

Deux prêtres du diocèse de Bururi, les abbés Bertrand Sentaramuka et Désiré Ndagijimana missionnaires au Tchad, sont en vacances après leur premier séjour de trois ans. Un parmi eux l'abbé Bertrand Sentaramuka (à droite) qui a concélébré à la première messe ce dimanche du Sacré-Coeur de Jésus, a accepté de répondre à quelques questions pour livrer.
Zénon (Z) : Monsieur l'abbé Bertrand, avec l'abbé Désiré vous êtes en mission au Tchad et aujourd'hui vous êtes en vacances pour quelques semaines dans votre diocèse nous voudrions vous demander de partager avec vos confrères et avec les fidèles qui nous livrent l'expérience missionnaire que vous êtes en train de vivre.
Bertrand (B) : Je suis abbé Bertrand Sentaramuka, prêtre du diocèse de Bururi ordonné le 18 juillet 2020, en mission fidei donum au Tchad dans le diocèse de Laye depuis septembre 2023. Le Tchad où est un pays très vaste, plus ou moins 45 fois plus vaste que le Burundi. Le diocèse de Laye s'étend à peu près sur 18.000km2, il compte une vingtaine de paroisses et une trentaine de prêtres.
Pendant la saison des pluies le pays est plein d'eau et pendant la saison sèche les températures y sont très élevées et grimpent jusqu'à pouvoir atteindre 45 degrés celsius. L'abondance des eaux constituent une manne pour la population qui en profitent pour la culture du riz qui est l'aliment de base.
Le diocèse de Laye n'est pas désertique ; bien que la saison sèche y dure plus ou moins pendant huit mois.
Z : Dans un pays aussi vaste avec un nombre aussi réduit de prêtres, que pouvez-vous faire en tant que missionnaire venant du Burundi où la situation est tout à fait différente ?
B : Nous essayons d'accompagner les chrétiens et ceux qu'on appelle les sympathisants et les amis des chrétiens. Nous les aidons à grandir dans la foi pour ceux qui l'ont déjà reçue tout en leur proposant librement le chemin de la sanctification. C'est une pastorale ardue au regard des grandes distances à parcourir sur des immenses terrains de sable. Mais c'est un environnement idéal pour quelqu'un qui veut faire la mission que Jésus a laissée à son Église. C'est un bon terrain pour celui qui veut répandre la Parole de Dieu afin d'aider les communautés à grandir en donnant aux autres ce que nous-mêmes avons reçu gratuitement.
Z : Quel message pouvez-vous laisser à vos confrères du Burundi comme expérience missionnaire et quel est le sentiment que vous pouvez leur partager après trois ans de présence missionnaire au Tchad ?
B : C'est d'abord une invitation à prier pour la mission. Ensuite, je les invite à cultiver une large ouverture en faveur de la mission ; c'est une mission, certes, qui fatigue mais qui réjouit énormément le cœur de l’apôtre qui l'accomplit. Et enfin, je leur adresse une demande : même si on ne peut pas tous aller au Tchad je demande à tout prêtre de soutenir la mission chacun selon ses possibilités.
Zénon Nzeyimana