

En ce jour du 03 mai et cinquième dimanche de Pâques, Monseigneur Salvator Niciteretse, Évêque du diocèse de Bururi, a présidé au sanctuaire des Martyrs de la fraternité de Buta, les cérémonies de commémoration du 29 ème anniversaire du massacre des quarante jeunes du Petit Séminaire de Buta violemment assassinés à l'aube du 30 avril 1997.
En route vers la béatification ?
Avec l'évêque de Bururi, comment ne pas souligner la présence de son Vicaire Général et du Père Faustino en charge du dossier de béatification des quarante jeunes Martyrs, ainsi que d'autres prêtres œuvrant à Buta et dans quelques paroisses dont les fidèles étaient présents pour le pèlerinage.
Dans son mot d'accueil, le recteur du sanctuaire l'abbé Mélance Emerimana a salué la présence des pèlerins venus de presque tous les diocèses du pays et presque de toutes les paroisses du diocèse de Bururi. A été faite une mention toute particulière à l’endroit des fidèles de Buheka qui comptait à elle seule quatre cents pèlerins arrivés la veille au Sanctuaire pour une veillée de prière.

La foi, notre levier d’espérance
Au cours de son homélie, il a exprimé ses condoléances aux parents des victimes et à tous les burundais qui ont perdu les leurs dans des circonstances similaires. En outre, le Pasteur a indiqué à indiqué que « c'est à cause de notre foi que nous sommes rassemblés pour faire mémoire de nos enfants et frères lâchement tués par la méchanceté des hommes ; et c'est par la même foi que nous pouvons la vaincre pour arriver à vivre en paix. »
Jésus notre libérateur
L'évêque de Bururi a rappelé que c'est le péché de nos origines qui a fait germer la semence de la haine dans les cœurs. Et seul Jésus peut nous nous en libérer. C’est Lui qui peut nous connecter, à nouveau, au Créateur. Car qui le voit voit le Père. Il est l’unique chemin. Il a stigmatisé les expressions qui induisent les gens dans un langage confusionnel mesquin entre le nom de Jésus et celui d'Imana.
L'évêque de Bururi a fait savoir que la réconciliation est incontournable, comme voie de la paix. Dès lors, le pardon n'a pas de prix, et nous devons avoir toujours les mains ouvertes pour l’offrir et le recevoir.
Offrir un pardon inconditionnel
Monseigneur Salvator a demandé aux parents des victimes de Buta d’oser franchir le difficile pas du pardon. Il les a exhortés à aller au-delà du principe conditionnant le pardon aux indemnisations. Selon lui, rien au monde ne peut indemniser un père, une mère, un frère et autres proches pour une perte injuste de son fils. Selon l'évêque de Bururi, la seule indemnisation qui soulagerait les parents et le diocèse serait la béatification de ces quarante jeunes.
Le vingt-neuvième anniversaire du massacre de Buta a vu une affluence record de participation. Aux jeunes, en particulier, l'évêque de Bururi a demandé de se lever et de s'embrasser en guise de signe d'engagement en faveur d'une réconciliation réelle s'ils veulent vivre comme des frères plutôt que de se condamner à mourir comme des rats.
Zénon Nzeyimana