

La présence de Son Eminence Cardinal Pietro Parolin a offert l’opportunité de marquer, de manière solennelle, quelques grands événements mémorables, notamment l’élevation de l’Eglise paroissiale Saint Antoine de Padoue de Mugera en Basilique Mineure et des Monuments mémoriaux dédiés à feu Mgr Michael Aidan Courtney, ancien Nonce Apostolique au Burundi assassiné en 2003. L’Eglise au Burundi lui reste reconnaissante.
Au terme de sa visite officielle du Secrétaire d’État du Saint-Siège au Burundi, Son Eminence Cardinal Pietro Parolin a enfin pris le vol de retour, dans l’après-midi de ce Lundi 18 Août 2025, laissant au peuple de Dieu situé au Burundi des lieux symboliques porteurs d’une profondeur inépuisable tant pour l’Église locale que pour la Nation, en raison de leur importance exceptionnelle.
Rencontres avec les hautes personnalités étatiques
Durant son séjour au Burundi, il a effectué plusieurs rencontres, donc celle avec de hautes personnalités étatiques et celles de l’Eglise. En date du 13 août, il a été reçu en audience par le Président de la République, Son Excellence Evariste Ndayishimiye.
Dans un entretien convivial en tête-à-tête au Palais présidentiel Ntare Rushatsi, il lui a indiqué qu'il apporte un message de charité et de coopération de la part du Saint Père. Les échanges entre les deux personnalités ont porté également sur le renforcement des relations avec le Saint-Siège, mettant en lumière une reconnaissance mutuelle et un soutien réciproque aux efforts visant le bien-être du peuple burundais.
L’entretien s’est poursuivi sur une rencontre élargie qui a vu la participation des prélats de l’Église catholique au Burundi et certains membres du Gouvernement et d’autres hauts cadres de l’Etat. Dans ce cadre, sous le haut patronage de ces deux hautes personnalités, il y a eu signature des accords spécifiques en vue de la mise en œuvre de l’Accord-cadre ratifié en 2002 entre le Burundi et le Saint-Siège.
En effet, sept accords de coopération ont été signés entre les ministres burundais concernés et Mgr Bonaventure Nahimana, Président de la CECAB. Ces accords visent à améliorer les services destinés aux fidèles et à la population dans divers secteurs, ce qui offre l’espoir de retombées bénéfiques pour les communautés locales en général.
Célébration de grands événements mémorables

Quelques grands événements mémorables ont ponctué la visite du cardinal. À Minago où Feu Mgr Michael Courtney offrit sa vie pour la Paix le 29 décembre 2003, le Cardinal y a inauguré, le 14 août, un monument en honneur du défunt. Il y a posé la première pierre pour la construction d’un centre de Santé et y a béni la première pierre pour la construction du Grand Séminaire Michael Courtney, niveau Propédeutique, à Ruyigi.
Le lendemain, à la Solennité de l’Assomption, il a proclamé Basilique Mineure l’Eglise paroissiale Saint Antoine de Padoue de Mugera, Eglise du Pape confiée à l’Eglise locale. A la veille de son retour au Vatican, il a clôturé la cérémonie de commémoration du soixantième anniversaire des relations diplomatiques entre la République du Burundi et le Saint-Siège.
Au terme de son séjour au Burundi, il a visité l’Hôpital Clinique Prince Louis Rwagasore car c’est dans cet établissement que fut accueilli en urgence, en 2003, le Nonce Apostolique de l’époque, feu Mgr Michael Aidan Courtney, quand il y a été dépêché, grièvement blessé lors d’une attaque à mains armées à Minago. Malheureusement, malgré les soins lui apportés dont la transfusion de dix poches de sang et une admission rapide en salle de réanimation, sa vie ne put être sauvée, selon le Directeur actuel de l’hôpital
L’Eglise du Burundi adresse sa gratitude au Légat du Pape

