JOURNEE ACADEMIQUE A L’INSTITUT THEOLOGIQUE SAINT JEAN PAUL II DE GITEGA : QUATRE REGARDS CROISES SUR LA PAIX

JOURNEE ACADEMIQUE A L’INSTITUT THEOLOGIQUE SAINT JEAN PAUL II DE GITEGA : QUATRE REGARDS CROISES SUR LA PAIX

 

Le jeudi 30 avril 2026, une journée académique s’est tenue à l’Institut théologique saint Jean Paul II de Gitega autour de la paix. À travers quatre conférences animées par des spécialistes de disciplines variées : la Bible, la théologie morale, la théologie dogmatique et un étudiant de l’Institut, les participants ont été invités à explorer les fondements, les exigences et les implications concrètes de la paix dans le monde contemporain et dans la foi chrétienne.

« La paix soit avec vous » (Jn 20,21).

La première intervention, assurée par Mr. l’Abbé Mélance IRAMBONA, s’est appuyée sur le passage évangélique « La paix soit avec vous » (Jn 20,21). Structurée en trois axes, cette conférence a d’abord proposé une lecture générale de la paix dans les Écritures saintes, avec un accent particulier sur les écrits johanniques. Le conférencier a ensuite souligné le lien étroit entre le don de la paix et la mission des disciples, envoyés pour en être les témoins. Enfin, il a insisté sur la rémission des péchés comme actualisation du don de la paix, rappelant que le péché demeure la principale source de rupture et de désordre.

La paix selon Pacem in terris

La deuxième conférence, présentée par Mr. l’Abbé Ernest NKESHIMANA, portait sur « La paix selon Pacem in terris de Jean XXIII ». L’intervenant a replacé cette encyclique dans son contexte historique marqué par l’après-guerre et les tensions de la guerre froide. Il a décrit sa publication comme un événement marquant, presque inattendu, dans un monde en mutation rapide. « L’Eglise, a-t-il souligné, devrait également s’adapter pour rester audible et crédible. » L’encyclique s’inscrit ainsi dans une dynamique missionnaire en lien avec le Concile Vatican II. Le conférencier a ensuite exposé les grandes lignes du document, centré sur la paix entre les nations, fondée sur quatre piliers : la vérité, la justice, la charité et la liberté. Il a enfin mis en exergue son caractère universel, en tant que message du pape s’adressant à toute l’humanité.

 Les divisions ethniques au Burundi et la foi en Jésus Christ

La troisième conférence, animée par Mr. L’Abbé Symphorien UWIMANA, a abordé une problématique sensible : « Les divisions ethniques au Burundi . La foi en Jésus Christ, Fils de Dieu le Père : notre Paix ». Dans un premier temps, l’intervenant a dressé un panorama des divisions ethniques en Afrique, en insistant sur le cas du Burundi. Il a affirmé que ces divisions n’ont pas de fondement réel dans ce pays, qui constitue un seul peuple. Dans un second temps, il a montré que la foi chrétienne transforme profondément l’identité humaine : en Jésus Christ, les croyants deviennent des créatures nouvelles. Dès lors, les divisions ethniques apparaissent incompatibles avec cette foi, le Christ étant présenté comme celui qui détruit les murs de la haine et rétablit la paix.

Le développement et l’unité au service de la paix

Enfin, la quatrième conférence, animée par Athanase BASHIRAHISHIZE, un étudiant de l’Institut, s’est articulée autour du thème « Le développement et l’unité au service de la paix ». Dans une approche plus synthétique, il a comparé le développement et l’unité à deux ailes indispensables à l’édification de la paix. Selon lui, aucune paix durable ne peut être envisagée sans progrès socio-économique ni sans cohésion entre les membres d’une société.

Vers la création de Academia pacis

Au terme de cette journée académique, une conviction commune s’est dégagée : la paix ne se réduit pas à l’absence de conflit, mais elle exige un engagement profond, à la fois spirituel, moral et social. Les différentes interventions ont ainsi offert une réflexion riche et complémentaire, invitant chacun à devenir artisan de paix dans son milieu de vie. Vous saurez que le Directeur dudit Institut, Mr. l'Abbé Jean HAKIZIMANA, a réitéré ses vifs remerciements à tous les participants, en l’occurrence les conférenciers. Il a recommandé que cette dynamique ne fera pas marche en arrière et d’ici peu la revue Academia pacis hébergera des articles variés de l’Institut.

                                    Fratri Olivier NISHIMAGIZWE