukanyi.
Bavukanyi, ikarema ni igihe nyaco kiroranye kitugira bashasha mu guhwana na Yezu Kristu ari muzima mw’Ijambo ryiwe, mu masakramentu yiwe no mu bo duhwana. Umukama Yezu yamaze imisi mirongo ine mu bugaragwa agatsinda imitego y’umwosha mubi aratwereka inzira twojana. Mutima Mweranda n’adufashe gutumbera inzira y’uguhinduka dushobore gusubira gutegera ingabirano y’Ijambo ry’Imana, durtyororwe igicumuro kitugira impumyi, maze dufashe Kristu ari mu bavukanyi bakeneye gufashwa. Ndaremesheje aba-Kristu bose ngo bagire ishaka ry’ukurondera guhinduka, bafashanye n’abandi  mur’iki gihe c’ikarema, aho mu mirwi myinshi itandukanye y’Ekleziya barondera gufasha guteza imbere uwo mugenzo wo guhwanira mu muryango umwe w’abantu. Dusabiranire twese kugira ngo mu ntsinzi ya Kristu, tumenye kwugururira amarembo yacu ba ntamagara n’aboro.
Gurtyo ni ho tuzoshobora kubaho n’ugushingira intahe vy’umwuzurira akanyamuneza k’izuka rya Kristu.

Bigiriwe i Vatikano, ku wa 18 Gitugutu 2016,
Umusi mukuru wa Luka mweranda, umwanditsi w’Inkuru Nziza.


FRANSISIKO

 

 

Iyi Nyigisho yahinduwe mu kirundi n’Ibiro vy'Abepiskopi gatolika bishinzwe ubutumwa
bw'ugukwiza hose Inkuru nziza.

 

 

Le message du Carême 2017 que le Pape François propose aux fidèles  a pour thème: « La Parole est un don. L’autre est un don ». Le Pape commence par  rappeler le sens du Carême : « c’est un nouveau commencement, un chemin qui conduit à une destination sûre : la Pâques de la Résurrection, la victoire du Christ sur la mort ». Le Carême est un temps de conversion où le chrétien est appelé à revenir à Dieu « de tout son cœur » pour ne pas se contenter d’une vie médiocre, mais grandir dans l’amitié avec le Seigneur. Le message rappelle les trois actes de pénitence : le jeune, la prière et l’aumône tout en mettant au centre la Parole de Dieu.
Le Pape développe son message  par la méditation sur la Parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare.
Cliquer sur Message pour le télécharger.

 

Abbé Lambert Niciteretse

Conférence des Evêques Catholiques du Burundi

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