Au moment de prendre le chemin du retour à l'Aéroport Melchior Ndadaye de Bujumbura, Son Eminence Cardinal Pietro Parolin, l’Église au Burundi, par le Président de la Conférence Episcopale, lui a exprimé sa profonde satisfaction quant à la solidité et à la qualité de leurs relations.
Il a indiqué avoir accueilli le Légat du Pape avec un cœur reconnaissant et conscient que ce don est à la fois un honneur et un signe de maturité pour l’Église au Burundi. Enfin, il a rendu hommage à la sollicitude pastorale de Son Eminence qui a pris le temps de rencontrer prêtres, consacrés et séminaristes. «À chacun, il a offert des conseils éclairés pour vivre avec espérance et fidélité sa vocation particulière» a-il signalé. «Pasteur attentif au bien de ses fidèles, Son Eminence a témoigné d’une proximité et d’une bienveillance paternelles» a-t-il renchéri.
Il a souligné notamment sa présence auprès des enfants, des jeunes, des personnes âgées et des malades, ainsi qu’auprès des tambourinaires de Gishora, ce qui, selon lui, reflète des gestes empreints de diligence et de profondeur spirituelle, dignes de son office.
L’Eglise du Burundi lui a souhaité un excellent retour et l’a assuré de ses prières, tout en sollicitant en retour les précieuses prières, espérant par son intercession avoir l’honneur d’accueillir, un jour, la visite du Saint-Père dans notre pays.
Michel Nibitanga, CEDICOM
Le Secrétaire d'Etat du Saint-Siège, Son Eminence Cardinal Pietro Parolin, et Légat du Pape au Burundi, dans la matinée de son deuxième jour de son séjour au Burundi, en ce Mercredi 13 août, tandis qu’il célébrait une messe avec les Evêques catholiques du Burundi au Centre Interculturel National Oasis de Paix et de Réconciliation au Burundi (CINOPR) sis au quartier Kiriri dans la ville de Bujumbura, a salué leur courage dans la pastorale de la réconciliation.
Le Légat du Pape au Burundi a indiqué qu’au regard de l’histoire et de l’évolution du Burundi ces 6 dernières décennies, malheureusement marquées par des conflits, il n’a pas manqué de signaler que les Evêques burundais ont une expérience suffisante de la pastorale de la réconciliation. «Vous vous y attelez avec courage, et sa Sainteté le Pape Léon XIV vous y encourage», les a-t-il réconfortés.
Evoquant les initiatives réalisées par la plupart des diocèses burundaises en faveur de la paix et de la réconciliation, notamment par l’organisation des synodes ou la création des centres pastoraux y dédiés, il leur a adressé un message d’encouragement et de persévérance de la part du Saint-Père.

En outre, en cette région en proie aux conflits depuis des décennies, il a indiqué qu’ils sont appelés, comme Moïse et en tant que Pasteurs, à conduire le peuple de Dieu de l’esclavage de la spirale de la violence vers la Terre promise du pardon et de la réconciliation. «Même si vous n’êtes pas sûrs d’y entrer avec lui [dans la Terre promise], l’essentiel c’est de se mettre en marche avec ce peuple, de vouloir tourner le dos à la servitude des conflits fratricides », a-t-il insisté.
Pour lui, la réconciliation est nécessaire pour deux raisons: la première réside dans le vocable «frères» malgré la douleur de l’offense et la deuxième raison c’est que tout péché contre un frère trouble, non seulement les relations humaines, mais aussi nos rapports avec Dieu. Il a renchéri que «celui qui a commis le péché reste un frère», que «Dieu nous veut tous frères au-delà des inévitables manquements et offenses» et que la question «qu’as-tu fait de ton frère?» reste d’actualité pour Dieu. Il a terminé en implorant la Paix du Seigneur en faveur du peuple burundais.

