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LE PRESBYTERIUM DE BUBANZA A BIEN TERMINE SA RETRAITE ANNUELLE

LE PRESBYTERIUM DE BUBANZA A BIEN TERMINE SA RETRAITE ANNUELLE

Du 20 septembre au 9 octobre 2026, la Procure Sainte-Anne du Diocèse catholique de BUBANZA, située à proximité de la Paroisse CIBITOKE, a accueilli la retraite sacerdotale annuelle des prêtres de ce Diocèse. Répartis en trois groupes, sous le thème : « L’identité et la mission du prêtre dans les différentes mutations de la société burundaise ».

L’enseignement de Mr l’Abbé Innocent NTACOBISHIMIYE, prédicateur du troisième groupe, s’est ouverte par une question fondamentale : « Prêtre, qui es-tu vraiment » ? Cette question a été abordée à la lumière de saint Jean-Marie Vianney et du cardinal Robert Sarah. Pour le premier, le prêtre apparaît comme un mystère qui dépasse une simple fonction ou un rôle social. Il est un homme appelé, consacré et configuré au Christ pour participer à sa mission. Quant au cardinal Robert Sarah, il met en garde contre une conception du sacerdoce motivée par les humeurs du temps et les besoins pastoraux, régionaux ou culturels. Ainsi, le prêtre dans cette perspective, c’est le Christ lui-même qui se continue sacramentellement.

Écouter ce que l’Esprit dit aux Églises.

Dans cette continuité, la deuxième étape de la retraite a porté sur l’écoute de « ce que l’Esprit dit aux Églises » (Ap 2-3). Le prédicateur a particulièrement mis en garde contre la tiédeur spirituelle, qui peut progressivement toucher même le prêtre. Face aux mutations de la société burundaise et aux défis pastoraux, le prêtre est ainsi appelé à écouter l’Esprit pour discerner ce qu’il faut conserver, renouveler ou abandonner.

Découvrir le sens de sa vie sacerdotale dans un monde en mutation.

Cette écoute conduit le prêtre à redécouvrir le sens profond de sa vocation et de son ministère dans une société en mutation. Il demeure avant tout témoin du Christ et serviteur de la communion. Cette communion exige de ne pas rechercher sa sécurité dans les puissances humaines, mais dans le Christ, l’Église et la fraternité sacerdotale.

Le prêtre, homme du sacré, entièrement consacré à Dieu.

Dans le prolongement de cette réflexion, un autre enseignement important a porté sur le prêtre comme homme du sacré. Ce caractère sacré ne réside pas dans son titre, mais dans sa source : son identification au Christ. À cet égard, la parole de Jésus, « Consacre-les dans la vérité », rappelle que le prêtre est appelé à appartenir au Christ et à vivre dans la vérité de sa vocation.

Cette consécration conduit à une autre dimension essentielle : être sacrement du Christ, c’est-à-dire manifester le Christ, le rendre visible et proche des hommes. Le prêtre ne devient donc pas sacrement du Christ uniquement lorsqu’il célèbre la messe ou administre les sacrements ; il est aussi appelé à être signe du Christ partout où il se trouve et à chercher à le rendre présent par sa parole, son témoignage et sa charité.

Par ailleurs, l’Abbé Innocent a mis en lumière la mission du prêtre comme ministre de la réconciliation. Celle dernière se concrétise à travers trois dimensions complémentaires : rendre Dieu aux hommes, rendre les hommes à Dieu et réconcilier les hommes entre eux. Au cœur de cette mission, une place particulièrement importante est accordée à l’Eucharistie, qui constitue le centre du ministère sacerdotal. S’appuyant sur l’enseignement du Concile Vatican II, il a rappelé que l’Eucharistie est « la source et le sommet de toute la vie chrétienne ». Elle est également présentée comme l’âme de la mission du prêtre, car c’est à l’autel qu’il redécouvre la source de son ministère.

En outre, l’Eucharistie devient une école de don de soi. Celui qui célèbre le sacrifice du Christ est appelé à apprendre de lui le don, le service et l’offrande de sa propre vie. Ce prédicateur n’a pas oublié de souligner la mission du prêtre burundais face aux mutations de la société d’aujourd’hui. Selon lui, la mission du prêtre burundais dans le contexte actuel peut être lue, vécue, comprise et regardée à travers les trois fonctions fondamentales du ministère sacerdotal : sanctifier, enseigner et gouverner.

Au cœur de la vie sacerdotale : les vertus de la prudence et de l’amour apostolique (Mt 10, 5-16).

L’Abbé Innocent a insisté sur deux vertus particulièrement indispensables à l’exercice du ministère : la prudence et l’amour apostolique, à la lumière de l’envoi en mission des Apôtres par Jésus (Mt 10, 5-16).

Selon Colin, la première vertu qui aide le prêtre à répondre à sa mission est la prudence. Saint Thomas d’Aquin l’avait déjà souligné en affirmant que la prudence est la vertu propre de ceux qui gouvernent. Le prédicateur a également distingué la vraie prudence de la fausse prudence. Cette dernière peut se manifester par l’accumulation des fonctions entre les mains d’un même prêtre, au risque de rendre ses confrères inutiles et de freiner leur participation à la mission commune. En revanche, la vraie prudence se reconnaît à la simplicité, à la droiture et à la loyauté.

Associée à l’amour apostolique, cette vertu permet au prêtre d’exercer son ministère avec discernement, dans un esprit de service et de communion fraternelle. Ainsi, malgré les profondes mutations de la société burundaise, l’essentiel de la mission sacerdotale demeure : être configuré au Christ, annoncer l’Évangile, sanctifier le peuple de Dieu, construire la communion, réconcilier les hommes et conduire les fidèles vers Dieu.

Signalons que la retraite sacerdotale annuelle 2026 s’est finalement achevée dans l’action de grâce. La rencontre fraternelle s’est ensuite prolongée autour d’un repas partagé, signe simple mais profond de communion, de fraternité et d’action de grâce pour le chemin parcouru ensemble.

Abbé Herménégilde NSHEMEZIMANA