UN NOUVEL ACCORD DE PARTENARIAT ENTRE L’EGLISE ET  L’ETAT DU BURUNDI : OPPORTUNITE D’INTEGRER LE PACTE EDUCATIF AFRICAIN DANS LE PROJET EDUCATIF

UN NOUVEL ACCORD DE PARTENARIAT ENTRE L’EGLISE ET  L’ETAT DU BURUNDI : OPPORTUNITE D’INTEGRER LE PACTE EDUCATIF AFRICAIN DANS LE PROJET EDUCATIF

 En date du 25 février 2026, dans les enceintes de l’Archidiocèse de Bujumbura, s’est tenue la première réunion regroupant les membres de la Commission Episcopale pour l’Education Catholique (CEEC), récemment nommés par le Président de la Conférence des Evêques Catholiques du Burundi. La réunion était présidée par Son Excellence Monseigneur Gervais, Archevêque de Bujumbura et Président de la CEEC.

Dans son mot d’introduction, le Président de la CEEC a signifié que la rencontre était organisée en vue de donner la définition et décrire la composition ainsi que la mission de cette commission.

Monseigneur Gervais BANSHIMIYUBUSA a présenté la CEEC comme l’une des commissions épiscopales de la CECAB, qui est un organe d’étude et de réflexion dans le domaine de l’éducation qui fait des propositions à la Conférence des Evêques. Précédemment, cette commission était appelée « Commission Episcopale pour l’Education chrétienne » mais elle est dénommée aujourd’hui « Commission Episcopale pour l’Education Catholique. »

Il a, ensuite, indiqué que la composition de cette commission prend en compte toutes les forces vives qui interviennent en matière d’éducation en provenance de l’Eglise. Il s’agit entre autres des représentants des huit diocèses de l’Eglise du Burundi, la Coordinatrice Nationale du Pacte Educatif Africain, les représentants des congrégations religieuses éducatives, les représentants des parents, les représentants des directeurs d’écoles, un Représentant des Instituts Supérieurs, des petits séminaires et du projet « Université catholique du Burundi ».

La mission de cette commission s’inscrit dans le souci de mener des études et réflexions qui vont dans le sens de la pastorale d’ensemble définie par la CECAB dans le domaine de l’éducation.

Selon les propos de Monseigneur Gervais, la CECAB a défini ce qu’elle entend faire en matière d’éducation dans un document appelé « Orientations de l’enseignement catholique au Burundi » signé 1990, publié en 1991.

En effet, l’Eglise se base sur l’enseignement contenu dans « Gravissimum Educationis » du Concile Vatican II, où elle a défini son projet en y indiquant les valeurs sur lesquelles on doit s’appuyer, les intervenants, et les moyens à mettre en œuvre pour réussir ce projet. L’église au Burundi doit tenir en compte les défis et opportunités qu’elle rencontre au niveau local et au niveau de l’Eglise Universelle. L’objectif de la rencontre était alors de s’imprégner du contenu de ce document.

Il avait été demandé à Sœur Marie Goretti NIZIGIYIMANA, Point Focal du Pacte éducatif africain au Burundi, de faire le point sur le Projet éducatif de l’Eglise au Burundi et d’en proposer l’actualisation. Egalement, il avait été demandé à Monsieur l’Abbé Aristide NDYABUHEZE, Secrétaire de la CEEC et Directeur du Bureau National de l’Education Catholique (BNEC), de présenter l’actuel « Accord Spécifique entre l’Etat du Burundi et la Conférences Des Evêques Catholiques du Burundi dans le Domaine de l’Education » en mettant en exergue les changements au regard de l’ancienne Convention scolaire signée en 1990.

Prenant la parole, Sœur Marie Goretti NIZIGIYIMANA a parlé de l’Opportunité d’une mise à jour du Projet Général d’Education Humaine et Chrétienne de l’Eglise Catholique au Burundi (cf. Art 9 de l’Accord spécifique).

Elle a d’abord présenté le cadre référentiel constitué essentiellement des nouvelles orientations du Magistère dans le domaine de l’éducation et des axes du Pacte Educatif GlobalElle a ensuite présenté le contexte éducatif au Burundi en soulignant les atouts, les défis et les perspectives.

Selon la conférencière, le contexte éducatif burundais a été décrit dans le rapport des états généraux de l’éducation au Burundi (du 14 au 16 juin 2022), où on a unanimement déploré la dégradation du niveau scolaire. Partant de ce rapport, Sœur Marie Goretti Nizigiyimana a relevé les atouts et les défis à prendre en considération pour mettre à jour le projet éducatif de l’Eglise par l’école au Burundi.