Des fidèles relevant de la chapelle du CNOPR ainsi que le personnel de ce centre ont participé nombreux à cette célébration eucharistique après laquelle le programme du Légat du Pape s’est poursuivi à huis clos avec les Evêques catholiques du Burundi dans la salle des conférences au même centre.
Michel Nibitanga, CEDICOM
Ce mardi, le 29 avril 2025, à la Cathédrale Regina Mundi de Bujumbura, a eu lieu une célébration eucharistique afin de prier pour le repos de l’âme du Pape François, décédé en date du 21 avril 2025. Cette célébration a été présidée par S.E. Mgr Dieudonné DATONOU, Nonce Apostolique au Burundi.

Etaient présents dans cette prière tous les Evêques de l’Eglise qui est au BURUNDI, y compris les Evêques émérites. Etaient également présents le Président de la République du Burundi S.E. Mr Evariste NDAYISHIMIYE, des hauts dignitaires du pays comme le Premier Ministre S.E. Mr Gervais NDIRAKOBUCA, le Président du Parlement du BURUNDI, Très Honorable Gélase NDABIRABE, S.E. Mr Sylvestre NTIBANTUNGANYA, Leurs Excellences les Ministres, les Honorables Députés, les Ambassadeurs, et une foule immense de prêtres, de religieux et religieuses ainsi que des fidèles laïcs.

Dans le discours d’accueil S.E. Mgr Gervais BANSHIMIYUBUSA, Archevêque de Bujumbura, a rappelé que le Pape François nous a toujours prêché l’espérance, jusqu’à dédier cette année du grand jubilé de 2025 ans, depuis la naissance de Jésus Christ, à l’espérance. Pour l’Archevêque de Bujumbura, nous avons beaucoup des raisons fondées de croire qu’il est déjà au ciel pour partager le bonheur avec le Ressuscité. Nous allons prier pour que Dieu daigne nous choisir un nouveau Pape qu’il faut pour l’Eglise et le monde de ce temps, a-t-il conclu.

Pendant l’homélie, S.E. Mgr Dieudonné Datonou, Nonce Apostolique au Burundi, a insisté sur le témoigne du Pape François qui nous a toujours enseigné par ses gestes ; ce qui transparait à travers les quatre Encycliques et les sept Exhortations apostoliques ou autres documents qu’il a publié. Il nous a tous instruits par son témoignage de vie, par de nombreuses homélies et par des discours. Pour le Nonce, s’il y avait un document qui a retenu plus d’attention dans ce monde, et que nous pouvons considérer comme testament spirituel, ce serait Fratelli tutti, c’est-à-dire tous un, tous frères et sœurs. L’Evangile de Jésus Christ vécu par Pape François, c’est l’amour du prochain; quel que soit sa condition sociale, ses origines ou sa religion. Il nos a également enseigné l’imitation de Jésus qui est venu réconcilier Dieu et les hommes en rassemblant dans l’unité les enfants de Dieu dispersés.

Dans son discours, S.E. Mgr Bonaventure NAHIMANA, l’Archevêque de Gitega et Président de la Conférence des Evêques Catholiques du Burundi (CECAB), est revenu sur les deux Encycliques du Pape François à savoir Laudato Si et Fratelli Tutti. La première nous invitant à la protection de l’environnement et à prendre soin de notre Maison commune qu'est la « Terre, globe terrestre » ; la deuxième appelant tous les hommes à une fraternité universelle sans discrimination aucune. Selon lui, le Pape François n’a pas pu visiter notre pays mais il s’est rendu dans les pays de notre région.

Vous saurez que le Pape François a toujours exprimé sa préoccupation en faveur de la paix, de la réconciliation et de la justice sociale. Il a plaidé pour le respect à la dignité de la personne humaine de telle sorte que personne ne soit marginalisé, stigmatisé ou exclu sur base de ce qu’il est. Signalons également qu’il est retourné à la Maison du Père en date du 21 avril 2025, au lendemain de Pâques.

