

Une catéchèse de Monseigneur l'évêque du diocèse de Bururi au Burundi
S.E. Mgr Salvator Niciteretse Évêque du diocèse catholique de Bururi a publié au début du mois d'août 2025 une catéchèse consacrée à la lutte contre la toxicomanie et l'alcoolisme. Elle porte le titre de "Dusonere ubuzima mu kwirinda ibiyayuramutwe n'ukurenza urugero mu kunywa inzoga" (Prenons soin de notre vie en évitant la consommation des stupéfiants et l'excès dans les boissons alcoolisées).
Comme d'habitude dans ses textes, l'évêque de Bururi a suivi une méthode articulée sur trois axes principaux : une analyse de la situation qui prévaut dans le domaine de la consommation des stupéfiants et l'alcoolisme, un exposé doctrinal, et une liste de recommandations à l'intention des fidèles.
Avant de passer directement à l'analyse de la situation, Mgr Niciteretse a introduit son texte en affirmant que l'alcoolisme et la consommation des stupéfiants constituent un véritable défi par rapport au cinquième commandement de Dieu qui oblige les chrétiens à prendre soin de leur vie parce qu'elle est un don du Créateur.
L'analyse proprement dite commence par le constat des dégâts que cause la toxicomanie sur ses victimes directes et indirectes et dresse un bilan des conséquences. Les stupéfiants, dit-il, entrainent la perturbation ou la perte totale de la lucidité et celle de la pudeur. Ils ferment les micros de la conscience, ceux de la loi et ceux de l'autorité, afin de ne plus éprouver le dégoût spontané envers les comportements irresponsables et immoraux. Mgr Niciteretse regrette qu'il y a parmi nous des jeunes, des papas et même des mamans dont la vie et l'avenir sont dangereusement compromis à cause de leur addiction à l'alcool et/ou à la drogue sous prétexte d'y trouver un faiseur de bonheur artificiel. Il nomme quelques retombées dramatiques que vivent leurs familles et leurs entourages proches et lointains.
L'analyse porte ensuite un regard approprié aux dégâts causés par l'alcoolisme. De plus en plus répandue alors qu'elle était considérée comme un facteur de cohésion sociale, la consommation des boissons alcoolisées est malheureusement prise par certains, poursuivit l’évêque, pour une forme de style distingué de vie, mais ses ravages sont extrêmement graves sur la santé de ses victimes et sur la production économique aussi bien familiale que nationale. Il a indiqué que bien que l'usage de l'alcool ne soit pas considéré comme un péché par l'Eglise, sa consommation excessive constitue un manquement grave à l'égard de la morale chrétienne catholique.
Dans la deuxième partie de cette catéchèse, l'évêque de Bururi en se basant sur divers textes de la Bible, du Catéchisme de l'Eglise Catholique, de Saint Jean Paul II, des papes Benoît XVI et François, affirme que la consommation des stupéfiants et celle des boissons alcoolisées ne sauraient être passées sous silence par les prédateurs catholiques avisés parce qu'elles violent le cinquième commandement du décalage, et constituent non seulement une menace pour la santé mais également un véritable défi pour la dignité de la personne humaine a été créée à l'image de Dieu.
La troisième partie de cet enseignement de l'évêque porte sur une série de recommandations destinées à relever de nombreux défis liés à la consommation des stupéfiants et à l'excès dans les boissons alcoolisées. Elles sont adressées en premier lieu aux parents auxquels il demande de prendre conscience de leurs responsabilités de procréateurs afin qu'ils prodiguent constamment à leurs enfants une bonne éducation, en prêchant d'abord par l'exemple et ensuite par un dialogue constant en famille afin que la toxicomanie et l'alcoolisme ne viennent pas y prendre place.
Elles sont ensuite adressées aux jeunes qui sont, selon lui, les plus frappés par les deux fléaux sociaux. Il leur demande de veiller jalousement sur l'intégrité de leur santé aussi bien physique que mentale et morale, et de constituer entre eux des fronts capables de leur faire éviter de tomber dans les filets qui leur sont malicieusement tendus par les prédateurs fanatiques de la toxicomanie et de l'alcoolisme.
Les dernières recommandations de ce pasteur ont été formulées envers les leaders et responsables aussi bien dans l'Eglise que dans les autres domaines de la société, en l'occurrence les agents pastoraux et ceux de l'administration, les organisations qui luttent pour la protection de la vie et de la dignité humaine, les institutions publiques chargées de veiller au respect des lois afin de constituer eux aussi un front uni pour que soient démantelées et réprimées les filières et les complicités de la toxicomanie, et afin que la consommation des boissons alcoolisées soit maîtrisée et contrôlée selon la loi.
Rappelons que Mgr Salvator termine son enseignement en réaffirmant la grandeur et la noblesse du don de la vie et de la dignité humaines que le Créateur a fait à l'homme et à la femme, raison pour laquelle ce précieux don a été assorti par une mission incontournable : celle de respecter la vie et de la protéger car il est écrit : « Tu ne tueras point ».
A bon entendeur salut ! dit-on. Pourvu que la pertinence et l'actualité de ce message ne laissent personne dans la torpeur de l'indifférence.
Mr Zénon NZEYIMANA