Par son action éducative, l’Eglise veut accomplir la mission que lui a confiée son divin fondateur, qui est « d’annoncer à tous les hommes le mystère du salut et tout restaurer dans le Christ ». Elle doit se soucier de la vie humaine dans son intégralité et même de la vie terrestre en tant qu’elle est liée à la vocation céleste, aussi a-t-elle un rôle à jouer dans le progrès et le développement de l’éducation » (Gravissimum Educationis No 8). La présence de l’Eglise dans le domaine scolaire se manifeste à un titre particulier par l’école catholique.

L’Eglise doit aussi mettre l’apprenant au centre de l’action éducative à tous les niveaux : il s’agit d’aider les personnes à découvrir le sens de la vie, la dignité inaliénable et la responsabilité envers les autres.

Par ailleurs, une alliance éducative doit se manifester. Car « Il faut tout un village pour élever un enfant ». Ainsi donc, les parents doivent être considérés comme premiers et principaux éducateurs, étant donné qu’ils ont donné la vie à leurs enfants (Gravissimum…, n.3). Ils collaboreront avec les éducateurs scolaires qui devront s’inspirer du projet éducatif spécifique dans leurs comportements et actions. Les cadres de l’Etat et ceux de l’Eglise devront faire preuve d’une bonne collaboration

Sœur Marie Goretti a fait savoir qu’il a été proposé que les universités exploitent les 7 axes développés dans le Pacte éducatif global par le Pape François en 2019, qui sont entre autres, la mise de la personne au centre du processus éducatif pour faire émerger sa spécificité, l’écoute des jeunes générations pour construire ensemble un futur de justice et de paix, une vie digne de toute personne, la promotion de l’éducation des femmes et filles, la responsabilisation des familles dans l’éducation, l’éducation à l’accueil de tous et surtout des vulnérables et les marginaux, le renouvellement de l’économie et la politique pour les mettre au service de l’homme et de toute la famille humaine dans la perspective d’une écologie intégrale et l’entretien de la maison commune par la protection des ressources, en adoptant des modes de vie plus sobres et en misant sur les énergies renouvelables et respectueuses de l’environnement.

Par la suite, Monsieur l’Abbé Aristide NDYABUHEZE a montré aux membres de la CEEC comment, au Burundi, on a passé de la Convention scolaire de 1990 à l’accord spécifique de 2025.

Abbé Aristide reprend un peu l’historique de la Convention scolaire, telle que Monseigneur Gervais l’avait présenté en introduisant la réunion. La Convention scolaire entre l’Eglise Catholique et l’Etat du Burundi a été signée le 28/02/1990. Les Modalités d’application de cette Convention ont été mises en place le 26/07/1990. L’Eglise présenta son Projet d’éducation humaine et chrétienne par l’école au Burundi en août 1990, et le Protocole d’accord relatif aux petits Séminaires fut signé le 10 Juin 1993.

Le contenu de ces documents (excepté le protocole d’accord relatif aux petits séminaires) a été revu et mis dans l’accord spécifique entre l’état du Burundi et la conférence des évêques catholiques du Burundi dans le domaine de l’éducation, qui a pour objet la mise en application de l’Accord-Cadre entre le Saint-Siège et la République du Burundi sur des matières d’intérêt commun, en son article 14. En plus, un accord spécifique concernant l’aumônerie scolaire et l’aumônerie universitaire a été signé.

Abbé Aristide a évoqué la nouveauté du langage trouvé dans les nouveaux textes d’accord par rapport aux anciennes conventions. Désormais, l’accord sur l’éducation intègre toutes les formes possibles de formation et d’éducation organisées par l’Eglise Catholique.

Après ces interventions, les membres de la CEEC ont procédé aux échanges d’expériences et aux demandes d’explicitation de certains points relevés dans les exposés.

Le Président de la CEEC a encore accordé la parole à Sœur Marie Goretti Nizigiyimana pour parler du Pacte Educatif. Elle a présenté le contexte de fondation du Pacte Educatif Global et son appropriation par l’Eglise africaine. Elle a partagé le bilan des réalisations au niveau national en recommandant la tenue d’un congrès éducatif national pour s’approprier du Pacte Educatif au niveau National. La préparation concrète dudit Colloque ferait l’objet de la prochaine réunion.

En concluant la séance, Monseigneur Gervais a promis de nommer un comité qui proposera une révision du Projet éducatif de l’Eglise et a annoncé que, désormais, la convention scolaire tombe au profit de nouveaux accords. Il a aussi invité les membres à faire connaître les nouveaux textes à leurs collaborateurs respectifs, tout en signalant que le Protocole d’accord pour les petits séminaires reste en vigueur. Il a été aussi retenu la recommandation d’organiser un congrès national de l’Education sur l’identité et les missions de l’Ecole Catholique en s’inspirant des orientations du Pacte Educatif.

Abbé Dieudonné NTAMAVUKIRO