

La paroisse Kiryama, dans le diocèse de Bururi, a vibré dimanche 8 février au rythme de la célébration de la 30ᵉ Journée mondiale de la vie consacrée. Habituellement célébrée le 2 février, cette journée a été reportée, comme dans les autres diocèses du Burundi, au dimanche suivant afin de permettre une participation plus large des fidèles. La messe solennelle, célébrée lors de la deuxième eucharistie dominicale, a été présidée par l’abbé Rénovat Manariyo, de l’Institut des Apôtres du Bon Pasteur et de la Reine du Cénacle, assisté par le curé de la paroisse et d’autres prêtres des environs.
Une célébration décentralisée et porteuse de sens
Contrairement aux années précédentes, où la Journée mondiale de la vie consacrée était célébrée par vicariat (Bututsi, Imbo et Buragane), les congrégations se sont cette année regroupées au niveau paroissial. Une nouveauté largement appréciée par les consacrés et les fidèles.
À Kiryama, la célébration a réuni cinq congrégations présentes dans la paroisse. Le diocèse de Bururi compte actuellement vingt congrégations, dont quinze masculines, quatre féminines et le Foyer de Charité, de caractère mixte.

Une première historique de la vie consacrée à Kiryama
Pour les religieux et religieuses de Kiryama, cette célébration revêtait un caractère particulier. C’était la première fois que la Journée mondiale de la vie consacrée était solennisée directement sur leur lieu d’apostolat. Jusqu’ici, ils devaient se rendre à la cathédrale de Bururi, au niveau du vicariat de Bututsi.
Ont pris part à cette célébration l’Institut Famille des Disciples du Christ, les Bene Tereziya, première congrégation religieuse du Burundi, l’Institut des Apôtres du Bon Pasteur et de la Reine du Cénacle, les Vierges consacrées ainsi que les membres du Foyer de Charité de Kiryama.
Cette célébration locale a été l’occasion de revisiter l’histoire de la vie consacrée au Burundi et dans le diocèse de Bururi. Les fidèles ont notamment appris que la première religieuse burundaise, sœur Marie Rose Muyoberwa, de la congrégation des Bene Bikira établie au Rwanda, a prononcé ses vœux temporaires le 8 décembre 1922. Elle a été suivie par sœur Marie Agnès des Bene Tereziya (15 août 1933) et par frère Joseph Sambira, de la congrégation des Bene Yosefu, qui a fait sa profession religieuse le 6 janvier 1964. Tous sont originaires de la paroisse Muyaga, dans le diocèse de Ruyigi.

Les trois objectifs de la Journée mondiale de la vie consacrée
Dans son homélie, l’abbé Rénovat Manariyo a rappelé l’origine et les objectifs de cette journée instituée en 1997 par le pape Jean-Paul II. « La Journée mondiale de la vie consacrée est d’abord une action de grâce pour le don précieux que représente la vie consacrée dans l’Église », a-t-il expliqué.
Selon Jean-Paul II, cette journée vise également à faire mieux connaître et apprécier la vie consacrée, qui rappelle à l’Église sa vocation profonde d’appartenance totale au Seigneur. Enfin, elle constitue une invitation adressée aux personnes consacrées à célébrer ensemble les merveilles accomplies par Dieu dans leurs vies et à renouveler leur engagement au service de l’Église et du monde.
Une joie partagée par tous
Les réactions recueillies à l’issue de la célébration témoignent d’une satisfaction unanime. L’abbé Rénovat Manariyo s’est réjoui de célébrer cette journée au plus près des communautés chrétiennes. « Cela favorise la proximité et renforce les liens avec les collaborateurs pastoraux. C’est aussi une belle occasion de promotion vocationnelle », a-t-il souligné, exprimant le souhait que cette initiative soit reconduite en 2027.
De son côté, sœur Virginie Havyarima, de la congrégation des Bene Tereziya, a vécu cette célébration avec une émotion particulière, marquant ses 30 ans de vie consacrée. « Chaque Journée mondiale de la vie consacrée coïncide avec l’anniversaire de ma consécration religieuse. Cette 30ᵉ édition est donc pour moi une source de joie immense », a-t-elle confié.
Les fidèles ne sont pas restés en marge de cette joie. Marcel Nitunga, paroissien de Kiryama, s’est dit très satisfait de voir un nombre important de consacrés dans une paroisse aussi jeune. « C’est la première fois que nous célébrons cette fête ici. Les consacrés ont animé toute la messe et nous ont beaucoup appris sur la vie consacrée. Cela donne de l’espoir aux parents et aux enfants attirés par cette vocation », a-t-il conclu.
Sœur Gaudence Nininahazwe