Puisse le Seigneur l’accueillir dans son Royaume éternel !
Frère Deo BUKURU, Bene Paulo
PROGRAMME DE LA VISITE AU BURUNDI DU SECRETAIRE D’ETAT DE SA SAINTETE SON EMINENCE LE CARDINAL PIETRO PAROLIN
La Nonciature Apostolique au Burundi a rendu public le menu du Programme d’activités de Son Eminence Le Cardinal Pietro PAROLIN, Secrétaire d’Etat de sa Sainteté, lors de sa visite qui aura lieu du 13/08 au 17/08/2025 au Burundi. Nous prierons pour sa visite.
MERCREDI: 13/08/2025
JEUDI: 14/08/2025
VENDREDI: 15/08/2025
SAMEDI: 16/08/2025
DIMANCHE: 17/08/2025
De la Nonciature apostolique
Depuis le 15 février 2025, date de prise de la ville de Bukavu par les rebelles du M23, plusieurs dizaines de milliers de réfugiés congolais ont fui leur pays vers le Burundi. Jusqu’au 28 février 2025 plus 59 800 réfugiés sont sur le sol burundais surtout dans plusieurs sites des Provinces de Cibitoke et Bubanza.Les autres sont acheminés dans d’autres centres de transit des rapatriés Burundais à l’intérieur du pays notamment à Rutana.

Les réfugiés sont dans un état déplorable suite au manque d’eau, d’abris, d’hygiène et on signale des maladies contagieuses telles que la rougeole et les maladies diarrhéiques. Il y a aussi des cas de malnutrition d’autant plus que c’est uniquement le riz qui est distribué. Qu’a-t-elle fait l’Eglise au Burundi en signe de proximité et de solidarité ? Le Président de la CECAB, S.E. Mgr Bonaventure NAHIMANA, a adressé une correspondance ‘"SOS ’" à toutes les Caritas sœurs et à d’autres partenaires pour leur lancer un cri d’alarme en faveur de ces réfugiés. C’était en date du 10/03/2025. Oui, l’Eglise est appelée à être ‘‘la voix des sans voix.’’
Ce n’est pas tout. Dès que Caritas Burundi a appris l’afflux massif de ces réfugiés, elle a mobilisé tout son personnel du Programme des Urgences et Accompagnement Social (PUAS), ainsi que toute l’équipe de la Caritas diocésaine de Bubanza, Diocèse frontalier avec la RDC. Ils ont travaillé en synergie avec les partenaires Onusiens le HCR et le PAM. Caritas Burundi a facilité la distribution des vivres et non vivres. Caritas a ainsi fourni du repas chaud aux nouveaux arrivants avant qu’ils ne soient installés dans les sites d’accueil.
Le gouvernement du Burundi en partenariat avec le HCR s’est engagé dans le processus d’enregistrement de ceux qui désirent demander l’asile pour leur transfert dans des camps de réfugiés à l’Est et au Sud du pays. Néanmoins, peu de réfugiés se font inscrire car espérant rentrer chez eux si tôt la paix recouvrée. Au moment des faits, Caritas Burundi a frappé à la porte des partenaires traditionnels surtout les Caritas étrangères qui sont dans le pays pour demander le financement d’une action d’urgence. Ainsi, CRS a promis 52 000 US$ et la Caritas Belgique 32 000 Euros.

Et, en date du 07/03/2025, le Nonce apostolique près le Burundi, Mgr Dieudonné Datonou, a effectué le déplacement dans le site de Gihanga en province de Bubanza pour exprimer la solidarité de l’Eglise. Après le don de vivres et non vivres, il a célébré e Eucharistie où il a affermi les réfugiés tout en les appelant à ne pas céder au découragement, mais à regarder en avant avec l’espérance en Jésus Christ qui ne déçoit pas ( cf. Rm 5,5). Ainsi, il a rappelé la nature et la mission de l’Eglise :

“L’Église est une maison qui a les portes ouvertes, car elle est mère » (Fratelli tutti, n.276). Et comme Marie, la Mère de Jésus, « nous voulons être une Église qui sert, qui sort de chez elle, qui sort de ses temples, qui sort de ses sacristies, pour accompagner la vie, soutenir l’espérance, être signe d’unité […] pour établir des ponts, abattre les murs, semer la reconciliation” (Fratelli tutti n. 276).
Abbé Eugène NSANZERUGEZE